Le maire de Sherbrooke Steve Lussier

Consul des États-Unis : Coventry et cannabis au menu

Le Consul général des États-Unis à Montréal, Robert W. Thomas, s’est entretenu avec le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, avant de rencontrer une délégation de maires et directeurs généraux des Cantons-de-l’Est, mercredi. MM. Thomas et Lussier ont discuté du centre d’enfouissement de Coventry, au Vermont, avant que le groupe s’intéresse à des thèmes nationaux ayant un impact en région.

Parmi les autres participants à la réunion se trouvaient la mairesse de Windsor, Sylvie Bureau, la mairesse d’Austin, Lisette Maillé, le maire de Weedon, Richard Tanguay, le maire de Bromont, Louis Villeneuve, et le maire de Richmond, Bertrand Ménard.

En juillet, le chef de la division des eaux et constructions à la Ville de Sherbrooke, Michel Cyr, expliquait que la Ville avait déposé un rapport au gouvernement du Vermont dans le dossier de l’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry. Il plaidait pour que les eaux de lixiviat produites par le dépotoir ne soient pas traitées dans une usine d’épuration municipale, mais plutôt dans une usine plus sophistiquée.

« Nous étions allés au Vermont pour voir comment ça se passe. Nous voulons nous assurer qu’il n’y aura pas de dérapage. Nous avons sensibilisé le consul à nos inquiétudes », dit Steve Lussier.

« Le consul ne nous a rien promis, sauf de regarder le dossier. Il sera là pour soutenir ce qui se passe entre les deux pays. Avoir un intermédiaire pourrait faire la différence. Nous avons d’ailleurs engagé un avocat américain pour faire avancer les choses. Nous continuerons de mettre de la pression parce que nous puisons notre eau dans le lac Memphrémagog. »

ALENA

L’ALENA figurait aussi à l’ordre du jour. « Ça préoccupe les entreprises d’ici. On voulait que M. Thomas puisse sentir l’inquiétude qu’on peut avoir en région. Il nous a tenus au courant que les négociations avançaient. C’est une entente qui pourrait avoir un impact sur les importations et les exportations. Les prix pourraient augmenter. On veut tous protéger nos usines. »

Les intervenants ont par ailleurs abordé le sujet du cannabis. « C’était autant pour nous que pour les États-Unis, pour que les gens ne se fassent pas prendre à traverser la douane avec du cannabis. Mais le gouvernement a aussi sa part de responsabilité. C’est à nous de le faire savoir. »

Enfin, les services frontaliers ont fait l’objet de discussions. « M. Thomas devait se rendre à Stanstead pour observer la situation. Les douaniers ne nous font pas toujours sentir les bienvenus. »

Mairesse de la municipalité d’Austin, Lisette Maillé a jugé que le consul général des États-Unis à Montréal avait fait preuve d’une « belle écoute » durant les échanges avec la délégation régionale venue le rencontrer.

« Je me suis assurée que M. Thomas comprenait bien tous les enjeux du dossier Coventry. Et j’ai souligné qu’on voulait renforcer la relation avec nos voisins américains dans le dossier de la protection du lac Memphrémagog. Il est probablement temps que le dossier soit réévalué et c’est ce que j’ai proposé pendant la rencontre », révèle Mme Maillé.

La mairesse d’Austin plaide en faveur du « principe de précaution » dans ce dossier. Elle souhaite éviter que la qualité des eaux du lac Memphrémagog se dégrade et que les riverains en paient le prix. « Si on laisse des contaminants s’échapper dans l’eau, il est possible qu’ils s’accumulent dans l’écosystème, ce qui représenterait un danger », affirme-t-elle. Avec Jean-François Gagnon

Lisette Maillé

Steve Lussier et l'attractivité des Cantons-de-l'Est

Le maire Steve Lussier tire du positif du constat selon lequel les Cantons-de-l’Est sont peu attrayants pour les jeunes adultes vivant hors région. Il estime que des actions pourraient rapidement donner des résultats.

Un sondage mené en juin par la firme Dialogs relevait que 39 % des personnes âgées entre 25 et 45 ans et habitant hors de la région n’étaient pas intéressés à venir s’y établir.

« C’est quand même positif. Je suis content que nous ayons un portrait de ce que nous devrions améliorer. Nous devons être plus attrayants en établissant nos forces et nos faiblesses », dit Steve Lussier.

S’il a promis de faire de Sherbrooke la ville la plus prospère au Québec, pendant sa campagne électorale, le maire Lussier sait très bien qu’il doit trouver une façon d’attirer et de retenir la main-d’œuvre. « C’est sûr que ça ne se fait pas demain matin, mais nous pouvons nous mettre au travail en quelques mois et avoir des résultats en quelques années. Pour y arriver, il faut collaborer avec les autres maires de la région. »

Steve Lussier souligne toutefois que la Ville voit déjà un certain engouement. « Des usines viennent s’implanter. Beaucoup de gens viennent me rencontrer de l’extérieur parce qu’ils veulent s’établir à proximité de la frontière avec les États-Unis. Ils sont aussi attirés par les paysages, la nature. Je suis convaincu que nous pouvons faire des pas de géant rapidement. »