Paul St-Pierre Plamondon a été applaudi chaleureusement par ses nouveaux collègues à son entrée dans le Salon rouge, à l’Assemblée nationale.
Paul St-Pierre Plamondon a été applaudi chaleureusement par ses nouveaux collègues à son entrée dans le Salon rouge, à l’Assemblée nationale.

Continuité et «racisme institutionnel» pour le nouveau chef du PQ [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Même sans souhaiter devenir député avant les élections générales de 2022, le nouveau chef du Parti québécois veut être très impliqué dans la vie parlementaire. Mais pour les changements promis, faudra attendre. Paul St-Pierre Plamondon a reconduit les trois officiers parlementaires du PQ dans leurs fonctions, mercredi, tout en préférant reconnaître l’existence du «racisme institutionnel» au Québec, mais pas du racisme systémique.

«On pourrait croire qu’un chef extra parlementaire va être en orbite comme la planète Pluton, puis moi, ce que je vous dis, c’est plus proche du Soleil que ça. Vous n’aurez jamais vu ça de la part d’un chef extra parlementaire», a déclaré M. St-Pierre Plamondon, mercredi matin, avant d’aller diriger sa première réunion du caucus péquiste tenue dans le Salon rouge de l’Assemblée nationale, à Québec.

«Assumer son leadership, ça veut dire être partie de toutes les discussions avec le caucus de manière à ce que les stratégies soient concertées et à ce que le chef soit partie prenante de chacune de ces discussions-là», avait-il expliqué.

Le nouveau chef était de retour quelques heures plus tard dans le hall principal du parlement, flanqué du chef parlementaire, Pascal Bérubé (député de Matane-Matapédia), et du leader parlementaire, Martin Ouellet (René-Lévesque). Harold LeBel (Rimouski) est aussi confirmé dans ses fonctions de whip et de président du caucus.

Tout le monde garde donc sa place. Les dossiers précis seront attribués à chaque député d’ici jeudi, deuxième et dernière journée du caucus.

Quel sort pour Gaudreault?

Après deux années comme chef parlementaire, mais sans chef de parti outre son propre statut intérimaire, M. Bérubé dit avoir «reconsidéré ma décision» pour accepter de demeurer «le bras parlementaire de cette nouvelle chefferie».

«L’enthousiasme contagieux et convaincant» du nouveau chef l’a persuadé qu’il peut être encore «utile à son équipe» dans ce rôle primordial qu’est entre autres de questionner le premier ministre en chambre, dit celui qui a accepté le défi dimanche.

Pourquoi changer une formule gagnante? justifie de son côté M. St-Pierre Plamondon, qui constate que la petite équipe d’élus péquistes, c’est-à-dire seulement 9 députés sur 125, abat du bon boulot depuis deux ans.

Reste à voir quel sort M. St-Pierre Plamondon réserve à son adversaire de la récente course à la chefferie et seul député qui aspirait officiellement à la direction du PQ cette année, Sylvain Gaudreault (Jonquière).

«J’ai décidé de laisser à Sylvain Gaudreault tout le temps et l’espace qu’il désire», fait valoir M. St-Pierre Plamondon, qui s’est toujours dit intéressé à garder le député de Jonquière dans son équipe. «Neuf mois de course à la chefferie, ça amène beaucoup d’émotion et de fatigue», constate-t-il à la fois pour lui-même et M. Gaudreault, promettant d’être aussi équitable à son endroit «demain, dans une semaine, dans un mois».

«Racisme institutionnel»

M. St-Pierre Plamondon a dû se frotter à quelques sujets d’actualité, mercredi. Comme le sujet du racisme systémique au Québec. Concept que le premier ministre du Québec, François Legault, refuse de reconnaître, alors que le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, y voit un constat de base pour avancer.

Le PQ ne reconnaissait pas officiellement l’existence de racisme systémique, mais certains députés, individuellement, oui. Le nouveau chef, lui, tranche la poire en deux et s’en remet plutôt au «racisme institutionnel».

Il trouve l’expression «racisme systémique» trop large, alors que celle de «racisme institutionnel» permet justement d’identifier les institutions concernées et de mieux s’y attaquer, croit-il.

Il a aussi repris une importante critique venue des représentants du PQ ces derniers mois à propos du manque de transparence du gouvernement Legault dans la gestion de la pandémie de COVID-19.

M. St-Pierre Plamondon réitère comme chef la demande de tenir une enquête publique et indépendante sur les décès du printemps en CHSLD, ainsi que la publication des avis de la santé publique pour différencier les décisions politiques des recommandations de la santé publique.

Pas en difficultés financières

Avocat de 43 ans et père de deux jeunes enfants, M. St-Pierre Plamondon recevra dorénavant un salaire du Parti québécois pour son emploi de chef. Et il est faux de dire que le parti est en difficultés financières, argue-t-il.

Son arrivée à la direction permettra en plus de nouvelles entrées d’argent dans les prochains mois, puisque les jours où il ne sera pas au parlement avec son équipe de députés, il va entre autres s’atteler au financement du parti.