Dominique Anglade

Chefferie du Parti libéral : Anglade « pourrait être intéressée »

SHERBROOKE — Dominique Anglade « pourrait être intéressée » à la chefferie du Parti libéral. La porte-parole de l’opposition officielle en matière d’économie et d’immigration a confirmé son intérêt lors de sa visite, mardi, à Sherbrooke. Une visite qui avait pour objectifs de rencontrer les militants de son parti, mais aussi les gens d’affaires et les organismes communautaires accueillant les nouveaux arrivants pour discuter de pénurie de main-d’œuvre et de « l’absurdité et l’illogisme » de diminuer le seuil d’immigration.

« Oui, ça pourrait m’intéresser. Au-delà de dire je veux être chef du Parti libéral, il faut pouvoir articuler une vision. Il faut pouvoir proposer quelque chose d’emballant, de stimulant. Et je pense que c’est d’abord là-dessus qu’il faut travailler. La priorité est de se connecter avec les militants et de rebâtir nos différentes organisations. Après, on verra », a spécifié la députée de Saint-Henri–Sainte-Anne.

Les militants libéraux de Sherbrooke avaient tenté d’expliquer à l’ancienne ministre, lors d’un dîner, les éléments qui avaient mené à la défaite du parti en octobre. « Ils sont d’accord sur le fait qu’on a manqué d’écoute. C’est fondamental de se reconnecter avec les militants et d’être davantage à l’écoute. Pour mieux agir ensuite », a noté Mme Anglade, ajoutant qu’il y avait aussi eu des lacunes au niveau de la communication.

« On n’a pas assez bien expliqué nos différents projets, a enchaîné l’ancien ministre Luc Fortin, qui accompagnait Mme Anglade lors d’une entrevue dans les locaux de La Tribune. On nous a aussi reproché d’avoir procédé à la rigueur (budgétaire) en début de mandat puis d’avoir procédé à des réinvestissements par la suite, une décision qui a pu engendrer du cynisme. Finalement, on nous a mentionné qu’en matière d’environnement, sujet important pour les jeunes notamment, on avait quasiment esquivé nous-mêmes la question alors qu’on n’avait pas à être gênés de ce qu’on avait fait. »

Immigration et pénurie de main-d’œuvre

« C’est absurde et illogique de proposer une réduction du seuil d’immigration. On déplace ainsi le débat à la mauvaise place. Ce que les entreprises nous disent, c’est qu’on a besoin de plus de francisation, plus d’intégration, plus de monde de façon générale pour améliorer toute la situation de la pénurie de main-d’œuvre. Jamais le Québec n’a atteint un sommet aussi élevé avec plus de 117 000 postes à pourboire vacants », a mentionné Mme Anglade, ajoutant que d’un point de vue économique, ces postes vacants amènent des incertitudes.

« Les gens se demandent s’ils seront en mesure d’investir, de créer des entreprises et de les maintenir dans la région. Alexandre Cusson (maire de Drummondville) disait récemment qu’une entreprise qui devait s’installer chez lui avait changé d’idée et qu’il avait été soulagé! Quand j’entends ça, j’ai envie de pleurer. C’est notre croissance économique et notre capacité d’innover qui sont en jeu », a raconté l’ancienne ministre, ajoutant que la réduction du seuil d’immigration envoie un mauvais message à l’étranger.

« Les investisseurs basent leur décision sur trois éléments. L’accès au marché, les coûts de production et, surtout, l’accès à de la main-d’œuvre », mentionne-t-elle ajoutant que l’argument de la CAQ voulant que le taux de rétention des immigrants soit trop bas est faux puisque le taux de rétention est de 84 pour cent après cinq ans au Québec alors que la meilleure province est l’Ontario avec un taux de 90 pour cent. « On peut toujours s’améliorer, mais on n’est pas si mal », conclut-elle.

Sinon, Mme Anglade dit s’habituer à ses nouvelles fonctions. « Je ne savais pas à quoi m’attendre. Je n’avais jamais été dans l’opposition. Mais j’aime apprendre et j’apprends plein de choses. Maintenant, je pose les questions au lieu d’y répondre et il y a une nouvelle dynamique avec un caucus restreint », résume-t-elle.

Retour au travail imminent pour Luc Fortin

Après un automne à recharger ses batteries, passer du temps en famille et voyager, Luc Fortin prépare son retour sur le marché du travail.

« J’ai reçu plusieurs propositions et certaines d’entre elles méritent que j’y réfléchisse. C’est ce que je ferai dans le temps des Fêtes », a souligné l’ancien député libéral de Sherbrooke, ajoutant qu’une candidature aux prochaines élections fédérales n’est toujours pas une option, tel qu’il l’avait déclaré au lendemain des dernières élections provinciales.

Par contre, un emploi au Parti libéral du Québec est une possibilité. « Quelle que soit ma décision, je demeurerai à Sherbrooke avec ma famille, c’est certain. Mais je pourrais être sur la route. C’est une option », précise le père de famille de quatre jeunes enfants.

« Une chose est certaine, mes valeurs sont profondément libérales », ajoute celui qui milite pour le PLQ depuis 1998.

M. Fortin, qui avait organisé la visite de Dominique Anglade dans la région afin que les militants demeurent en contact avec l’aile parlementaire, devrait répéter l’exercice avec d’autres élus du PLQ.

Au sujet de la possible candidature de Mme Anglade à la chefferie du parti, Luc Fortin affirme qu’elle serait « une excellente candidate comme d’autres pourraient aussi l’être » et qu’il est trop tôt pour qu’il donne son appui à qui que ce soit.