Erin O'Toole, nouveau chef du Parti conservateur
Erin O'Toole, nouveau chef du Parti conservateur

Erin O'Toole nouveau chef du Parti conservateur du Canada

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA — Erin O’Toole devient chef du Parti conservateur du Canada avec 57 % des voix au troisième tour de la course à la direction. Les coprésidents du Comité organisateur de l’élection du chef, Lisa Raitt et Dan Nowlan, en ont fait l’annonce lundi, un peu après une heure du matin. 

Le dévoilement des résultats a été retardé pendant des heures en raison d’un pépin technique dans le dépouillement des votes. 

Son principal rival Peter MacKay avait bénéficié d’une mince avance au premier tour, mais il a rapidement été rattrapé par M. O’Toole au deuxième tour. Ce dernier a ensuite réussi à creuser son avance au troisième tour avec environ 5000 points de plus que M. MacKay. 

M. O’Toole a notamment réussi à se démarquer au Québec. L’ex-député Alupa Clarke, qui a présidé la campagne de M. O’Toole au Québec, avait confié à La Presse Canadienne avant l’annonce des résultats qu’il y avait eu une «percée» de son candidat dans la province dans les derniers mois. 

«C’est un homme à la fois bon orateur, très intelligent, rationnel, et à la fois sanguin, émotif et proche du monde. Et ça, selon moi, c’est un ‘mix’ formidable pour convaincre les Québécois du bien-fondé de notre cause et de nos politiques», a-t-il dit.

Grand retard

Les résultats du scrutin devaient être dévoilés à l’occasion d’un événement adapté aux directives sanitaires, au centre-ville d’Ottawa, vers 18h, dimanche. 

«Nous nous excusons pour le délai. Le décompte des votes a pris plus de temps que prévu en raison de la participation record des électeurs et des règlements en lien avec la COVID-19», avait fait savoir le parti sur les réseaux sociaux en début de soirée.

Hommage à Scheer

Peu après 20h30, le parti a rendu hommage au chef sortant, Andrew Scheer, et ce dernier a pris la parole pour la dernière fois dans cette fonction. Il a remercié sa famille, son caucus et s’est félicité d’avoir réduit le gouvernement Trudeau à une minorité.

M. Scheer a aussi appelé son parti à s’unir après l’élection de son nouveau chef.

Les animateurs de la soirée ont ensuite tenté tant bien que mal de combler le temps d’attente en faisant intervenir des députés conservateurs aux quatre coins du pays par visioconférence.

Au moins 175 000 membres de la formation politique sur les quelque 270 000 se sont prononcés pour le choix du prochain chef, ce qui faisait de cette course à la direction «la plus imposante de toute l’histoire du Canada» se vantait le Parti conservateur cette semaine.

Tous les bulletins de vote devaient être envoyés au plus tard vendredi. Le processus de vérification a commencé tôt dimanche matin.

Les quatre candidats qui étaient en lice : Erin O'Toole, Peter MacKay, Derek Sloan et Leslyn Lewis.

Bulletins de vote endommagés

Or, il y avait plus de bulletins de vote que la fois précédente et la machine qui devait les comptabiliser en a endommagé plusieurs milliers, a expliqué Dan Nowlan, coprésident du Comité organisateur de l’élection du chef à La Presse Canadienne.

Dans ce cas, chaque bulletin doit être revérifié par un représentant de chaque candidat

Selon le système en vigueur, un candidat avait besoin de 16 901 points pour sortir vainqueur. Ce score est déterminé par le pourcentage du vote qu’il reçoit dans chacune des 338 circonscriptions fédérales, qui se voient toutes attribuer 100 points. Le vote est également préférentiel.

Quatre candidats demeuraient en lice : Leslyn Lewis, Peter MacKay, Erin O’Toole et Derek Sloan.

Peter MacKay était considéré comme le favori au début de la course. Dans les dernières semaines, Leslyn Lewis, une avocate torontoise d’origine jamaïcaine, avait causé la surprise et récolté de nombreux appuis.

«Elle a créé un certain mouvement... il risque d’y avoir une surprise», a laissé tomber le député québécois Pierre Paul-Hus, de l’équipe de Peter MacKay.

«Il y a une chose qui est sûre : le Parti conservateur est capable de se rallier et il l’a toujours fait par le passé rapidement. (...) La chose la plus importante pour les conservateurs, c’est de défaire les libéraux», a commenté le député Richard Martel, de l’équipe d’Erin O’Toole.

M. O'Toole devient seulement la troisième personne à diriger le parti sur une base non intérimaire depuis la fusion entre l’Alliance canadienne et du Parti progressiste-conservateur du Canada.

Les conservateurs détiennent présentement 121 sièges aux Communes.