Diane Délisle a passé les 20 dernières années au service des citoyens en agissant comme conseillère municipale dans le district de Deauville.

Diane Délisle tourne la page sur 20 ans de politique

Diane Délisle sollicitait un septième mandat de conseillère municipale en novembre. Après 20 ans de vie politique, et le verdict des électeurs, elle a toutefois dû ranger son cartable d’élue et a repris à temps plein son bureau de courtier immobilier. Se décrivant comme une politicienne tenace, elle se souviendra de la fusion de 2001 et de sa dernière campagne électorale.

« J’ai été élue pour la première fois en 1997 dans l’ancienne ville de Deauville. Je remplaçais un conseiller démissionnaire. Ce n’était pas très réfléchi. Je voulais vivre une nouvelle expérience. Je ne savais même pas qu’il y avait un salaire pour les conseillers. Quand nous avons été obligés de fusionner avec Sherbrooke, parce que nous l’avons vécu comme une obligation, ça prenait quelqu’un pour représenter Deauville », se souvient Mme Délisle.

Le maire sortant de l’époque, Georges Émond, ne comptait pas se présenter dans la ville fusionnée. Diane Délisle a été la seule conseillère de l’ancien Deauville à déposer son bulletin de candidature. « Mais je n’ai jamais été élue par acclamation. J’ai dû faire campagne chaque fois. À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. »

Cette fusion aura été tellement marquante que Diane Délisle s’amuse à dire qu’elle est née une deuxième fois en 2001. « Je me suis refait une identité. Je pense avoir été une personne tenace. Je suis arrivée un peu les baguettes en l’air, agressive, mais je me suis assagie et j’ai trouvé d’autres façons d’arriver à mes fins. Je pense avoir été à la hauteur, sinon on ne m’aurait pas élue six fois. »

La transition a néanmoins été difficile. « Il n’y avait plus qu’une personne pour remplacer les sept élus de Deauville. C’était beaucoup de boulot. Quand le gouvernement nous a permis de défusionner, c’était une fausse proposition. Il fallait continuer de payer les suprastructures de Sherbrooke. C’est pour ça que j’ai défendu l’idée de rester avec Sherbrooke. Tant qu’à payer, aussi bien être assis autour de la table. Nous étions obligés de nous rendre à l’évidence que de faire partie d’une structure plus grande permettait à la ville de mieux se développer. »

Diane Délisle rapporte qu’en faisant de la politique terrain, elle a appris qu’elle disposait d’un certain pouvoir d’influence. « Je n’avais jamais été interpellée sur l’importance de la culture dans notre société avant de faire de la politique. »
Mme Délisle est pourtant devenue une féroce défenderesse de la culture. « Ce que j’ai trouvé long à aboutir, c’est la salle de spectacles pour la jeunesse. Ça m’attriste de savoir que je ne serai pas là pour la première pelletée de terre. J’ai la certitude que quand des jeunes enfants ont accès à la culture, on en fait de meilleurs citoyens. »

L’ancienne conseillère municipale se dit fière des transformations à la plage de Deauville, du boulevard Bourque qui se développe de plus en plus en direction de Magog. « Le défi reste la desserte en transport en commun. »

Paradoxalement, son plus beau souvenir sera celui de la plus récente campagne électorale, campagne à l’issue de laquelle elle a dû céder son siège au conseiller Pierre Tremblay. « Nous étions vraiment une équipe. Nous avons marché ensemble dans cette campagne et nous avions des candidats complémentaires. C’était une campagne vraiment marquante. »

Mauvais souvenir

Son plus mauvais souvenir? « C’est lors de l’épisode du plan d’urbanisme, où le maire de l’époque avait dit à trois élus (NDLR : Bernard Sévigny, Diane Délisle et Robert Pouliot) qu’ils ne méritaient pas de siéger. C’était l’élément qui a incité Bernard Sévigny à créer un parti. Je le connaissais parce que je siégeais avec lui depuis huit ans. Il savait que je n’aurais jamais accepté une ligne de parti où j’aurais été obligée de dire comme les autres. »

Depuis sa défaite du 5 novembre, Diane Délisle a quitté le Renouveau sherbrookois et elle ne compte pas baigner à nouveau dans la politique. Sollicitée pour participer à différents comités, elle entend prendre une année pour se consacrer à ses trois petits-enfants, à ses envies de voyage et à son travail.

Mine de rien, la conseillère est l’une des femmes ayant servi le plus longtemps en politique municipale à Sherbrooke. Si elle avait été réélue, elle aurait d’ailleurs travaillé à améliorer la cause des femmes. « Quand j’ai commencé, c’étaient les premiers balbutiements des femmes en politique municipale. Le maire nous appelait les petites filles. Ce n’était pas méchant, mais un peu paternaliste. Je pense qu’il reste encore des choses à faire. On vit dans un monde d’hommes où les hommes peuvent mettre leur poing sur la table sans avoir l’air émotifs. Mais les choses changent. Il y a une femme à la présidence du comité de la sécurité publique. Le comité exécutif est composé de trois femmes. Il faut croire que ça avance. »
Diane Délisle n’a d’ailleurs pas été étonnée de la nomination de Nicole Bergeron à la présidence du comité exécutif et du conseil municipal. « J’étais sûre qu’elle en avait les capacités. »

S’avouant encore amère de sa défaite, la femme de 66 ans continuera de s’intéresser à la politique municipale. Encore aujourd’hui, quand elle constate un problème dans son district, le réflexe lui vient de communiquer avec les fonctionnaires. Consciente qu’elle a toujours été assise sur un « siège éjectable », elle se console en se disant que les citoyens n’ont pas voté contre elle. « Je pense qu’ils ont voté pour un indépendant. La vague était là. Ce que les gens ont acheté, c’est un gel de taxes. »