L’unique conseillère élue sous la bannière de Sherbrooke Citoyen, Évelyne Beaudin a fait valoir qu’elle demanderait beaucoup moins que les 330 000 $ que la loi lui permettrait de réclamer et qu’il lui appartenait maintenant de faire la preuve de l’importance de sa requête.

Évelyne Beaudin à nouveau ciblée

La conseillère de Sherbrooke Citoyen, Évelyne Beaudin, a une fois de plus été prise pour cible pour sa volonté de se constituer un cabinet politique avec un budget municipal. Plusieurs citoyens ont pris la parole lors de la période de questions, au conseil municipal lundi, pour exprimer leur désaccord.

Mme Beaudin a rétorqué qu’elle demanderait beaucoup moins que les 330 000 $ que la loi lui permettrait de réclamer et qu’il lui appartenait maintenant de faire la preuve de l’importance de sa requête.

La loi sur les cités et villes prévoit qu’une enveloppe d’un million de dollars est réservée au maire et aux partis politiques pour embaucher du personnel. La conseillère de Sherbrooke Citoyen a annoncé son intention d’avoir recours à ce budget, contrairement au représentant du Renouveau sherbrookois, Vincent Boutin.

Le citoyen Jean-Luc Lepitre a voulu savoir « ce que Mme Beaudin ferait avec 300 000 $ de plus que les autres? Tout ce qui est légal n’est pas nécessairement moral », a-t-il dit.

La présidente du conseil, Nicole Bergeron, a rappelé que la loi permettait cette demande de budget. « La seule personne qui peut décider de s’en prévaloir est le conseiller concerné. »

Évelyne Beaudin s’est défendue. « Il y a des règles entourant l’utilisation de ces fonds-là. La seule chose qu’il est permis de faire est d’embaucher du personnel politique. Je n’ai jamais réclamé 300 000 $. Ce chiffre a été véhiculé parce que c’est le montant auquel j’aurais pu accéder. Je me suis engagée à utiliser moins de la moitié de ce à quoi j’ai droit. »

Mme Beaudin a ajouté vouloir avoir quelqu’un avec elle pour « faire un laboratoire d’idées et développer des choses. Je comprends que la balle est dans mon camp. Avec le travail et les résultats, je pourrai démontrer que j’avais raison. C’est à moi de faire la preuve que cette dépense est nécessaire pour la démocratie à Sherbrooke. En ce moment, des gens se posent des questions, mais je pourrai seulement leur prouver sur le long terme que c’était la bonne décision. Ma proposition de travailler conjointement avec mes collègues tient toujours ».

Évelyne Beaudin ne veut pas dévoiler le montant exact qu’elle réclamera, mais mentionne être allée au minimum pour répondre à ses besoins.

Un parti plutôt que les routes

Le citoyen William Leclerc-Bellavance a aussi exprimé un malaise. « La population a dit non au projet apporté par Sherbrooke Citoyen. Où sera tracée la ligne? Il est malaisant que ces fonds servent à défendre les idées d’un parti plutôt que d’être investis dans les routes. »

À nouveau, Nicole Bergeron a rappelé que les règles sont dictées par le ministère [des Affaires municipales] et qu’elles font que des droits et privilèges sont réservés à ceux qui siègent pour un parti.

« S’il y avait eu un vote proportionnel, il y aurait trois personnes de Sherbrooke Citoyen au conseil municipal », répond Mme Beaudin.

D’autres citoyens ont interrogé les élus indépendants sur l’utilisation qu’ils font de leur budget de recherche et sur la façon dont ils comptaient agir comme opposition officielle au maire Steve Lussier. Philippe Langlois a entre autres constaté qu’en 2016, les budgets de recherche avaient été peu utilisés.

Rémi Demers, qui jugeait la question tendancieuse, a réitéré son malaise devant la requête d’Évelyne Beaudin et a mentionné qu’il n’avait pas engagé de consultant pour faire ses recherches. « Ça ne veut pas dire que je ne fais pas de recherche. Ce que j’ai trouvé inconcevable, c’est qu’une conseillère demande 300 000 $ pour la mise sur pied d’un cabinet. »

Ludovick Nadeau, candidat de Sherbrooke Citoyen dans le district du Pin-Solitaire aux élections, a pour sa part dit douter de l’indépendance de certains conseillers et a parlé d’un parti fantôme à l’hôtel de ville. Il a cherché à savoir comment les indépendants joueraient le rôle d’opposition officielle.

Celui qui a remporté le district, Pierre Avard, a simplement mentionné que pour lui, la campagne électorale était terminée et que la population avait majoritairement appuyé des indépendants.