Steve Lussier

Cannabis: Sherbrooke n’est pas encore prête à imiter St-Jérôme

Il est encore trop tôt pour dire si Sherbrooke entend imiter Saint-Jérôme dans sa démarche visant à interdire la consommation de cannabis dans les endroits publics. Mais le maire Steve Lussier promet que « tout sera mis en œuvre » afin que le conseil municipal puisse prendre « les bonnes décisions » dans ce dossier.

Cela dit, le maire Lussier déplore qu’à moins de six mois de l’entrée en vigueur de la loi sur le cannabis, les municipalités ne soient toujours pas suffisamment informées des conséquences que risque d’entraîner la consommation de cette substance, notamment sur la santé et la sécurité des citoyens.

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Vers une réglementation municipale

« Actuellement, on dispose de très peu d’informations, ne serait-ce que sur les effets secondaires du cannabis, précise-t-il. Mais ce que je comprends, c’est qu’ultimement, ce sont les villes qui vont être responsables. Et ça, c’est le bout qui me fatigue… »

M. Lussier se dit préoccupé par le fait qu’aucune redevance ne semble prévue jusqu’à présent envers les villes qui auront à assumer les risques inhérents à la consommation du cannabis. « Il faut comprendre que ça va coûter plus cher pour la police. Non pas nécessairement en termes de de salaires, mais assurément en termes d’effectifs, s’il y a lieu. »

Le maire dit avoir partagé ses « inquiétudes » à ce sujet avec le directeur du Service de police de Sherbrooke (SPS), Dany McConnell, ainsi qu’avec la députée de Compton-Stanstead et ministre fédérale Marie-Claude Bibeau.

À ce chapitre, M. Lussier dit fonder beaucoup d’espoir sur le comité piloté par la direction régionale de la Santé publique qui doit se pencher sur la question à compter du mois de février. « Je sais que nous aurons un policier du Service de police qui sera délégué au sein de ce comité. Je suis en contact direct avec M. McConnell dans ce dossier-là. J’espère qu’on aura plus d’informations à ce moment-là, parce qu’actuellement, ce n’est vraiment pas le cas… »

Le maire de Granby, Pascal Bonin, s’est prononcé contre la légalisation du cannabis lors du volet Citoyens de la consultation publique pour l’encadrement du cannabis, en septembre dernier.

Dur à appliquer, croit le maire de Granby

Si le maire de Saint-Jérôme aimerait pouvoir interdire la consommation de cannabis dans les lieux publics de sa municipalité, le maire de Granby, Pascal Bonin, croit pour sa part qu’une telle réglementation serait très difficile à appliquer.

« Avez-vous pensé la responsabilité qu’on donnerait aux villes et le capharnaüm que ça serait dans les événements ? À un moment donné, si tu légalises, tu légalises, point. Je trouve qu’il est tard pour sonner les clochettes », a affirmé mercredi le maire Bonin en réaction aux propos de son homologue de Saint-Jérôme.

Stéphane Maher a affirmé à Radio-Canada qu’il aimerait instaurer une interdiction étendue dans les endroits publics, alors que le Québec se prépare à ce que la marijuana soit légale. Il a entre autres dit craindre ce qui pourrait arriver lors de festivals. « Est-ce qu’on va autoriser des dizaines de personnes à s’allumer un gros pétard ? Je pense qu’on n’est pas rendus là encore », a dit le maire.

« Dans les aires publiques extérieures, le contrôle m’apparaît excessivement difficile, fait toutefois valoir Pascal Bonin. En plus, si c’est pour contrôler quelque chose qui va être devenu légal. Il fallait réfléchir à ça avant. »

Le maire de Granby rappelle qu’il a été un des rares maires à se prononcer haut et fort contre la légalisation de la marijuana, entre autres lors du volet Citoyens de la consultation publique pour l’encadrement du cannabis, en septembre dernier. « J’ai toujours dit que l’usage du cannabis récréationnel, ça ne me rentre pas dans la tête. En partant, pour moi, récréation et cannabis ne vont pas ensemble », dit celui qui, sobre depuis 11 ans, n’a jamais fait de cachette sur son passé d’ex-alcoolique et ex-toxicomane.