Jean Charest sera présent au congrès du week-end lors duquel on soulignera les 150 ans du Parti libéral du Québec. C’est Philippe Couillard lui-même qui l’a invité à être de la partie.

Couillard défend Charest à la veille du congrès du PLQ

Pour la première fois depuis qu’il est en poste, le premier ministre Philippe Couillard a défendu son prédécesseur Jean Charest. Une défense qui survient à quelques heures du 33e congrès du Parti libéral du Québec.

Au chef caquiste François Legault, qui le pressait jeudi de «dénoncer ce qui a été fait par le gouvernement de Jean Charest», Philippe Couillard a rétorqué qu’il n’obtiendra jamais le titre de premier ministre, contrairement à l’ex-chef libéral.

«M. Charest a obtenu un titre que je doute que le chef de la deuxième opposition obtienne un jour. C’est le premier ministre qui a littéralement géré une crise financière d’ampleur internationale de façon remarquable, qui a lancé le Plan Nord, le libre-échange avec l’Europe, l’équité salariale, la représentation paritaire des hommes et des femmes dans les conseils d’administration et au Conseil des ministres.»

«Je pense que, quand le chef de la deuxième opposition aura fait la moitié de ça, si un jour, ça se produit, on pourra en reparler.»

Terrain délicat

Jean Charest sera présent au congrès du week-end lors duquel on soulignera les 150 ans du Parti libéral du Québec. C’est l’actuel premier ministre lui-même qui l’a invité à être de la partie. Il sait que les militants seront pour la très grande majorité d’entre eux très contents de revoir M. Charest.

Philippe Couillard marche cependant sur un fil. Il sait aussi que, désormais, pour beaucoup de Québécois, Jean Charest est cet ex-chef libéral qui est sous enquête policière. Aucune accusation n’a cependant été portée contre lui.

Depuis qu’il est au pouvoir, M. Couillard n’a cessé d’insister sur le fait qu’il existe un «avant» et un «après» au Parti libéral du Québec.

Sachant le terrain délicat, il a pris soin de préciser, jeudi, que son but n’était pas de défendre son prédécesseur comme tel, mais de souligner ses réalisations.

Le caquiste François Legault a rappelé que c’est sous le règne de «son invité de marque de la fin de semaine» que s’est déroulée la vente d’immeubles gouvernementaux dénoncée par la vérificatrice générale, une transaction qui a floué les contribuables.

Problème mis «en vitrine»

En invitant Jean Charest, le Parti libéral du Québec met «en vitrine» son «problème de fond», soit «son problème structurel» d’éthique et d’intégrité, a affirmé le chef péquiste, Jean-François Lisée.

«Ils devraient tous être» à ce congrès, y compris Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté, qui font face à des accusations devant les tribunaux, a poursuivi M. Lisée pour mieux pourfendre ses adversaires.

«Si on souligne les 150 ans du Parti libéral, soulignons-les avec les points de beauté et les verrues», a-t-il dit en martelant que Philippe Couillard dirige le même parti que son prédécesseur et qu’il se trouve aujourd’hui pris au piège.

Les partis d’opposition se disent convaincus que M. Charest a commis des gestes illégaux en matière de financement politique.