Les cinq candidats principaux de la circonscription de Sherbrooke, Élisabeth Brière (Parti libéral du Canada), Pierre-Luc Dusseault (Nouveau parti démocratique du Canada), Claude Forgues (Bloc québécois), Mathieu Morin (Parti vert du Canada) et Dany Sévigny (Parti conservateur du Canada) ont pris part à un débat au Cégep de Sherbrooke, animé par l’enseignant et politologue Antonin-Xavier Fournier.

Débat au Cégep : le climat donne le ton

Les principaux candidats de la circonscription de Sherbrooke avaient intérêt à faire leurs devoirs en matière d’environnement pour leur premier débat de campagne, mardi au Cégep de Sherbrooke. En cette semaine d’action mondiale pour le climat, l’enjeu est demeuré au cœur des discussions, qu’écoutait attentivement une salle pleine à craquer de jeunes citoyens.

Le candidat du Parti vert du Canada, Mathieu Morin, qui a qualifié les élections fédérales 2019 de « référendum sur le climat », a saisi l’occasion de faire briller la plateforme de son parti, et ce, même lors de l’exploration des thématiques des finances publiques et des affaires étrangères.

« [Le Canada] a basé son économie sur le pétrole, sans en prévoir la fin. On continue de mettre tous nos œufs dans le même panier, ce qui fait en sorte que notre dollar canadien est considéré comme un pétrodollar, qui fluctue selon la fluctuation du pétrole. [...] Nous devons sortir le Canada rapidement du pétrole avant qu’il ne chute [et] nous demander si notre mode de production actuel est viable. [...] L’urgence climatique, les extinctions de masse, la crise des déchets de plastique, l’écart grandissant entre les riches et les pauvres et un filet social qui se désagrège : voilà les produits de l’économie de croissance déconnectée de la nature et des gens », a-t-il dénoncé avant de proposer une économie verte qui « se sert du bien-être plutôt que du PIB comme mesure du progrès » et qui contribuerait à améliorer la réputation du pays à l’international.

Le parti de Morin souhaite réduire de 60 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et atteindre la carboneutralité en 2050, notamment en cessant complètement l’exploitation des sables bitumineux d’ici 2035. « Les emplois perdus seront transférés vers le secteur des énergies renouvelables sans grandes difficultés », a-t-il lancé.

Pour le conservateur Dany Sévigny, qui affirme que son parti « est le seul qui propose un vrai plan pour protéger l’environnement et qui aura un réel impact sur la réduction des émissions globales, et ce, de manière réaliste et réalisable », a insisté sur les intentions d’un gouvernement conservateur d’investir dans la recherche et le développement de technologies vertes, une action dont bénéficieraient selon lui des acteurs de Sherbrooke. « Il y aura donc, pour nos entreprises et nos chercheurs, une opportunité exceptionnelle d’aller chercher de nouveaux fonds et de stimuler l’économie régionale tout en créant chez nous de bons emplois, a-t-il insisté. De plus [...] nous allons supporter financièrement la recherche associée au développement d’énergies propres. »

AbonnezvousBarometre

« Le défi de l’heure »

Élisabeth Brière, qui porte les couleurs libérales, a reconnu l’importance de l’environnement comme « le défi de l’heure » avant d’énumérer les actions posées par le gouvernement Trudeau à cet effet, comme l’implantation de la taxe sur le carbone et les investissements dans le transport collectif. « Les entreprises qui ont reçu du financement au cours du premier mandat libéral ont été celles qui présentaient les solutions les plus innovatrices et écoresponsables. [...] Cette économie est en transition. Il faut s’assurer que chaque région canadienne puisse faire cette transition sans provoquer de rupture sur le plan économique. C’est ce qui explique l’achat du pipeline [Trans Mountain]. On voudrait tous mettre la switch à off, mais est-ce que c’est réaliste? Qui est venu en voiture ici? Qui a un cellulaire? Qui a un portable? », a-t-elle demandé.

Pointant son fils dans la salle, pour qui il dit vouloir garantir un meilleur avenir, Pierre-Luc Dusseault a lancé qu’« en 2019, plus que jamais, il faut avoir le courage de prendre les décisions difficiles. »

« On s’est donné une cible de limiter le réchauffement climatique à moins de 1,5 °C, ce qui est un seuil critique à ne pas dépasser », a établi le député sortant avant de réitérer l’intention du NPD d’électrifier la flotte de véhicules gouvernementaux d’ici 2025 ainsi que les transports en commun pour 2030, avant d’éliminer la vente de voitures à essence 2040.

Au Parti vert, cette interdiction est plutôt prévue pour 2030, a répondu Mathieu Morin. Comme Dusseault, le candidat vert s’est engagé à bloquer tout nouveau projet d’énergies fossiles à la Chambre des communes. Ce qui inclut leur opposition au pipeline Trans Mountain.

Le bloquiste Claude Forgues a affirmé vouloir dire non au pipeline Énergie-Est, et a proposé de rendre accessible l’achat de voitures électriques dans un but d’électrifier les transports. « Le Bloc va exiger la promotion d’un plan pour combattre les changements climatiques et développer une économie verte. Il faudrait aussi profiter de cette conscience collective pour changer nos pratiques de consommation et de production. Je fais par exemple allusion à l’économie circulaire où on consomme, recycle, reforme, reproduit et réutilise », a-t-il partagé avant de proposer une réforme fiscale qui « encourage ceux qui font des efforts et non ceux qui polluent » et de rappeler qu’un Québec souverain serait en mesure de prendre ses propres décisions à cet effet.