Évelyne Beaudin

Cabinets d'opposition : Beaudin veut clarifier les lois municipales

La conseillère Évelyne Beaudin poursuit ses démarches afin de bonifier certains articles de loi du ministère des Affaires municipales. Elle souhaite que les fonctions et droits des différents groupes politiques présents dans les Hôtels de Ville soient précisés, notamment le rôle des cabinets d’opposition. Présentement, toutes les décisions reviennent aux maires et Mme Beaudin considère qu’il s’agit d’un « enjeu de démocratie et de crédibilité du monde municipal ».

Mme Beaudin a rencontré jeudi dernier le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) Alexandre Cusson afin d’obtenir son appui dans les principales demandes qu’elles souhaitent faire au ministère.

« C’est principalement de rendre le principe de colistier officiel à travers tout le Québec. On demandait aussi de l’autonomie dans notre gestion budgétaire et d’avoir certaines modifications dans la loi pour avoir une équité entre le personnel du maire et celui de l’opposition », précise-t-elle.

Elle était accompagnée des chefs de l’opposition de Laval et Terrebonne, Michel Trottier et Marc-André Michaud.

« On est quand même huit oppositions à travailler ensemble dans cinq grandes villes pour réclamer des améliorations au niveau du système démocratique municipal, pour que les oppositions puissent jouer leur rôle correctement », ajoute Mme Beaudin.

Le président de l’UMQ s’est montré ouvert aux propos des élus, selon Mme Beaudin, mais devait rester neutre par rapport aux acteurs en poste. Mme Beaudin se dit satisfaite de l’écoute et de la compréhension démontrées. La prochaine étape pour elle et son équipe sera de rencontrer la ministre des Affaires municipales Andrée Laforest. Une demande a été envoyée à son cabinet.

« Notre plus grosse demande à Sherbrooke, c’est que le personnel politique puisse avoir accès à tout ce que les élus ont accès. Le personnel du maire, lui, a accès à tout. Il y a un traitement inégal. En ce moment tout est laissé à la discrétion du maire, il faut faire approuver toute la mécanique. C’est un peu comme si le Parti libéral et le Parti québécois s’adressaient à la CAQ pour savoir comment ils vont remplir leur rôle. »

L’UMQ est présentement en démarches pour changer la date des élections municipales. Il y a un désir de tenir le vote au printemps plutôt que le premier dimanche de novembre afin de laisser plus de temps aux élus qui arrivent en poste avant l’élaboration des budgets de l’année suivante. Mme Beaudin espère profiter de cette modification-là pour rectifier le manque de clarté par rapport au rôle de l’opposition officielle et des droits qu’elle possède.

Un rôle encore à clarifier

La conseillère de Sherbrooke citoyen est chef de l’opposition désignée au conseil municipal. Cette position l’a amenée à contredire à maintes reprises les décisions du maire et du comité exécutif, ce qui lui a valu plusieurs accrochages avec ses collègues, dont certains ont même exprimé le désir de l’exclure des réunions à huis clos.

« Je sens effectivement que pour la population, c’est un peu plus clair le rôle que j’ai à jouer. Ils m’ont vue aller depuis un an et ils comprennent la pertinence de mes interventions et l’importance d’avoir des contrepoids par rapport aux opinions qui sont exprimées par le comité exécutif et le maire. Je dirais que le travail qui reste à faire est surtout à l’interne, on est souvent entravés dans notre travail de différentes façons, tout devient un peu une bataille, que ce soit l’idée d’obtenir une carte d’affaires pour mon personnel politique, que ce soit d’obtenir un local adéquat pour travailler », exprime la conseillère du district du Carrefour.