Le chef par intérim du PLQ, Pierre Arcand, n'a pas voulu se prononcer sur le sujet de l'interculturalisme, préférant attendre «de consulter le caucus» des députés. Derrière lui : le président de la commission-jeunesse du parti, Stéphane Stril

Congrès-Jeunes du PLQ: le virage nationaliste du parti s'annonce modéré

Le virage nationaliste qu'entend prendre le Parti libéral du Québec (PLQ) en vue de reconquérir l'électorat francophone s'annonce modéré.

Il n'est donc pas question de raviver les cinq conditions posées par le gouvernement libéral de Robert Bourassa, dans les années 1980, pour signer l'accord constitutionnel du Lac Meech, encore moins de dépoussiérer le rapport Allaire, adopté par le PLQ en 1991, et prônant une décentralisation jamais vue des pouvoirs, incluant le contrôle exclusif de 22 champs de compétence.

On ne prévoit pas davantage rouvrir les plaies du débat linguistique en donnant plus de mordant à la loi 101.

Ce qui se trame présentement au PLQ est beaucoup plus modeste.

«On n'est pas rendu là du tout», a convenu le chef par intérim, Pierre Arcand, en point de presse, au terme du congrès annuel de l'aile jeunesse du parti, un événement axé sur la protection de l'environnement, mais surtout sur un repositionnement du parti en faveur d'un nationalisme plus affirmé.

Jusqu'à nouvel ordre, le parti voudra plutôt se contenter d'afficher une forme de «leadership québécois à l'intérieur du Canada», a-t-il résumé.

Il revendique pour son parti «un nationalisme plus rassembleur» que celui prôné par le gouvernement caquiste, car le PLQ est le «parti des libertés» individuelles et ne vise pas à «enlever des droits» à quiconque.

Réunis en congrès, les jeunes militants libéraux ont adopté une série de résolutions visant à donner un visage plus nationaliste à leur formation politique, que les francophones ont largement boudée lors du dernier scrutin en octobre dernier.

Interculturalisme

Après un débat animé, les jeunes libéraux ont finalement souscrit à 68 % à l'idée de voir un éventuel gouvernement libéral adopter une loi prônant le modèle de l'interculturalisme pour favoriser l'intégration des immigrants à la majorité francophone.

Pour gagner l'adhésion des militants, le président de la commission-jeunesse du parti, Stéphane Stril, a fait valoir au micro que l'interculturalisme ne remettait aucunement en question les droits des minorités, ni les libertés individuelles.

Certains jeunes ont pris la parole pour dire qu'ils craignaient l'interculturalisme, préférant le modèle du multiculturalisme à la canadienne.

En gros, l'interculturalisme peut se définir comme un modèle qui privilégie une identité collective commune, sans pour autant nier les différences des groupes qui composent la société, tandis que le multiculturalisme fait la promotion de la diversité ethnique.

Quant à lui, le chef par intérim, Pierre Arcand, n'a pas voulu se prononcer sur le sujet, préférant attendre «de consulter le caucus» des députés.

La députée de Saint-Henri-Sainte-Anne et candidate au leadership, Dominique Anglade, a endossé la position des jeunes et annoncé qu'une telle loi ferait partie de sa plateforme électorale.

Pour gagner l'adhésion des militants, le président de la commission-jeunesse du parti, Stéphane Stril, a fait valoir au micro que l'interculturalisme ne remettait aucunement en question les droits des minorités, ni les libertés individuelles.

Par un vote serré, les jeunes libéraux ont aussi voté en faveur de la rédaction d'une constitution québécoise.

Ils revendiquent par ailleurs le droit de voter dès l'âge de 16 ans.

«Si une dame âgée de 80 ans souffrant d'Alzheimer» peut voter, pourquoi pas un jeune de 16 ans?, a demandé Clara Cormier, de la circonscription de Verdun.

Un jeune libéral a pris le micro pour afficher son opposition à la résolution : selon lui, si les jeunes de 16 et 17 ans ont le droit de voter, «ils voteront tous pour Québec solidaire».

Aucune résolution à l'étude ne portait spécifiquement sur la promotion de la langue française.

Le 37e congrès-jeunes du PLQ se tenait tout le week-end à l'Université Laval, à Québec, en présence de quelques centaines de jeunes militants.

Le prochain grand rassemblement des troupes libérales se tiendra à Sherbrooke en novembre pour le lancement officiel de la course au leadership visant à trouver un successeur à Philippe Couillard.

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DÉCROCHAGE SCOLAIRE: SEULS LES GARÇONS CIBLÉS

Les jeunes libéraux estiment qu'il faut s'attaquer au problème du décrochage scolaire, mais uniquement lorsqu'il implique des garçons.

Sous prétexte que les garçons sont plus nombreux que les filles à laisser l'école au secondaire, sans avoir obtenu de diplôme, les jeunes libéraux voudraient que le Parti libéral du Québec (PLQ) s'engage formellement lorsqu'il formera éventuellement le gouvernement «à réduire le taux de décrochage chez les jeunes garçons».

C'est ainsi qu'ils ont formulé une de leurs résolutions, présentée et adoptée dimanche au cours de leur congrès annuel, qui se tenait tout le week-end à Québec.

Questionné en point de presse au terme de l'événement, à savoir pourquoi la préoccupation des jeunes libéraux faisait en sorte d'exclure les filles, qui quittent elles aussi l'école par milliers sans diplôme, le président de la Commission-Jeunesse, Stéphane Stril, a soutenu que ce n'était pas le cas.

La résolution «n'exclut pas les femmes» selon lui.

Pourtant, le libellé est très clair : «Il est résolu par la Commission-Jeunesse du PLQ, réunie en Congrès-Jeunes, que le Parti libéral du Québec s'engage à : réduire le taux de décrochage chez les jeunes garçons».

On précise divers moyens pour y arriver, comme de faire connaître les meilleures pratiques en ce domaine et valoriser «les jeunes hommes qui choisissent des orientations professionnelles traditionnellement féminines».

M. Stril a indiqué qu'en 2017 la commission-jeunesse du parti avait organisé un congrès autour du thème du décrochage scolaire et qu'à ce moment-là la question du décrochage féminin avait été abordée.

Le décrochage des garçons est une «problématique des plus criantes au Québec», a fait valoir M. Stril, qui voulait donner à la question des décrocheurs masculins «une teinte spéciale».

Surtout, «qu'on ne peut pas avoir les mêmes solutions pour les garçons que pour les filles» en ce domaine, selon lui.

Il existe diverses statistiques mesurant l'écart des taux de décrochage entre garçons et filles.

Selon les statistiques gouvernementales, cet écart serait d'environ 8 points : 21,9 % des garçons quittent le secondaire public sans diplôme, contre 13,9 % de filles.

Des recherches ont démontré que cet écart fait en sorte que les recherches sur le sujet s'attardent davantage aux garçons, plus souvent touchés par le phénomène.

On sait par ailleurs que si les garçons décrochent davantage, ils sont aussi plus nombreux que les filles à raccrocher, ces dernières, dans bien des cas, ayant quitté l'école en raison d'une grossesse.