Pierre Avard

Centre de foires: Avard déplore des chiffres tape-à-l'œil

«C'est un peu aberrant qu'on nous fasse croire que ça va bien au Centre de foires avec des chiffres qui ont été boostés. C'est du tape-à-l'œil.» Le conseiller Pierre Avard vole en appui à son collègue Pierre Tremblay pour demander une révision du modèle d'affaires du Centre de foires.

M. Avard estime qu'il est clair que la grande majorité des activités tenues au Centre de foires sont de nature «essentiellement locale» et que le bâtiment ne remplit pas son rôle de produire des retombées pour l'ensemble de la région.

Dans son rapport d'activités, Destination Sherbrooke indiquait que le Centre de foires comptait 252 jours d'activités en 2017, ce qui comptait non seulement les salons et événements, mais aussi les jours de montage et de démontage. Selon M. Avard, les jours où se sont tenues des activités se limitent à 173. «On oublie de mentionner que les 173 jours incluent 54 jours de location à Statistique Canada et huit jours pour les élections. En fait, à peine 42 jours sont réellement utilisés pour des expositions ou des foires si on exclut les mégaventes automobiles.»

Pierre Avard trouve inconcevable qu'on comptabilise les jours de démontage. «Ces délais ont l'air élastiques et on les comptabilise comme des jours d'activités.»

Le conseiller relève que la location à Statistique Canada rapporte moins que celle d'autres salons. «Curieusement, ça arrive une année après que tout le monde se soit dit déçu du nombre de jours d'activités au Centre de foires. Même le maire était inquiet et en avait fait un enjeu électoral.»

Il décoche du même coup une flèche à la présidente de Destination Sherbrooke, Annie Godbout, qui a défendu le bilan du Centre de foires en début de semaine. «Quand des gens deviennent responsables d'un dossier, ils en deviennent tout de suite les défenseurs. Ça n'empêche pas qu'on pourrait apporter des améliorations.»

Paul Beaudoin, directeur du Centre de foires et des opérations pour Destination Sherbrooke, s'explique mal cette sortie des élus. «Quand on veut tuer son chien, on l'accuse d'avoir la rage. J'ai de la misère à saisir l'agenda caché parce que le Centre de foires génère une activité économique importante.» Les revenus de 2017 s'élèvent à 1 075 700 $.

Paul Beaudoin ajoute qu'un montant est réclamé aux promoteurs des salons pour les jours de montage et de démontage, des sommes qui n'équivalent pas à une pleine journée de location. «Il n'y a pas de perte d'utilisation liée au montage ou au démontage. Si un autre salon s'en vient, le démontage se fait de nuit.»

Quant à Statistique Canada, qui réalisait une étude portant sur la santé, sa location coûtait moins cher parce que l'organisation n'utilisait que le stationnement. «Ils avaient leurs propres roulottes. Nous avons même tenu un autre événement à l'intérieur en même temps.»

Les jours de location des deux clients sont comptés séparément, donc s'additionnent. «Tous les locateurs font ça. À Québec, ils ont 475 jours d'utilisation par année.»