La députée de Compton-Stanstead et ministre du Développement international Marie-Claude Bibeau s’est livré mercredi à un exercice de consultation prébudgétaire dans sa circonscription. Une cinquantaine de personnes ont participé et 19 mémoires et documents de réflexion ont été déposés.

Budget fédéral : la région présente ses demandes

Une cinquantaine d’intervenants de la région ont présenté leur liste de souhaits à la députée libérale de Compton-Stanstead Marie-Claude Bibeau, mercredi, à quelques semaines du dépôt du prochain budget fédéral.

Il s’agissait de la troisième édition de cette consultation prébudgétaire amorcée à la fin novembre au pays par le ministre des Finances, Bill Morneau.

« Le municipal était bien représenté, l’agriculture, le côté social, les logements sociaux, l’immigration, une belle variété de participants qui avaient des demandes et aussi des propositions constructives et innovantes à nous faire », a résumé la députée et ministre du Développement international.

Parmi ces demandes, il a été beaucoup question des enjeux liés aux aînés et au vieillissement de la population, à la pénurie de main-d’œuvre, à la vitalité rurale et à l’aéroport de Sherbrooke (voir autre texte). 

Des organisations communautaires sont venues réclamer un meilleur financement, une stratégie sur le logement social mieux collée à la réalité et le maintien du programme d’Emploi été Canada, entre autres. 

Le Carrefour de solidarité internationale, qui avait à la faveur de cet exercice un accès direct à « sa » ministre, a plaidé pour augmenter l’aide publique au développement international et pour mettre l’emphase sur les programmes qui contribuent à l’éducation à la citoyenneté mondiale.

La Ville de Sherbrooke, par la voix de sa présidente du comité exécutif Nicole Bergeron, a fait valoir que la légalisation du cannabis, qu’on soit d’accord ou non, entraînera assurément des impacts économiques et sociaux pour les municipalités et que le gouvernement fédéral devra en tenir compte. Sherbrooke, a-t-elle souligné, a d’ailleurs haussé le budget de son service de police en 2019 et attitré cinq policiers à l’Équipe mobile d’interventions psychosociales qui a été rendue permanente.

La ministre Bibeau, qui s’est retenue de commenter chaque demande pour éviter d’alourdir l’exercice qui aura néanmoins duré une bonne heure et demie, s’est engagée à préparer un rapport complet pour le ministre Morneau et des rapports ciblés pour les différents ministères concernés.

« La connectivité rurale au niveau de l’internet et du cellulaire demeure une priorité majeure, entrevoit-elle déjà. Et pour la pénurie de main-d’œuvre, différentes solutions ont été amenées entre autres avec l’immigration, les personnes aînées et les coopératives d’employeurs. »

La ministre convient qu’il s’agit d’une longue liste de souhaits, mais estime que son gouvernement va dans la bonne direction.

« Ces consultations, a-t-elle ajouté, ça rapporte beaucoup, dans le sens qu’on doit rester sensible à la réalité de nos communautés. Je me fais une fierté d’être une ministre qui vient d’une région, d’une municipalité moyenne, mais il y a aussi 35 municipalités rurales dans le comté de Compton-Stanstead alors c’est important d’avoir cette voix-là au caucus national et au cabinet des ministres. »

Aéroport : à la région de jouer

Interpellée à trois reprises dans le dossier de l’aéroport de Sherbrooke lors de la consultation prébudgétaire qu’elle menait mercredi dans sa circonscription de Compton-Stanstead, la ministre Marie-Claude Bibeau a de nouveau retourné la région à ses devoirs.

« Je fais partie des très convaincus qu’on a besoin d’un aéroport à Sherbrooke pour offrir des vols commerciaux. La démonstration a été faite », a-t-elle répliqué après que le maire de Sherbrooke Steve Lussier, le directeur du cabinet du recteur de l’Université de Sherbrooke Jacques Viens et le président de la Chambre de commerce de Sherbrooke Claude Denis eurent tour à tour soulevé le dossier. 

« Maintenant, l’aéroport, c’est un outil de développement économique et il faut qu’au niveau non seulement de la Ville, qui est propriétaire, mais aussi des sept MRC de l’Estrie, il y ait une mobilisation et qu’on a fait nos devoirs comme région. »

La ministre a répété qu’aussitôt qu’une entente aura été signée avec une compagnie aérienne pour assurer des vols réguliers, les services de sécurité aéroportuaire pourront être mis en place rapidement.

« Aujourd’hui, il n’y a pas de blocage, martèle-t-elle. On a l’assurance, écrit noir sur blanc, qu’on va avoir les services de sécurité aéroportuaire si on a cette entente signée avec une compagnie commerciale. C’est vrai que ce n’est pas ce que j’appelle le plan A, d’être désignée comme les 89 autres [...] C’est sûr qu’il y a un risque, mais on ne peut pas gérer un aéroport comme on gère un camping ou un dépanneur. C’est un outil de développement économique, ça crée des emplois dans notre région, ça génère de l’économie. Donc la région doit être prête elle aussi à considérer sa contribution. »

La ministre a demandé au maire Lussier de déposer le plan d’affaires qu’il évoquait en campagne électorale et a invité la région à se mobiliser.

« Je ne peux pas être plus convaincue, mais la balle est définitivement dans le camp de la région pour que ça lève. »