Bonnardel dresse une liste de ses priorités pour l'Estrie

SHERBROOKE — François Bonnardel dit vouloir être « immensément présent » en tant que ministre responsable de l’Estrie. Il se dit « prêt à travailler » afin de faire avancer les dossiers régionaux « importants » que sont l’aéroport de Sherbrooke, la liaison ferroviaire Sherbrooke-Montréal, Valoris ainsi que la protection du lac Memphrémagog à l’égard du dépotoir de Coventry, au Vermont.

M. Bonnardel a qualifié ces dossiers d’« importants » pour la région au cours d’un point de presse tenu vendredi matin au terme du caucus des députés caquistes de l’Estrie, qui s’est déroulé à l’hôtel Delta. Il s’agissait du premier caucus réunissant les cinq députés caquistes de l’Estrie depuis l’élection générale du 1er octobre.  

Dès sa sortie du caucus, le député de Granby a voulu couper court aux inquiétudes exprimées par plusieurs acteurs socio-économiques de la région à l’effet que l’Estrie ne compte aucun ministre au sein du cabinet Legault en parlant d’une présence « physique » à Sherbrooke afin de lui relayer l’information

« Je sais que certains élus étaient inquiets au début de ne pas avoir de ministre présent à Sherbrooke. Il est important pour nous de dire aux gens de l’Estrie que nous serons présents, une présence physique, et d’être capable de faire avancer leurs dossiers comme ils le souhaitent », a souligné M. Bonnardel.

Pour ce faire, il a annoncé que le député de Richmond, André Bachand, agira à titre de président du caucus régional. La députée de Saint-François, Geneviève Hébert, agira comme vice-présidente du caucus. Alain Généreux est quant à lui nommé conseiller politique responsable des dossiers de l’Estrie, tandis que Marc-André Morency est nommé attaché de presse régional de l’Estrie.

« Tous les dossiers spécifiques pour lesquels les députés auront besoin d’aide, Alain et Marc-André seront disponibles, a précisé M. Bonnardel. On aura une présence physique dans les bureaux d’André Bachand pour ce qui est du secteur Sherbrooke-Rock Forest », a-t-il ajouté.

Rencontre avec Lussier

M. Bonnardel dit avoir profité de ce premier caucus régional pour rencontrer le maire de Sherbrooke Steve Lussier, ainsi que les dirigeants de la Chambre de commerce de Sherbrooke.

Au sujet de sa rencontre avec le maire Lussier, M. Bonnardel dit avoir abordé les demandes de la Ville au sujet de l’agrile du frêne, de Valoris et de la liaison ferroviaire Sherbrooke-Montréal. « L’aéroport de Sherbrooke est aussi un sujet très important », a déclaré M. Bonnardel, qui est aussi ministre des Transports.    

M. Bonnardel a aussi indiqué avoir pris connaissance du dossier entourant la réfection de la piscine du centre de l’activité physique (CAP) du Cégep de Sherbrooke. Il se dit prêt à réactiver le dossier afin d’obtenir le financement demandé par la direction de l’établissement.

D’autre part, M. Bonnardel dit avoir confié au député d’Orford, Gilles Bélanger, le dossier visant à assurer l’accès à internet dans toutes les municipalités de l’Estrie, tel que promis en campagne électorale.

La pénurie de main-d’œuvre fait aussi partie des dossiers sur lesquels le caucus estrien entend travailler, a indiqué M. Bonnardel. Selon lui, il faut « amener plus d’immigrants directement dans les régions du Québec pour être capable d’avoir une sorte de fast track pour ceux qui signent un contrat d’embauche avec des employeurs. Pour nous, c’est important d’être capable d’amener plus d’immigrants dans les régions du Québec pour supporter la main-d’œuvre et pour qu’ils participent à la vitalité économique de leur région », a-t-il réitéré.

Québec n’entend pas intervenir

En tant que ministre des Transports du Québec, François Bonnardel n’entend pas empêcher les municipalités d’installer des caméras de surveillance le long des voies ferrées afin de gérer les risques liés au transport de matières dangereuses qui traversent leurs territoires.

Invité à commenter la position de la Fédération des municipalités du Québec (FMQ) à ce sujet, M. Bonnardel dit comprendre les préoccupations des municipalités. Comme la plupart des élus municipaux, M. Bonnardel dit avoir constaté que les wagons-citernes DOT-111 impliqués dans la tragédie de Lac-Mégantic sont toujours présents dans certains convois de marchandises.

« J’ai rencontré, voilà trois semaines, le ministre responsable [fédéral des Transports] Marc Garneau. Je lui ai fait part de nos préoccupations. Je sais que l’ensemble des municipalités au Québec sont inquiètes au sujet de ces wagons. Ce que le ministre m’a répondu, c’est que la grande majorité, sinon la totalité de ces wagons qui ont dévasté Lac-Mégantic, ont été remplacés et que des normes ont été mises de l’avant », a rappelé M. Bonnardel.

Est-ce que ces normes sont suffisantes?

« Assurément pas, a répondu le ministre des Transports du Québec. Je pense qu’il y a encore énormément de craintes. Cette tragédie de Lac-Mégantic, on ne veut pas la revoir nulle part au Québec. Je suis de près le dossier. Je l’ai mentionné lors du forum de la semaine dernière à Trois-Rivières sur l’industrie ferroviaire. On va suivre ça de près. Si les municipalités décident d’aller de l’avant pour augmenter leur protection, leur sécurité, nécessairement, on ne peut pas les empêcher de le faire », a statué M. Bonnardel.