Déblocage dans le dossier de Valoris

EXCLUSIF / Valoris et Sherbrooke OEM enterrent la hache de guerre. Si les deux parties doivent encore discuter pour trouver une façon de travailler ensemble, ils se sont néanmoins entendus pour mettre en veilleuse les confrontations juridiques pour se tourner vers une médiation qui leur permettrait de relancer le centre de valorisation. Valoris a accepté de verser les 2,3 M$ qu’elle retenait sur son contrat de 15 M$ avec Sherbrooke OEM.

« Nous n’avons pas d’entente. Nous avons accepté de faire le premier versement, mais la médiation continue quand même. Le but premier est de travailler ensemble pour repartir les lignes. Nous avons mis de l’eau dans notre vin. Tout ce qu’on veut, c’est de travailler en partenariat, d’avancer et de développer Valoris ensemble », précise le président de Valoris, Robert Roy.

À lire aussi: Valoris coûtera environ 1 M$ de plus aux Sherbrookois

850 tonnes de matières recyclables seront enfouies

Valoris veut devenir un centre de recherche

Luc Larochelle: La voie tout indiquée

La Régie intermunicipale, détenue à parts égales par la MRC du Haut-Saint-François et la Ville de Sherbrooke, et l’entreprise qui a implanté les équipements de tri mécanisé, avaient lancé des poursuites croisées. La première réclamait des sommes atteignant plus de 42,3 M$ à la seconde, alors que Sherbrooke OEM avait lancé des poursuites totalisant 8 M$ contre Valoris.

Rappelons que deux des lignes de tri de Valoris sont fermées depuis septembre 2017.

« On va s’assoir ensemble pour trouver des solutions en matière de performance, ce qu’on ne pouvait pas faire avant quand nous étions en litige plus profond. [...] Nous sommes encore en mer houleuse, mais nous passerons à travers », dit M. Roy.

« On regarde toutes les éventualités. Il n’y a rien d’arrêté pour le moment. C’est en parlant qu’on va régler les choses. D’autres rencontres sont prévues. Nous avons un plan de travail en place », ajoute le maire de Sherbrooke Steve Lussier.

Steve Lussier

Robert Roy convient que les ententes hors cour sont toujours plus profitables que les conflits juridiques. « Les deux partenaires ont accepté de discuter et de laisser de côté leurs différends. Il ne faut jamais oublier que quand on va en cour, c’est avec l’argent du public. Pour nous, l’argent du public est important. Quand on va en cour, on sait quand on commence, mais on ne sait jamais quand on finit. »

Parallèlement, Valoris a augmenté sa capacité annuelle moyenne d’enfouissement pour la porter à 99 500 tonnes pour les 30 prochaines années, alors que la moyenne actuelle est de 74 361 tonnes. Veut-on réellement maximiser la récupération?

« Dans le passé, nous avons déjà reçu tout près de 90 000 tonnes, mais ça ne veut pas dire que nous avons tout enfoui. Seulement, demain, si ma ligne brise et que je n’ai pas cette capacité, je fais quoi? Notre objectif est de recycler 50 % des matières que nous recevons. »

Enfin, concernant les 850 tonnes de matières recyclables entreposées à l’extérieur du centre de tri de Récup Estrie, Steve Lussier rapporte être toujours en recherche de solutions pour éviter l’enfouissement. Si elles devaient être enfouies, elles ne le seraient pas à Valoris.

« Nous garderons notre espace pour nous. Valoris est un centre de valorisation et non d’enfouissement. On va taper là-dessus », s’empresse de préciser Robert Roy.

« On va tout faire avant d’enfouir quelque matière que ce soit », insiste Steve Lussier.