Christine Labrie

Cyberintimidation: témoignage troublant de Christine Labrie en chambre

QUÉBEC - Des femmes élues à l'Assemblée nationale reçoivent un flot de messages électroniques misogynes et sexistes, d'une haine et d'une violence qui donnent froid dans le dos.

Dans le cadre de la campagne internationale de sensibilisation à la cyberintimidation « 12 jours d'action contre la violence envers les femmes », des députées des quatre formations politiques représentées à l'Assemblée nationale ont tenu à dénoncer le fléau de la violence en ligne destinée aux femmes politiques, mercredi, par une motion déposée en Chambre.

Le témoignage rendu par la députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, qui était particulièrement troublant, lui a attiré les applaudissements nourris de tous les parlementaires présents.

Elle a raconté avoir demandé à ses quatre collègues députées solidaires (Manon Massé, Catherine Dorion, Ruba Ghazal et Émilise Lessard-Therrien) de lui transmettre des exemples de courriels haineux qui sont leur lot quotidien.

Elle a poursuivi en affirmant que « c'est largement documenté que les femmes subissent plus de violence en ligne que les hommes, jusqu'à 27 fois plus, selon certaines estimations. Et les femmes qui font de la politique sont particulièrement visées », a fait valoir la députée de Sherbrooke, convaincue que « plus elles s'expriment publiquement, plus les femmes subissent de violence ».

Ce type de messages ne vise qu'à dévaloriser les femmes, voire les inciter à quitter l'espace public, selon elle.

La vice-présidente de l'Assemblée nationale, députée caquiste de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy, a renchéri pour affirmer que l'hostilité manifestée en ligne envers les femmes était une cause directe de leur hésitation à s'engager en politique.

« Les candidates potentielles craignent un jour d'être victimes de cyberviolence, mais surtout appréhendent l'impact qu'elle pourrait avoir sur leurs proches, qui finiront nécessairement par en être témoins », a-t-elle commenté.

La députée libérale de Bourassa-Sauvé, Paule Robitaille, s'est questionnée à savoir « combien d'entre nous, politiciennes, femmes publiques, femmes qui osent sortir du lot, femmes qui portent le voile ou la mini-jupe, adolescentes, jeunes filles sommes - nous à être ciblées de la vindicte misogyne du Web ? C'est un tweet haineux à une femme à chaque 30 secondes ».

Elle aussi a dénoncé cette « charge d'une armée de trolls forts de leur anonymat qui dénigrent, ridiculisent et détruisent ».

Les médias sociaux sont malheureusement un terrain fertile pour les calomnies et l'intimidation, dont les femmes sont plus souvent qu'autrement les premières victimes, a observé de son côté la députée péquiste de Gaspé, Méganne Perry Mélançon.