Selon la conseillère municipale Évelyne Beaudin, du parti Sherbrooke Citoyen, « la Ville de Sherbrooke n’utilise pas les outils fiscaux dont elle dispose à leur plein potentiel ».

Des taxes pour encourager des comportements positifs ?

La conseillère Évelyne Beaudin profite de la période pendant laquelle les citoyens reçoivent leur compte de taxes pour relancer l’idée d’une commission municipale sur les finances. Elle propose, pour que la Ville bénéficie de nouveaux revenus, d’utiliser la taxation pour encourager ou décourager certains comportements.

Dans une publication sur le site internet de Sherbrooke Citoyen, Évelyne Beaudin affirme que les élus perpétuent un mode de taxation dépassé. « La Ville de Sherbrooke n’utilise pas les outils fiscaux dont elle dispose à leur plein potentiel », écrit-elle.

Elle propose entre autres d’imposer une taxation plus élevée pour les promoteurs qui choisissent de bâtir leur projet en périphérie, de taxer différemment les magasins à grande surface et les commerces de quartier ou de taxer la production de déchets. « Mettre sur pied une commission municipale sur les finances, comme je l’ai proposé cet automne, permettrait de réfléchir à comment nous pourrions utiliser la fiscalité municipale pour affronter les grands enjeux du 21e siècle. »

Mme Beaudin ajoute en entrevue que ces mesures faisaient partie du programme électoral de Sherbrooke Citoyen. « Nous avions entre autres évoqué les redevances de développement pour éviter l’étalement urbain. Le problème, c’est qu’on tient un débat sur la fiscalité une fois par année, pendant la période du budget, et c’est toujours superficiel. On passe plus de temps à parler des dépenses que des revenus. »

Selon Évelyne Beaudin, Sherbrooke pourrait par exemple choisir de taxer les matières résiduelles. « Il faudrait un espace où on peut y réfléchir toute l’année. C’est pour ça qu’on parle d’une commission municipale sur les finances. La taxe foncière a des avantages, est facile à percevoir, mais elle nous incite à prendre des décisions axées sur l’augmentation de la taxe foncière. C’est difficile de refuser un projet immobilier parce qu’on voit l’argent que ça nous apporte. »

Augmenter les frais d’immatriculation pour les grosses voitures, récompenser ceux qui font du compost ou verser à nouveau la subvention aux couches lavables sont d’autres mesures à explorer selon elle.

Trop de comités ?

« L’excuse qu’on me donne, c’est qu’il y a déjà trop de comités à la Ville de Sherbrooke. Selon moi, on devrait couper ailleurs avant de couper là, mais je suis d’accord qu’il faut revoir la composition de nos comités. »

Mme Beaudin sait qu’elle apporte plus de questions que de réponses. « Je ne suis pas en train de dire ce qu’il faut faire, mais plutôt qu’il faut avoir ce débat. Il faut intéresser les gens parce que ça les touche. »

La présidente du comité exécutif, Nicole Bergeron, affirme pour sa part que tant le comité exécutif, le conseil municipal que l’appareil municipal cherchent de nouveaux revenus. « Nous serons à pied d’œuvre au cours des prochaines années pour trouver des solutions. La fiscalité repose en grande partie sur la taxe foncière, et on l’a répété à l’Union des municipalités du Québec : ça ne tient plus la route. Il faut un meilleur retour d’argent aux municipalités pour les services qui sont rendus. C’est un enjeu prioritaire. »

Mme Bergeron estime que la discussion sur la fiscalité doit se faire à l’échelle du Québec. « Nous n’avons pas de comité formé à ce sujet autre que le comité exécutif. Quand une ville a une commission municipale sur les finances, c’est souvent parce qu’elle n’a pas de comité exécutif. Ici, les comités occupent déjà pas mal les élus et notre objectif n’est pas d’en créer de nouveaux. Nous ce qu’on regarde, c’est comment optimiser nos dépenses à l’interne. » 

La présidente du comité exécutif ajoute qu’il faudrait peut-être des modifications aux lois provinciales pour appliquer de nouvelles formes de fiscalité dans les municipalités.