Le conseiller Rémi Demers a déploré l’absence d’investissement dans les infrastructures récréotouristiques. « Ça ne s’est pas fait depuis l’époque de Cité des rivières en 2001 », a-t-il commenté.

Budget en immobilisation de la Ville : Rémi Demers déçu

SHERBROOKE — Si la majorité des conseillers semblaient satisfaits du budget 2019 des immobilisations adopté vendredi, Rémi Demers exprimait quant à lui une grande déception face à l’absence d’investissement dans les infrastructures récréotouristiques de la Ville.

Le conseiller du district de l’Hôtel-Dieu a finalement donné son appui au budget, mais « avec un goût sûr dans le fond de la gorge ».

« Le budget est globalement intéressant. (...) Là où c’est beaucoup plus sombre, c’est à la page 24 du document : la seule page blanche du document avec 0 $, et j’ai bien dit 0 $, d’investissement dans nos infrastructures récréotouristiques. Ça ne s’est pas fait depuis l’époque de Cité des rivières en 2001 », a souligné M. Demers, au moment de l’adoption du budget triennal.

« Mais il y a pire. Le pire c’est qu’on a retiré la totalité des montants pour nos Parcs Nature. On a ajouté un maigre 100 000 $ pour les groupes, mais on a retiré un 550 000 $ qui avait été très, très dur à aller chercher quand j’étais président de Destination Sherbrooke. Et dans un claquement de doigts, on a fait disparaitre 550 000 $ », a-t-il poursuivi, en soulignant que le secteur récréotouristique génère des retombées annuelles de 188 M$ par année et est lié à 3800 emplois directs et indirects.

Annie Godbout, actuelle présidente de Destination Sherbrooke (DS), a répliqué à Rémi Demers que les projets majeurs dans les cartons de DS ne sont malgré tout pas relégués aux oubliettes.

« Je crois qu’il faut bien analyser ces dossiers-là. Il faut prendre le temps de faire cet exercice. Il s’agit de projets majeurs pour Sherbrooke et on doit les concrétiser en bénéficiant d’aides financières des différents gouvernements. Bien évidemment, ils ne sont pas abandonnés pour autant, mais on voulait changer nos façons de faire. Au lieu de mettre en réserve année après année des montants pour réaliser ces projets, il s’agit de les réaliser de façon plus rapide avec des investissements structurants au moment que l’on désire les réaliser », a-t-elle justifié.

Un budget positif

Visiblement satisfait du travail effectué par le conseil municipal, le maire Steve Lussier qualifiait le budget d’audacieux et de visionnaire. Surtout, « il tient compte de la capacité de payer des citoyens ».

L’ensemble des conseillers ont voté pour le budget.

 « Pour avoir participé à plus de 17 budgets, je pense qu’il a été le plus intéressant et le plus participatif », a commenté Marc Denault.

Annie Godbout s’est réjouie des investissements de 400 000 $ dans l’éclairage de rue et de la poursuite des travaux du boulevard René-Lévesque.

Chantale L’Espérance soutient que le budget adopté vendredi arrive à un point d’équilibre entre le développement et le maintien des infrastructures municipales.

Pierre Avard et Pierre Tremblay ont salué la nouvelle façon de procéder dans l’élaboration du budget, soit en divisant l’exercice en deux. Les deux conseillers ont également exprimé une volonté d’augmenter les budgets liés à l’éclairage de rue.

Paul Gingues a plaidé pour une révision du mandat des paramunicipaux en lien avec l’intervention de Rémi Demers au sujet de Destination Sherbrooke.

La conseillère d’Ascot, Karine Godbout, s’est réjouie du budget lié à l’environnement, tout en soulignant que l’on pourrait « toujours faire mieux ».

Évelyne Beaudin a exhorté ses collègues à augmenter les budgets alloués aux transports actifs dans les prochaines années.

Le conseiller du district des Quatre-Saisons a souligné les travaux d’urbanisation à venir sur le chemin Duplessis ainsi que la construction d’une piste multifonctionnelle sur la 12e Avenue. « Mais il faut garder un œil sur la dette et je crois que nous aurons un défi lorsque nous travaillerons sur le budget d’exploitation », a prévenu Vincent Boutin.

Pierre Avard et Pierre Tremblay ont salué la nouvelle façon de procéder dans l’élaboration du budget, soit en divisant l’exercice en deux. Annie Godbout s’est réjouie des investissements de 400 000 $ dans l’éclairage de rue et de la poursuite des travaux du boulevard René-Lévesque.

Une dette à surveiller et un meilleur suivi        

Le comité citoyen d’experts mis sur pied par Sherbrooke Citoyen exhorte le conseil municipal à se pencher plus sérieusement sur la dette et à publier des projections pour les prochaines années. Il demande également aux élus de mettre sur pied un mécanisme de suivi de budget.

Il s’agit de deux des quatre recommandations faites aux élus municipaux par Jalil Azzane, porte-parole du comité citoyen experts. Ce dernier a profité de la période des questions avant l’adoption du budget triennal des immobilisations 2019-2021 pour prendre la parole.

Les deux autres recommandations du comité sont les suivantes : ajuster le volume des investissements à la capacité de payer des citoyens, à la capacité de s’endetter de la ville et aussi à la capacité d’exécution de l’administration municipale; se pencher sur l’expérience actuelle de séparation du budget des immobilisations (BI) et du budget des opérations (BO) et fournir à la population une évaluation formelle du processus qui prendrait en considération la possibilité de devancer le vote sur le BO.

« À l’issue de nos travaux préliminaires sur le budget 2018, nous pensons premièrement qu’il est important de maîtriser la dette de la ville dans un contexte de surendettement en 2018 et où nous devons envisager des investissements lourds notamment dans l’entretien majeur des égouts et les routes » a fait valoir M. Azzane.

« Nous proposons que les élus participent au processus budgétaire d’une manière plus continue. L’administration devrait, selon nous, communiquer périodiquement (1 fois par trimestre) sur l’avancement de l’exécution du budget BI/BF et sur la dette qui a atteint un niveau préoccupant », a-t-il poursuivi, en soulignant que la création d’une commission des finances pourrait permettre de baliser les pratiques en la matière.

M. Azzane a terminé son intervention devant les élus en les invitant à se positionner prochainement sur les quatre recommandations faites par le comité.

Outre M. Azzane, le comité était formé de Julie Dionne et Ludovick Nadeau.