Pierre Avard

Dépenses imprévues de 1,8 M$: Avard « très préoccupé »

Le conseiller municipal Pierre Avard se dit « très préoccupé » par les dépenses imprévues qui atteignent 1,8 M $ à la Ville de Sherbrooke. Par voie de communiqué dimanche, il s’est  montré « en total désaccord » avec le maire qui se montre peu préoccupé puisque, selon lui, de nouveaux revenus viendraient compenser ces dépenses.

La Tribune révélait samedi qu’en date du 30 août, la somme des budgets additionnels de la Ville atteignait 1,8 M$, soit un total plus élevé que chacune des cinq dernières années. 

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Les conseillers municipaux joints pour des commentaires ignoraient l’ampleur du montant. Vincent Boutin, Rémi Demers, Julien Lachance et Évelyne Beaudin convenaient que la pression serait forte au moment de boucler le budget 2019 si des revenus équivalents n’étaient pas au rendez-vous.

Pour sa part, Pierre Avard exprime son inquiétude face à la situation, particulièrement étonné que lui et ses collègues n’en aient pas été informés.

« J’ai personnellement soulevé la question, au printemps dernier, alors qu’on nous présentait un premier rapport affichant des dépenses additionnelles de 1,2 $ M pour les quatre premiers mois de l’année. J’ai dit dès lors que cela m’inquiétait au plus haut point. Je suis revenu à la charge à deux reprises, dont la dernière fois il y a à peine quelques semaines, afin de connaitre l’état de situation en date du 31 août. Or je réalise que non seulement je n’ai jamais reçu ce rapport tel que demandé, mais je ne sais par quelle magie, ce fameux rapport s’est retrouvé [samedi] en première page du journal La Tribune », écrit-il dans le communiqué. 



« Il s’agit d’une très mauvaise façon d’administrer des fonds publics.  »
Pierre Avard

L’élu du district de Pin-Solitaire n’est pas surpris du montant élevé de dépenses supplémentaires, il en profite pour critiquer la manière de présenter des dossiers à la pièce sans vue d’ensemble et surtout sans objectif clair à la Ville. Il réfute également le prétexte du gel de taxes en 2018.

« Notre responsabilité est de gérer en fonction de nos moyens et de nous assurer que les dépenses additionnelles sont l’exception et non la règle », ajoute-t-il.

Comme solution aux dépenses additionnelles, le maire Lussier a affirmé à La Tribune que des revenus additionnels de 1,8 M$, dont la source ne peut être divulguée à la suite d’une entente, viendront compenser d’ici la fin de l’année. 

« Il s’agit d’une très mauvaise façon d’administrer des fonds publics. Quand on parle de rigueur administrative, on parle de contrôle des dépenses. Tant mieux si de nouveaux revenus s’ajoutent en cours d’année, mais ce n’est pas une raison pour les dépenser au fur et à mesure. Si on appliquait des règles de gestion responsable, ces sommes devraient au contraire être ajoutées à la réserve afin d’améliorer la marge de manœuvre de la Ville et ainsi rendre cette dernière moins vulnérable face aux situations d’urgence ou aux soubresauts éventuels de l’économie. Rien ne garantit que les revenus seront toujours au rendez-vous », termine Pierre Avard.