Pour la première fois depuis la création du conseil municipal jeunesse, les débats regroupant 17 adolescents de cinq écoles se tenaient par vidéoconférence.
Pour la première fois depuis la création du conseil municipal jeunesse, les débats regroupant 17 adolescents de cinq écoles se tenaient par vidéoconférence.

Écofiscalité et transport en commun à l’honneur au conseil municipal jeunesse

La relève de la politique municipale, les élèves de secondaire 4 et 5 du conseil municipal jeunesse, a débattu d’initiatives en matière de transport en commun et d’écofiscalité, mercredi soir, par vidéoconférence. Leurs suggestions seront déposées au conseil municipal pour que le maire et les conseillers puissent en débattre.

C’est le sujet du transport en commun qui a soulevé le plus de passions, alors que les participants issus de cinq écoles secondaires ont brandi des études et des résultats de recherche pour faire valoir leurs idées. La proposition d’installer des stations de vélos et de trottinettes électriques a rallié la majorité, même si un vote très serré a été nécessaire afin de déterminer si une telle initiative devait relever de la Ville ou du privé.

Les élus d’un jour, à dix contre sept, souhaiteraient que la Ville prenne en charge ce matériel roulant.

Mirko Jakovljevic a défendu la position du privé pour éviter des coûts importants pour la Ville. « Les grandes villes comme San Francisco et Los Angeles ont confié la gestion des vélos au privé. »

Marianne Bouvette a craint que la présence du privé entraîne une flambée des frais d’utilisation des vélos.

En vrac, Sofia Saada a suggéré de mettre des stations de vélos dans les quartiers résidentiels et près des arrêts d’autobus pour permettre aux citoyens de faire le relais entre les deux. Audrey Choinière visait pour sa part des stations près des grands générateurs de déplacement, notamment le Carrefour de l’Estrie, le Cégep de Sherbrooke et la bibliothèque municipale. Ulysse McKay a soulevé le concept de stations multimodales, comme celle que la Ville souhaite implanter à la station du Dépôt.

Parmi les autres idées pour améliorer le transport en commun, transformer la rue Wellington en rue piétonne, faire davantage de publicité pour le covoiturage, encourager le concept de rues partagées avec des limites de vitesse à 20 km/h ou améliorer l’application la Vermeilleuse.

Charlotte Houle a même proposé de donner un accès public aux transpondeurs des autobus pour les suivre en temps réel avec un téléphone intelligent.

Vincent Boutin, qui agissait à titre de président, en a profité pour faire de l’éducation, plaidant qu’un transport en commun efficace doit proposer une bonne fréquence, une grande sécurité et une bonne fiabilité.

En matière d’écofiscalité, les propositions étaient plus éclatées. Jacob Auger a proposé de créer un incitatif au transport en commun en transformant la Vermeilleuse en une espèce de carte de débit du type Priorité Sherbrooke.

L’ajout de jardins communautaires a séduit plusieurs participants, dont Benjamin Molleur et Gabrielle-Anne Théroux.

Audrey Gagnon a lancé l’idée de taxer la coupe des arbres sur les terrains vacants pour inciter les promoteurs à développer d’abord les terrains vagues. Vincent Boutin a prévenu que certains frais pourraient être refilés aux contribuables par ces promoteurs.

Étienne Couture a soulevé l’idée d’une rue Wellington à péage pour les voitures et Florence Dupont a proposé de récompenser les citoyens qui réduiraient la taille de leur bac à ordures.

En fin de séance, certains ont avoué qu’ils considéreront une carrière en politique. Aucun doute que Jacob Auger, impliqué dans les conseils étudiants depuis huit ans, sera du nombre. « L’expérience était trop l’fun pour dire que la politique c’est plate. Le conseil municipal jeunesse nous a montré les procédures pour instaurer des lois et des règlements qui changent le monde. »

Benjamin Moller a compris que la politique n’est pas que pour les personnes majeures et qu’il peut faire une différence. Audrey Gagnon allait dans le même sens. « Vous m’avez montré que je pouvais donner mon opinion. À mon âge, c’est juste magique. »

Alice Dumoulin promet même de s’intéresser à la séance de consultation sur le projet Well Sud le 27 mai, même si elle n’envisage pas de carrière politique.

« Toutes les idées lancées m’ont poussée à réfléchir et à me demander comme on pouvait davantage améliorer notre ville », dit Gabrielle-Anne Théroux.

En début de soirée, le maire Steve Lussier a souligné que les propositions des jeunes sont importantes. « Il n’y a aucun doute que vous êtes les leaders de demain. »

Chantal L’Espérance, elle, s’est montrée impressionnée par la qualité des débats. « Certains d’entre vous ont manifesté le souhait de poursuivre en politique. Nous sommes entre bonnes mains avec des gens comme vous. »

Vincent Boutin, en terminant, a invité les jeunes politiciens à être des leaders dans leur communauté.