Le ministre Gaétan Barrette souhaite ouvrir 50 supercliniques au Québec d’ici un an. On en compte actuellement six à Québec.

Davantage de supercliniques, mais pas plus d'accès

Sans tambour ni trompette, deux autres cliniques-réseau se sont transformées en supercliniques à Québec au cours des dernières semaines. Mais avec la fermeture cette année de quatre sans rendez-vous pour la clientèle orpheline dans Charlesbourg, Beauport, Vanier et en Haute-Ville, et une superclinique qui ferme parfois ses portes en plein après-midi, le gain pour la population est loin d’être évident, a constaté Le Soleil.

Déjà clinique-réseau, la Clinique médicale des Promenades, dans le secteur de Beauport, a accédé au rang de superclinique il y un mois. Cette désignation a toutefois mené à la fermeture d’un autre sans rendez-vous ouvert aux patients sans médecin de famille, celui de la Clinique médicale Giffard, située elle aussi dans le centre commercial des Promenades Beauport. 

«On est passé de deux cliniques-réseau à une superclinique. Nous, c’est sûr qu’on aurait voulu rester deux, mais on n’a pas pu parce que les deux cliniques sont situées trop près l’une de l’autre», expose le médecin responsable des Cliniques médicales Giffard et des Promenades, le Dr Michel Robitaille. 

Le Dr Robitaille précise que si deux cliniques-réseau avaient pu jadis ouvrir l’une à côté de l’autre, c’est parce qu’elles «desservaient une population de 100 000 personnes». «Mais maintenant, avec le programme de superclinique, ce n’est pas ça [le bassin de population] qu’on calcule, mais le volume de consultations», précise-t-il. 

Avant de se rabattre sur son statut de GMF ouvert seulement à sa clientèle inscrite, la Clinique médicale Giffard était accessible à la population orpheline 73  heures par semaine. 

«Je ne pense pas qu’on perde 73 heures de sans rendez-vous par semaine avec la fermeture de la clinique-réseau Giffard. L’obligation d’une superclinique, c’est d’avoir au moins un médecin pour le sans rendez-vous 12 heures par jour. Or, dans la superclinique des Promenades, on a souvent deux, des fois trois médecins qui sont là. Il est trop tôt pour des statistiques, mais de ce que je vois, en nombre moyen de visites par jour, c’est pas mal la même chose aujourd’hui que quand on était deux cliniques-réseau»,  affirme le Dr Robitaille, tout en convenant qu’il a perdu l’équivalent d’une infirmière (de triage) en adhérant au programme de superclinique.

Deux sur Lebourgneuf

Le Centre médical Le Mesnil est lui aussi devenu superclinique le 4 décembre. À l’instar de la Clinique médicale des Promenades, l’ancienne clinique-réseau du boulevard Lebourgneuf s’est engagée à ouvrir 11 heures de plus par semaine, pour un total de 84 heures.

Selon son président-directeur général, Éric Caron, la clinique est «débordée», notamment parce qu’elle reçoit plusieurs patients de la superclinique voisine, celle de MAclinique Lebourgneuf, qui ferme temporairement les portes de son urgence mineure lorsque le délai d’attente est trop long, avec la bénédiction du ministre Gaétan Barrette. 

«On subit aussi les contrecoups de la fermeture du sans rendez-vous du Centre médical de Charlesbourg et de celui de la Clinique médicale Pierre-Bertrand [dans Vanier]. La pression sur le réseau augmente, c’est clair», constate M. Caron, tout en assurant que le Centre médical Le Mesnil ne ferme néanmoins jamais ses portes. 

Idem pour la Clinique médicale des Promenades. «On ne ferme jamais, et les urgences ou les semi-urgences, on les voit. […] Pour être superclinique, on est obligé de réserver 12 heures de sans rendez-vous par jour pour tout le monde. S’il le faut, on ajoute des médecins», dit le Dr Michel Robitaille.

Pour rappel, les cliniques-réseau ont jusqu’au 1er avril 2018 pour faire la preuve qu’elles veulent et peuvent devenir supercliniques, à défaut de quoi elles perdent leur financement. Incapables de répondre aux exigences du programme, la Clinique médicale Pierre-Bertrand et le Centre médical de Charlesbourg ont dû fermer leur portion réseau le 1er avril et le 1er novembre respectivement. Un autre service de sans rendez-vous, celui du CLSC Haute-Ville, a également fermé ses portes à la clientèle orpheline en mars, conséquence de la loi 20, qui oblige les médecins à inscrire plus de patients et à être plus assidus auprès d’eux. 

Le ministre Barrette souhaite ouvrir 50 supercliniques au Québec d’ici un an. À la fin novembre, seulement 22 avaient été annoncées. On en compte actuellement six à Québec.