Luc Fortin était bien entouré samedi lors de sa cérémonie d'investiture.

Départ en force pour Luc Fortin

Le député de Sherbrooke Luc Fortin était bien entouré samedi lors de sa cérémonie d’investiture. « On aurait quasiment quorum aujourd’hui! Je pense que c’est signe d’un bon support du conseil municipal », a d’ailleurs lancé en souriant le conseiller Marc Denault avant la cérémonie.

En plus de M. Denault, du maire Steve Lussier et bien sûr de la conseillère Annie Godbout (qui se présente aussi pour le Parti libéral du Québec aux prochaines élections, dans la circonscription de Richmond), on retrouvait les conseillers Rémi Demers, Claude Charron, Paul Gingues, Pierre Tremblay, Jennifer Garfat et Bertrand Collins.

Plusieurs représentants des milieux économique, artistique et communautaire de la région étaient également présents dans une salle bondée du centre culturel de l’Université de Sherbrooke.

Lorsqu’il avait annoncé sa candidature aux élections en 2014, Luc Fortin habitait à Mascouche et avait, comme certains de ses adversaires lui avaient reproché, le profil type d’un « candidat parachuté » à l’avenir politique incertain. Quatre ans plus tard, il s’est taillé une place importante dans le gouvernement de Philippe Couillard, y occupant trois postes de ministre au cours de son mandat.

« Sur 8 millions de Québécois, il y en a seulement 125 qui ont le privilège d’être député, et juste un qui a la chance de représenter le comté de Sherbrooke, le plus beau au Québec. […] J’ai 35 ans, et j’occupe le poste de ministre de la Famille depuis le 11 octobre dernier, ce qui est quand même le troisième budget en importance au gouvernement. Je suis chanceux! » a lancé M. Fortin pendant son discours d’investiture, en faisant le point sur son parcours.

Il a toutefois répété à plusieurs reprises ne pas vouloir faire campagne sur un bilan – le sien ou celui de son parti –, mais sur des « propositions audacieuses » qui seront présentées aux Estriens au fil des mois à venir.

Priorité main-d’œuvre

M. Fortin a d’ailleurs identifié samedi ce qu’il considère comme étant la priorité dans le comté de Sherbrooke : la pénurie de main-d’œuvre. « Il faut un plan d’action pour que la région ne soit plus le secret bien gardé qu’elle est. Il faut que ça devienne LA région pour les jeunes familles qui ont des aspirations personnelles, mais aussi professionnelles », a-t-il expliqué.

« Si on veut attirer une main-d’œuvre jeune ici, il faut mettre [la qualité de vie qu’on a à Sherbrooke] en valeur parce que les perspectives professionnelles sont là. On a un taux de chômage qui est en dessous de la moyenne québécoise. C’est rendu qu’à Sherbrooke, c’est une mauvaise nouvelle pour les entreprises quand une autre vient s’implanter, parce qu’elles ont peur de se faire voler leur personnel. Ce n’est pas normal. »

Conciliation travail-famille

Pour Luc Fortin, la conciliation travail-famille n’est pas qu’un enjeu théorique sur lequel il se penche avec son ministère : il a lui-même quatre enfants. « C’est un enjeu au quotidien », concède-t-il. « Il faut pouvoir mettre ses limites, et déterminer le plan de match en famille également. Au cours du mandat, il m’est arrivé un épisode où il a fallu que je me reconcentre sur moi-même et sur mes proches », souligne-t-il, faisant référence à un arrêt de travail d’un mois qu’il avait dû prendre au printemps 2016, pour épuisement professionnel.

Il a depuis déterminé qu’il consacrerait une journée par semaine à sa famille, et compte bien aller de l’avant en conservant cette habitude.

Un mandat à la fois

Après un premier mandat marqué par une ascension rapide dans les rangs du parti, difficile de savoir où Luc Fortin se projette à plus long terme au PLQ, formation dont il est membre depuis qu’il a 16 ans.

« Je vois ça un mandat à la fois. Je souhaite poursuivre cette belle complicité-là que j’ai développée avec les Sherbrookois pour les quatre prochaines années. J’ai encore cette volonté et ce feu sacré de servir la population de Sherbrooke, de porter ses rêves et ses aspirations, mais aussi d’être à l’écoute de ses besoins et préoccupations. »

« Les gens de Sherbrooke sont des gens de cœur, accueillants, tolérants. Il y a eu de la place pour développer une collaboration très rapidement. On a fait cheminer des dossiers ensemble, et aujourd’hui, lorsque je rencontre des gens sur la rue ou à l’épicerie, ils m’abordent et me disent : "On est fiers de vous et on sera derrière vous" », résume-t-il.