La conseillère Évelyne Beaudin a continué de plaider pour que les terrains entourant l’ancien bunker des Hells Angels soient achetés par la Ville de Sherbrooke.
La conseillère Évelyne Beaudin a continué de plaider pour que les terrains entourant l’ancien bunker des Hells Angels soient achetés par la Ville de Sherbrooke.

Bunker des Hells Angels : Beaudin invite Lussier au dialogue

La conseillère Évelyne Beaudin déplore le ton qu’a pris le débat entourant l’avenir du bunker des Hells Angels, dans le district de Lennoxville. Elle invite le maire Steve Lussier à ne pas rejeter d’emblée la possibilité d’acheter les terrains pour en faire une zone protégée. La présidente du conseil, Nicole Bergeron, a invité ses collègues à ne pas commenter le dossier tant que le conseil n’en serait pas saisi.

Mme Beaudin a fait son intervention lors de la période de messages des élus, au conseil municipal de mardi. 

« Le débat s’est répandu comme une traînée de poudre et a pris une proportion démesurée. Je trouve dommage la tournure que ç’a pris. Mon seul souhait, c’est que comme conseil municipal, nous fassions bien les choses. 

« J’aimerais qu’on retienne qu’il y a là de magnifiques terrains boisés qui sont stratégiquement situés pour le développement de notre ville. Il faut tout faire pour qu’ils ne nous glissent pas entre les doigts. C’est ça le plus important. » Mme Beaudin reconnaît que le maire s’est opposé à tout projet de recyclage du bâtiment. « Mais j’espère que vous ne vous opposez pas à tout projet collectif sur ces terrains. Vous semblez même vous opposer à l’idée qu’on en discute entre élus de façon plus générale pour l’avenir de ces propriétés. »

Elle rappelle qu’elle souhaite un débat municipal avant que le DPCP décide de vendre les terrains à quelqu’un d’autre que la Ville. « À ce que je comprends, la moitié du montant est dû à la Ville. Donc, ça ne nous coûterait vraiment pas très cher d’en faire l’acquisition. C’est 120 000 m2 carrés pour une valeur de seulement 147 000 $ au rôle d’évaluation. On vient de payer 1,8 M$ pour 40 000 m2 derrière le couvent des Petites Sœurs. Si la Ville achetait le terrain, elle pourrait payer 12 fois moins cher pour trois fois plus de terrain. »

Chantal L’Espérance a rapidement fait allusion à l’importance d’entendre tous les points de vue dans les grands projets de la Ville, citant entre autres l’avenir de l’ancien bunker des Hells Angels. Le conseiller de Lennoxville, Claude Charron, a précisé que « quand [le dossier] arrivera dans notre cour, on fera une décision en groupe ».

Nicole Bergeron a invité ses collègues à la prudence. « Je vous inviterais à ne pas commenter sur la place publique un dossier pour lequel nous n’avons pas encore tous les tenants et aboutissants du Service des affaires juridiques, pour que nous puissions d’abord en discuter entre nous et voir les options qui s’offriront à nous. »

Le maire Steve Lussier, qui a affirmé vouloir une démolition rapide du bâtiment au toit rouge, a rappelé qu’il s’agissait de sa propre opinion. « À titre de maire, ça allait à l’encontre de mes valeurs. Ce symbole qui est dans le paysage sherbrookois doit disparaître le plus rapidement possible. Je l’ai déjà mentionné, je n’ai pas de problème à ce qu’on discute du terrain quand ce sera amené au conseil municipal. Mais nous ne sommes pas propriétaires pour le moment. 

« Nos finances actuelles sont très précaires. Il faudra trouver des solutions. Mme Beaudin, si vous connaissez des gens qui veulent le financer, c’est une chose, mais pour nous, ce sera amené au niveau de la Ville et on verra. »