Le remaniement survient un peu plus de quatre mois après que Doug Ford eut conduit son parti à la victoire aux élections provinciales du printemps dernier.

Doug Ford remanie son cabinet

TORONTO — Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a remanié son cabinet quelques mois à peine après avoir pris les rênes de la province, une initiative qui fait suite à la démission d’un de ses ministres, la semaine dernière.

La décision - qui fait en sorte que six législateurs progressistes-conservateurs sont réassignés - a été annoncée par communiqué lundi matin. Des détracteurs ont appelé le premier ministre à expliquer sa décision, et ont laissé entendre que le gouvernement de Doug Ford trébuchait dans ses premiers moments au pouvoir.

M. Ford n’a pas expliqué les nouvelles nominations, mais a déclaré que le remaniement aiderait son gouvernement à atteindre ses objectifs.

«Après quatre mois d’action sans précédent, nous saisissons cette occasion pour calibrer nos missions au cabinet afin de continuer à respecter nos engagements envers la population», a-t-il déclaré.

M. Ford a indiqué que le leader parlementaire du Parti progressiste-conservateur, Todd Smith, assumerait le rôle supplémentaire de ministre du Développement économique, de la Création d’emplois et du Commerce, en remplacement de Jim Wilson, qui a démissionné vendredi.

John Yakabuski, qui était ministre des Transports, deviendra ministre des Richesses naturelles et des Forêts. Jeff Yurek, qui détenait le portefeuille des richesses naturelles, se chargera du dossier des transports.

Sylvia Jones assumera les fonctions de ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels en remplacement de Michael Tibollo, qui deviendra ministre du Tourisme, de la Culture et du Sport.

Bill Walker se joindra au cabinet en succédant à M. Smith en tant que ministre des Services gouvernementaux et des Services aux consommateurs.

Plusieurs ministres qui ont été sous les projecteurs depuis la formation du gouvernement conservateur en juin, notamment la ministre de la Santé, Christine Elliott, le ministre des Finances, Vic Fedeli et la ministre de l’Éducation, Lisa Thompson, conservent leurs rôles actuels.

Le remaniement survient quelques jours après la démission soudaine de M. Wilson pour «obtenir un traitement contre des problèmes de dépendance», selon le bureau de M. Ford.

M. Wilson a démissionné plusieurs heures après s’être rendu, avec Doug Ford, à un poste frontalier près de Sarnia, en Ontario, où ils ont dévoilé un panneau annonçant l’Ontario comme étant «Ouvert aux affaires».

Un remaniement qui soulève des questions

Le remaniement survient un peu plus de quatre mois après que M. Ford eut conduit son parti à la victoire aux élections provinciales du printemps dernier.

Des détracteurs se sont inquiétés de la soudaineté du remaniement, affirmant que M. Ford devait fournir les raisons pour lesquelles des changements aussi importants étaient apportés aussi tôt dans son mandat.

«Ces actions montrent clairement que (Doug) Ford tente de dissimuler les problèmes au sein de son cabinet. Renvoyer et rétrograder un certain nombre de ministres après quelques mois est troublant», a soutenu la chef adjointe du Nouveau Parti démocratique, Sara Singh, en conférence de presse.

«Je pense que cela nous fait nous demander, vous savez, si ce gouvernement est prêt à gouverner et s’il est prêt à faire ce qu’il doit faire pour les familles de l’Ontario», a-t-elle ajouté.

Le fait que M. Ford ait ressenti si tôt le besoin d’apporter des changements aussi importants n’inspire pas confiance en son gouvernement, a fait valoir le chef libéral par intérim, John Fraser.

Les gouvernements siègent généralement pendant environ un an - assez longtemps pour que des politiques soient élaborées - avant qu’un remaniement soit effectué, a souligné Geneviève Tellier, professeure de sciences politiques à l’Université d’Ottawa.

On ignore également pourquoi M. Ford a apporté tant de changements plutôt que de simplement remplacer M. Wilson, bien que cela laisse croire que le premier ministre n’était pas satisfait de la manière dont quelques ministres géraient leur portefeuille, même s’il avait louangé certains d’entre eux pas plus tard que la semaine dernière, a indiqué Mme Tellier.