Le maire Steve Lussier se montre surpris que la somme budgétée soit semblable à celle qui apparaissait au budget de Bernard Sévigny en 2017 (597 800 $). « Il avait une employée de plus et j’ai moins voyagé que lui. J’ai assurément moins de déplacements que M. Sévigny. Je ne suis pas la personne la plus dépensière. Je ne vais pas dans les gros restaurants. »

Cabinet du maire : 35 000 $ de plus en salaires

SHERBROOKE — Le cabinet du maire coûtera 35 000 $ de plus en salaires en 2019, selon des documents obtenus par La Tribune en vertu de la Loi d’accès à l’information. La différence s’explique principalement par l’embauche d’employés au cours de l’année qui se termine. Ceux-ci n’ont donc pas été payés pour 12 mois en 2018. S’ajoutent aussi des augmentations de salaire de 2 % et des changements d’échelon.

Les salaires seuls auront coûté 303 461 $ aux contribuables en 2018. Ce montant grimpe à 338 078 $ en 2019 en tenant compte d’une augmentation générale de 2 % et du changement d’échelon des employés concernés. Pour 2019, le contrat de la directrice de cabinet prévoit un salaire de 119 742 $ alors que l’attaché politique touchera 94 341 $. Il faut aussi prévoir 59 187 $ pour une secrétaire politique, 40 147 $ pour une attachée politique et 24 661 $ pour une agente de recherche embauchée pour remplacer un congé de maternité.

En 2018, le montant budgété pour le cabinet du maire s’élève à 596 750 $. Cette somme inclut 570 500 $ pour les salaires des employés du cabinet, leurs bénéfices marginaux, de même qu’une provision pour allocation de départ, un montant qui n’est versé qu’en cas de départ. Le budget inclut également des frais de déplacement et de perfectionnement (23 650 $) et un montant sous le libellé « autres dépenses » (2600 $). À noter qu’il s’agit d’une somme budgétée et non d’une somme dépensée.

En fonction du budget total de la Ville, le budget maximal auquel Steve Lussier avait droit pour constituer son cabinet était fixé à 684 000 $. (voir encadré)

Dans l’eau chaude

Le budget total du cabinet de la mairie pour 2019 n’est pas encore établi. Les règles édictées pour la composition de cabinets placeraient toutefois le maire Steve Lussier dans l’eau chaude si le conseiller Vincent Boutin imitait sa collègue Évelyne Beaudin et exigeait à son tour de constituer un cabinet d’opposition. En pareilles circonstances, en 2018, M. Lussier aurait dû se serrer la ceinture puisque la somme maximale qu’il aurait pu utiliser pour son cabinet aurait plafonné à 513 000 $.

« On verrait ce qu’on ferait. Ce serait assez problématique. Il faudrait demander des budgets additionnels. C’est quand même le bureau de la mairie. Ensuite, ce serait à la population de parler. Eux autres ont droit à un budget de parti, pas moi. Tout ce à quoi ils ont droit, c’est pour une personne. C’est inconcevable. On demanderait une équité au conseil », commente le maire Steve Lussier.

Vincent Boutin n’a toutefois pas l’intention de se composer un cabinet en 2019.

Steve Lussier compte par ailleurs poursuivre ses pressions pour faire changer la loi qui avantage les partis politiques municipaux. « J’en ai parlé à l’Union des municipalités du Québec. Ceux qui n’ont pas de parti sont d’accord avec moi. »

Quant à son propre cabinet, Steve Lussier se montre surpris que la somme budgétée soit semblable à celle qui apparaissait au budget de Bernard Sévigny en 2017 (597 800 $). « Il avait une employée de plus et j’ai moins voyagé que lui. J’ai assurément moins de déplacements que M. Sévigny. Je ne suis pas la personne la plus dépensière. Je ne vais pas dans les gros restaurants. »

Pour l’année qui s’amorcera bientôt, M. Lussier ne compte pas augmenter ses dépenses. « Si je prenais plus de budget, ce serait parce qu’un projet majeur nécessiterait une embauche. Mais nous n’en sommes pas là. Quant aux augmentations de salaire, elles sont calquées sur le coût de la vie. Je n’ai pas changé les contrats des employés qui étaient déjà là. »

Deux employées du cabinet occupent les mêmes fonctions que sous l’administration Sévigny. « J’ai donc économisé sur les frais de formation. »

À noter que les conseillers disposent tous d’un budget de recherche et de secrétariat de 20 497 $.

En 2018, Évelyne Beaudin avait réclamé 160 000 $ des crédits disponibles pour les cabinets, soit environ 50 % de la somme qu’elle était en droit d’exiger.

Beaudin se targue de coûter moins cher

La conseillère de l’opposition désignée, Évelyne Beaudin, persiste et signe : son cabinet coûte moins cher que celui du maire et il produit de meilleurs résultats. En 2018, Mme Beaudin avait réclamé 160 000 $ des crédits disponibles pour les cabinets, soit environ 50 % de la somme qu’elle était en droit d’exiger (342 000 $). Elle compte garder le même ratio pour 2019.

Au budget 2019, il faut prévoir des dépenses de 61 200 $ pour son chef de cabinet et de 51 000 $ pour son attaché politique. S’ajoutent des bénéfices marginaux et avantages sociaux. Les autres fonds engagés servent à l’acquisition d’articles de bureau, à l’embauche de stagiaires et à l’embauche d’une comptable qui gère les payes. Comme pour le cabinet du maire, Mme Beaudin n’est pas dans l’obligation de dépenser l’ensemble des sommes budgétées.

En 2018, en salaires, en incluant les charges sociales, Sherbrooke Citoyen a dépensé 137 500 $.

« J’ai fait le choix de ne pas faire affaire avec la Ville pour la gestion de la rémunération du cabinet, ce qui me permet d’offrir des salaires inférieurs à ceux que donnerait la Ville. Je suis partie avec le principe d’offrir des salaires semblables au mien », raconte Mme Beaudin.

Si la Ville avait géré la rémunération des employés du cabinet, leurs salaires auraient alors été basés sur la charte de la Ville et auraient été plus élevés, avance-t-elle.

« L’attaché politique du maire coûte 150 % plus cher que le mien. Il faut voir s’il vaut 150 % en services rendus à la population. Quand je regarde le bilan du maire et le nôtre, je constate que nous avons été extrêmement productifs alors qu’eux ont encore du travail à faire. Si le maire n’avait pas voulu de cabinet de l’opposition, il n’était pas obligé de se constituer un cabinet. Il n’avait qu’à prêcher par l’exemple. Quand le maire se dote d’employés politiques, la loi prévoit que l’opposition peut le faire aussi.

« Ça coûte cher aux citoyens d’avoir un maire qui forme un cabinet politique qui ne livre pas la marchandise. Si le maire mettait ses efforts ailleurs qu’à faire de la désinformation sur le coût de mon cabinet, nous pourrions travailler sur des dossiers plus importants comme Valoris et Récup Estrie. Nous, nous sommes obligés de nous défendre et de perdre notre temps à expliquer que ce qu’il dit n’est pas vrai. Pourquoi le maire a besoin de quatre fois plus d’argent que l’opposition pour faire le travail que son cabinet fait? Il faudrait une analyse du coût par rapport aux bénéfices. »

Enfin, Évelyne Beaudin compte faire état des entraves que vivent les oppositions du Québec lors d’une rencontre avec la ministre des Affaires municipales.