La conseillère Évelyne Beaudin a voté en faveur du budget d’immobilisation mais a pris soin de préciser qu’elle n’était pas en accord avec tous les projets. « Je veux m’assurer qu’on ne me dise pas en cours d’année que j’ai approuvé des projets dans le budget parce que j’ai voté pour », a-t-elle dit.

Enthousiasme prudent des élus

Les élus ont adopté à l’unanimité le budget d’immobilisation, ce qui ne signifiait pas pour autant qu’ils étaient satisfaits de toutes les dépenses projetées annoncées lundi.

Le maire Steve Lussier avait accueilli les journalistes en après-midi avec, entre les mains, une paire de bottes Royer. « Je me suis acheté des bottes pour faire le tour des chantiers, parce que nous aurons trois ans de gros travaux. Le plan triennal d’immobilisations reflète les investissements qui seront nécessaires pour maintenir la qualité de notre eau potable, de nos usines d’épuration, de notre réseau routier qui, comme celui des autres villes québécoises, en a bien besoin et surtout, de maintenir la qualité de vie des citoyens et citoyennes grâce aux sommes investies dans les infrastructures sportives, culturelles et communautaires. »

Marc Denault, du district du Golf, est déçu qu’on ne prévoie aucune intervention sur la rue Prospect pour réduire la congestion liée au développement du plateau Saint-Joseph.

« Pour 2020, il n’y a rien pour le tronçon Prospect. On prévoit pourtant beaucoup de transit dans le secteur. C’est décevant! Avec l’ajout de 2500 habitations, les revenus de taxation avec l’ajout de grandes surfaces, il aurait été proactif d’arriver avec des interventions pour régler les problèmes de circulation à court terme. »

Évelyne Beaudin est revenue avec son idée de commission des finances. Elle a aussi mentionné ne pas être en accord avec tous les projets. « Je veux m’assurer qu’on ne me dise pas en cours d’année que j’ai approuvé des projets dans le budget parce que j’ai voté pour. »

Elle suggère aussi de s’attaquer à l’étalement urbain et de taxer les promoteurs qui développent en périphérie. « La vérificatrice générale soulignait que nos investissements actuels ne suffisent pas pour maintenir nos actifs. Si on ne corrige pas la situation, nos enfants ne pourront pas bénéficier du même niveau de service que nous. »

Annie Godbout gardera l’œil ouvert pour la phase 3 du boulevard René-Lévesque, qui faisait foi de quantité de projets dans son arrondissement. « On attendait de terminer le boulevard pour apporter plusieurs corrections au réseau routier. Là où j’ai une inquiétude, c’est au coin de la rue Haut-Bois et du boulevard Bourque. C’est extrêmement dangereux. On pourrait commencer les travaux même si René-Lévesque n’est pas terminé. »

Elle se réjouit aussi des fonds pour continuer la réflexion à propos du plateau des loisirs, dans le même secteur, et pour les investissements en tourisme. « C’est un signal positif pour les projets touristiques. Il faut qu’on ait quelque chose pour se démarquer. Pour augmenter notre attractivité, on doit faire le projet Parcours dans un court délai, sinon, il perdra de sa couleur et de sa saveur. On va le connecter avec autre chose pour en faire un levier encore plus important », ajoute celle qui agit à titre de présidente de Destination Sherbrooke.

Chantal L’Espérance a rappelé que les citoyens se désolaient de voir la prison Winter se dégrader et indique que la Ville pourrait obtenir de l’aide des gouvernements pour réparer le bâtiment.

Paul Gingues surveillera les dépassements de coûts. « Je voterai en faveur, mais je m’attends à ce que nous ayons dès le début 2020 une discussion sérieuse sur le contrôle de la dette et sur une stratégie pour contrôler sa croissance. C’est facile d’avoir des projets mais on ne peut pas tout faire en même temps. Mieux vaut investir en fonction d’une limite qui respecte la capacité de payer des citoyens. »

Pierre Tremblay se disait satisfait dans l’ensemble, mais aurait préféré que des sommes réservées à une station de lavage de bateaux à la plage municipale de Deauville servent plutôt à la recherche de raccordements illicites de conduites sanitaires.

Danielle Berthold n’a pas manqué de souligner la réfection de la rue King Est, de Raby à des Rocheuses, où les quatre voies seront réaménagées avec l’ajout de trottoirs et d’une piste cyclable. « C’est extraordinaire. C’est quelque chose que la population de Desranleau attend depuis 2006. Je suis très heureuse. »

Vincent Boutin s’est réjoui des 2,9 M$ pour le transport actif, même s’il juge qu’il faudra en faire plus dans les années à venir. « Quand on parle de 417 M$ pour trois ans en immobilisations, il faut rappeler que les projets seront réévalués à la pièce. L’an passé à pareille date, on parlait de 120 M$ pour 2020 alors que nous avons ramené le budget à 107 M$. »

Il a mentionné la reconstruction du stationnement du centre Julien-Ducharme comme un point positif. « Ce ne sera pas du luxe. On en profitera pour faire des ancrages dans le sol pour que le Festival des traditions du monde n’ait pas à percer chaque année. »

Rémi Demers estime que le visage du centre-ville sera modifié et accueille favorablement les 36 M$ investis dans des projets économiques. « Ce n’est pas un budget ordinaire. »

Enfin, Nicole Bergeron était heureuse des investissements à l’aréna Philippe-Bergeron de Brompton et a rappelé les 5,5 M$ qui augmenteront la capacité de l’usine d’assainissement des eaux à Saint-Élie. « C’était quelque chose d’attendu. »