Le grand bénévole Claude LeBlanc et le Dr Wayne Smith, médecin d’urgence à l’Hôtel-Dieu, s’investissent depuis plus de cinq ans pour que la communauté ait accès facilement à des défibrillateurs externes automatisés et qu’elle sache reconnaître et réagir aux épisodes cardiaques.

Défibrillateurs cardiaques : les 125 députés interpellés

On connaît leur entêtement à déployer suffisamment de défibrillateurs externes automatisés (DEA) dans la région pour que le grand public puisse contribuer à sauver des vies en cas d’arrêt cardiaque. Cinq ans plus tard, ils passent à une autre étape en mettant sur pied la Fondation des Bons samaritains et en interpellant les 125 députés de l’Assemblée nationale avec un projet de loi.

« C’est un mythe de penser que ça prend un médecin ou un professionnel de la santé pour sauver des vies. En arrêt cardiaque, si on veut sauver tous les gens qui sont ‘‘sauvables’’, ça prend surtout toute la communauté qui est là pour pouvoir intervenir, reconnaître l’événement, appeler le 911, commencer le massage et faire la défibrillation quand on a le moyen d’un DEA », martèle le Dr Wayne Smith, médecin d’urgence à l’Hôtel-Dieu et directeur médical régional des services préhospitaliers d’urgence en Estrie.

« Si on peut faire un choc en dedans de quatre minutes, les chances de survie du patient sont de 75 % », ajoute-t-il, en insistant sur la qualité de survie de la personne choquée.

Avec plus de DEA accessibles à la communauté et de la formation de type Héros en trente pour connaître les gestes à poser, cela pourrait permettre de sauver 200 personnes de plus chaque année au Québec, met-il en perspective.

Nouvelle stratégie

Avec son comparse Claude LeBlanc, un grand bénévole de la région, ils ont donc multiplié les activités de sensibilisation et de financement depuis cinq ans pour remplir cette mission.

Si bien que la région compte aujourd’hui au moins 270 défibrillateurs accessibles au public, qui sont répertoriés dans l’application mobile DEA Québec.

Mais la cible a toujours été de 450 en Estrie et pour y arriver, ils adoptent une nouvelle stratégie.

Cet automne, ils ont écrit aux 125 députés de l’Assemblée nationale pour faire cheminer un projet de loi pour que le gouvernement « favorise l’implantation de DEA et s’assure qu’une grande partie de la population soit formée avec le programme Héros en trente ».

Un déploiement suffisant pourrait viser par exemple tous les lieux où circulent plus de 275 personnes par jour, comme un supermarché, un guichet automatique ou un terrain de golf, suggèrent-ils, en précisant qu’ils envisagent aussi d’interpeller le gouvernement fédéral après les élections de l’automne.


«  Si on peut faire un choc en dedans de quatre minutes, les chances de survie du patient sont de 75 %.  »
Dr Wayne Smith

« On souhaite que les gouvernements s’impliquent le plus rapidement possible. On leur demande de s’occuper des entrepreneurs et des entreprises et nous on va continuer de s’occuper de la communauté et des organismes communautaires », détaille M. LeBlanc.

Le Manitoba est la seule province au pays qui en a fait une loi, précise Dr Smith, et l’Ontario aurait un projet semblable en première lecture.

« Quand on dit qu’on passe une loi sur les armes à feu pour sauver 30 personnes au Canada, le cœur en tue combien par jour? » demandent-ils.

Nouvel élan

La Fondation des Bons samaritains, dont ils viennent de recevoir la charte, pourrait donner un nouvel élan à leurs efforts et assurer la pérennité de la cause en impliquant de nouveaux bénévoles.

Car les Bons samaritains se donnent une deuxième mission, celle de venir en aide à des gens malades qui ont des besoins spéciaux qui ne sont pas pris en charge par les ressources existantes.

« Par exemple une personne qui doit se déplacer à Montréal pour recevoir des soins et qui n’a pas de sous pour prendre l’autobus. On pourrait l’aider en ce sens là », explique M. LeBlanc.

« On a l’intention d’avoir une équipe à Montréal et à Québec, en plus de celle de Sherbrooke, ajoute-t-il. Ce serait un départ et on souhaite que ça dure longtemps. On veut aider le monde en toute simplicité. On veut se faire les porte-parole des gens qui ne veulent pas mourir avant le temps. »