L’homme d’affaires et ancien conseiller municipal Bruno Vachon sera candidat pour la CAQ dans la circonscription de Sherbrooke, a annoncé lundi le chef du parti et député dans l’Assomption, François Legault.

Bruno Vachon se présente pour la CAQ

François Legault affirme qu’on le verra fréquemment en Estrie cet été, une région qui pourrait être décisive, selon lui, pour arriver à former un gouvernement caquiste. Dans la circonscription de Sherbrooke, le chef de la Coalition avenir Québec a décidé de miser sur l’ancien conseiller municipal Bruno Vachon.

« Tout comme moi, la CAQ est un parti proche des gens », a lancé Bruno Vachon, lundi, à l’annonce de sa candidature.

« C’est une personne qui a beaucoup d’expérience en affaires, a ajouté François Legault. Et on sait qu’il y a un grand défi, celui de mieux gérer au Québec. En plus, c’est quelqu’un qui a une expérience en politique, donc qui connaît bien les enjeux. Il est impliqué dans toutes sortes d’organismes et il connaît bien les enjeux des Sherbrookois. »

Le nouveau candidat dit constater de grands défis pour la circonscription de Sherbrooke également. « Le premier exemple qui me vient en tête, ce sont les services de santé. Il y a beaucoup de besoins à combler dans nos hôpitaux et dans nos CHSLD. Il faut être rassembleur et travailler avec tout le monde pour donner de meilleurs services. Nos aînés méritent mieux », avance-t-il.

La création de richesses représente le deuxième enjeu auquel il souhaite s’attarder. « Sherbrooke a un énorme potentiel, avec l’université, dit M. Vachon. On va mieux financer nos universités et nos collèges et on va travailler à mettre en place une véritable culture entrepreneuriale. »

Cette décision de s’engager en politique provinciale est « le résultat d’une longue réflexion, faite en famille », selon les mots de M. Vachon, qui est père de quatre enfants.

Avocat de formation et propriétaire de Décoration King, Bruno Vachon a été battu aux élections municipales après deux mandats à l’hôtel de ville, où il a été membre du comité exécutif et président de la Société de transport de Sherbrooke (STS).

M. Vachon a aussi été président du Comité du fonds de legs des Jeux du Canada et d’Excellence sportive Sherbrooke en plus d’avoir agi comme président d’honneur du Tournoi international bantam de Sherbrooke, de Naissance Renaissance et de la Fondation de l’École du Phare.

La victoire se jouerait en Estrie? 

En ce qui concerne la région, François Legault a le salaire moyen dans la mire, puisqu’il constate un écart à la baisse de 10 % entre celui de l’Estrie et celui du reste de la province.

Lors de l’annonce de la candidature de M. Vachon, M. Legault en a aussi profité pour mentionner ses plans de réduction de la taxe scolaire dans la région, taxe qui a augmenté de 72 % dans les cinq dernières années, a-t-il décrié. Avec l’harmonisation de la taxe scolaire par région, adoptée par le gouvernement libéral ce printemps, la région de Sherbrooke se retrouvera avec une taxe de 18 ¢ par tranche de 100 $ d’évaluations en 2018-2019, alors que M. Legault souhaiterait la faire descendre au niveau de celles des Laurentides, soit à 10 ¢ les 100 $ d’évaluations.

« Le prochain gouvernement pourrait se jouer ici, en Estrie », a déclaré M. Legault, pour qui la région représente « six comtés libéraux où c’est actuellement serré ».

L’identité de plusieurs candidats de la CAQ dans la région demeure encore inconnue. François Legault confirme qu’il annoncera dans les prochaines semaines qui portera les couleurs de son parti dans les circonscriptions d’Orford, de Brome-Missisquoi et de Mégantic.

Dans Saint-François et dans Richmond respectivement, Geneviève Hébert et André Bachand sont déjà connus comme les représentants de la CAQ.

Le choix de Legault déjà critiqué

L’ancien conseiller municipal et homme d’affaires Bruno Vachon vient à peine d’annoncer sa candidature pour la CAQ dans la circonscription de Sherbrooke que les attaques à son égard s’amorcent déjà.

Le candidat du Parti québécois dans la circonscription de Sherbrooke, Guillaume Rousseau, a réagi à cette annonce en soulignant qu’en 2016 et en 2017, Bruno Vachon aurait donné le maximum permis, soit 100 $, au Parti libéral du Québec.

« Tout le monde peut changer d’idée sur le long terme, mais de passer de quelqu’un qui donne le maximum au PLQ tellement il est content de sa politique pour ensuite devenir candidat pour un autre parti en quelques mois, ça porte à se questionner sur les convictions de M. Vachon. Évidemment, ce sont des convictions libérales », dit M. Rousseau.

De son côté, Bruno Vachon ne cache rien de ces dons, qui auraient été faits sous forme d’achat de billets de participation à des événements.

« La CAQ est justement un parti de coalition, donc de gens qui peuvent provenir du PQ ou du PLQ, répond M. Vachon. Je suis tout à fait en paix avec ma décision. Je n’ai jamais milité de façon très active pour le Parti libéral et je ne me sens pas imposteur en me présentant pour la CAQ. »

Christine Labrie, candidate pour Québec solidaire dans Sherbrooke, se dit extrêmement surprise que le choix se soit arrêté sur M. Vachon pour représenter la CAQ dans Sherbrooke.

« Ça montre qu’ils ne sont pas sur le terrain à Sherbrooke. Le rejet de M. Vachon avait été assez fort l’automne dernier », dit Mme Labrie, qui affirme que la défaite de M. Vachon aux élections municipales s’est expliquée par son manque d’écoute de la population.  

Rappelons que Bruno Vachon, alors membre du Renouveau sherbrookois, avait été défait avec 26,91 % des voix contre 63,92 % pour Annie Godbout. Les deux élus sortant s’affrontaient alors dans un district redécoupé.  

« Avec Québec solidaire, ça fait longtemps qu’on dénonce que le discours de changement de la CAQ est vraiment de la poudre aux yeux », lance Mme Labrie, qui voit la candidature de M. Vachon comme une confirmation de cette prise de position.

« M. Vachon n’est pas la personne qu’il nous faut pour relever les défis du 21e siècle », ajoute-t-elle.