Évelyne Beaudin

Dusseault et Beaudin prêts à porter le dossier du train

L’amalgame bière et politique initié par la conseillère Évelyne Beaudin et le député fédéral Pierre-Luc Dusseault a souri au projet de train de passagers entre Montréal et Sherbrooke. La cinquantaine de personnes rassemblées à la microbrasserie Siboire mardi soir a conforté les élus dans leur intention de pousser le dossier pour qu’un convoi aboutisse un jour sur les rails.

« Sherbrooke est la 6e ville en importance au Québec et dans le top 20 canadien. Il est important qu’elle soit bien connectée avec la métropole », a lancé d’emblée Pierre-Luc Dusseault.

Lire aussi: Train Montréal-Sherbrooke : Beaudin et Dusseault consultent

« Si on veut faire de notre centre-ville un vrai centre-ville d’affaires, il faut offrir aux gens d’affaires une possibilité de circuler vers les grands centres. Les terrains autour de la gare pourraient aussi devenir un endroit intéressant à Sherbrooke. Si on veut que ça arrive, il faut s’y intéresser », a ajouté Évelyne Beaudin.

Pendant une heure et demie, commentaires et questions ont afflué. Il ne faut pas oublier la valeur touristique d’un train, disaient les uns. Ajoutons-y une valeur sociale parce qu’il permet de rencontrer des gens, clamaient les autres. Et on se demandait si le prix de l’aller simple, à 46 $, était trop élevé. Si les cinq départs par jour vers Montréal, à 7 h, 12 h 40, 14 h 12, 18 h 20 et 20 h 50, étaient trop nombreux ou insuffisants.

À Ottawa

Quoi qu’il en soit, Pierre-Luc Dusseault considérait les appuis suffisants pour qu’il porte le dossier à Ottawa. « Les fonds existent à Ottawa. On parle de 180 G$ sur dix ans pour les infrastructures. Les fonds ne se dépensent pas au rythme qui était prévu. Des projets tardent à arriver. C’est un exemple concret d’un projet presque clé en main où les demandes ne sont pas excessives. Si on ne le fait pas, les autres vont l’avoir l’argent. »

Évelyne Beaudin compte aussi travailler à faire avancer le dossier. « À moment donné, il va falloir que ça se rende au conseil municipal. Il faut qu’on profite de la campagne électorale au provincial. Le maire devra se prononcer publiquement. Peut-être que je devrai le convaincre ou passer par le président de la Société de transport. »

François Rebello

La somme que devrait investir Sherbrooke pour contribuer à l’arrivée d’un train, 3 M$ en dix ans, ou 300 000 $ par année, semble bien basse pour Évelyne Beaudin. « Ce ne sont pas 3 M$ qu’on donne en partant. Si le projet tombe, on aura juste payé le nombre d’années de fonctionnement du train. »

Si cinq trains circulent quotidiennement entre Portland, au Maine, et Boston, il n’y a pas de raisons que le train Montréal-Sherbrooke ne fonctionne pas, disait le citoyen Réjean Beaudoin.

Hubert Richard, lui, a suggéré que 5 % des places soient réservées pour des passagers à faible revenu pour leur permettre de sortir de Sherbrooke à l’occasion. Denis Pellerin s’est inquiété des retards qu’occasionnerait le partage du chemin de fer avec les trains de marchandises.

« Une fois qu’on met un train de passagers sur les rails, les normes d’inspection sont plus sévères. On augmenterait donc du même coup la sécurité liée aux trains de marchandises, clame le directeur de la Fondation Train de nuit, François Rebello. Les voies ne sont pas super payantes pour les propriétaires, la CMQR, jusqu’à maintenant. Si nous les utilisons, dans le contrat, nous indiquerons que nous aurons la priorité de passage.

« Un des problèmes pour la clientèle étudiante, c’est que le train n’arriverait pas directement sur le campus de l’Université. Mais je pense qu’éventuellement, l’Université se développera au centre-ville et que c’est peut-être l’arrivée du train qui leur permettra de le faire. Dans le même sens, la rue Pacifique n’est pas très loin de la gare. Il faudrait décontaminer, mais ça pourrait bouger beaucoup dans ce coin-là. »

M. Rebello a par ailleurs écarté l’idée de construire un grand stationnement près de la gare pour en faire un incitatif.

Selon les projections du promoteur, jusqu’à 2050 personnes pourraient prendre le train chaque jour. Les investissements requis seraient de 90 M$. Avec l’appui des trois paliers de gouvernement, la rénovation des rails pourrait commencer en mai 2019 pour lancer l’exploitation en septembre 2019.