Le maire de Sherbrooke ,Steve Lussier, avec l’UMQ, fait des pressions auprès du gouvernement pour diversifier les revenus des municipalités.

Budget de fonctionnement 2019 : à la croisée des chemins, selon Lussier

Les municipalités sont à la croisée des chemins au moment de boucler leur budget 2019. À la sortie d’un exercice de deux jours à huis clos pour discuter du budget de fonctionnement, le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, estime que l’année qui vient sera cruciale pour l’obtention de nouvelles sources de revenus de la part du gouvernement. Il ne s’est pas commis sur la hausse de taxes que devront absorber les citoyens.

Ayant déjà dévoilé en octobre le budget d’immobilisation, qui porte principalement sur les projets de construction et d’investissements à long terme, les élus débattaient ce week-end des dépenses courantes. Celles-ci incluent les salaires des employés de la Ville, mais aussi une partie des dépenses de déneigement, de même que celles pour le logement social. Le budget de fonctionnement dicte du même coup le montant du compte de taxes.

Steve Lussier avait annoncé dès l’année dernière qu’il ne pourrait pas répéter le scénario d’un gel de taxes en 2019. L’indice du prix à la consommation (IPC) était l’objectif qu’il s’était fixé. « Il y a toujours la capacité de payer des citoyens. Il faut s’en tenir à ça. Nous sommes à la croisée des chemins dans plusieurs secteurs et les taux d’intérêt vont augmenter. C’est inquiétant. »

M. Lussier, avec l’UMQ, fait des pressions auprès du gouvernement pour diversifier les revenus des municipalités. « Pour l’instant, la taxation est notre seul mode de revenus. Comme nous ne connaissons pas les nouvelles sommes que le gouvernement pourrait nous verser, notamment avec le point de pourcentage de la TVQ, il faut être prudent. »

Si le maire vise l’IPC, il s’empresse de mentionner qu’il n’a rien promis en ce sens. Pourrait-il être tenté de limiter la hausse de taxes tout en majorant significativement les autres frais, comme ceux pour l’eau potable, l’assainissement des eaux et les fosses septiques ? « Il pourrait y avoir un rattrapage pour certains frais de service, mais nous regardons l’ensemble du portrait. »

Les réserves accumulées, qui fondent comme neige au soleil, soulevaient des inquiétudes chez les élus l’an dernier. « Nous essayons le plus possible de garder des sommes en réserve, mais nous sommes dans des années difficiles. Une chose est certaine, nous ne couperons pas dans les services. »

Il ajoute que la politique en matière de logement social s’inscrira dans la continuité. 

Steve Lussier estime avoir été à l’écoute de ses collègues pendant les délibérations. « On vise à obtenir l’appui de la majorité. »

Chez les élus, on s’entendait pour dire que l’ambiance de travail à huis clos était constructive. Annie Godbout se disait toujours en réflexion à savoir si elle appuiera le budget de fonctionnement. « Ça fait quatre ans que je dis que le processus d’analyse budgétaire ne me satisfait pas. Nous n’avons pas le temps d’avoir une perspective globale. Tout le monde a mis de l’eau dans son vin et je suis contente du travail que j’ai fait. Les autres années, on avait l’impression de pouvoir changer deux ou trois lignes dans le budget. Cette fois-ci, le budget appartient plus à tout le conseil municipal. Il y avait de l’espace pour proposer et argumenter. Chapeau là-dessus. »

Rémi Demers s’était montré inquiet l’an dernier par rapport aux surplus accumulés de moins en moins importants. « J’ai le même genre d’inquiétude cette année. Le défi n’est pas plus simple que l’an dernier. Il y avait des décisions difficiles à prendre. Le résultat auquel nous arriverons devrait être acceptable, mais il est vrai que le nouveau rôle d’évaluation fera des heureux et des malheureux. Nous avons peu de pouvoir là-dessus. »

Critique l’an dernier, Vincent Boutin se limite à dire que le lac-à-l’épaule s’est bien déroulé, qu’il était courtois et civilisé. Il garde le reste de ses commentaires pour le dévoilement du budget le 17 décembre.

Enfin, la chef de l’opposition désignée, Évelyne Beaudin, a senti qu’elle pouvait soumettre ses idées. « Certaines de mes suggestions ont été retenues, d’autres non. J’ai toujours l’impression que la parole de certains vaut plus que celle d’autres élus. Je ne suis pas rassurée à 100 % en ce qui concerne la précarité de nos finances. »

Mme Beaudin hésite à dire que la séparation des budgets d’immobilisation et de fonctionnement est réellement une bonne chose. « Parce que les immobilisations étaient déjà adoptées, nous avions certaines obligations dans le budget de fonctionnement. Peut-être que certains projets auraient été abordés différemment si nous avions considéré les deux budgets en même temps. Il faudra voir si nos services sont réellement capables de lancer des appels d’offres plus tôt. »

À tout le moins, la séparation des exercices aura permis de passer deux fins de semaine, plutôt qu’une, à l’élaboration du budget. 

Le budget de fonctionnement, donc l’ampleur de la hausse de taxes, sera connu au conseil municipal le 17 décembre prochain.