Alexis Brunelle-Duceppe et Gilles Duceppe

Bloc québécois: Alexis Brunelle-Duceppe aura un style différent de son père Gilles

OTTAWA — Le nouveau député bloquiste Alexis Brunelle-Duceppe convient qu’il aura de grands souliers à chausser.

En marge d’une session d’orientation pour les nouveaux députés à Ottawa, M. Brunelle-Duceppe admet qu’il ressent de la fierté, du bonheur, mais aussi «beaucoup de pression» de marcher dans les traces de son paternel.

Sa victoire dans Lac-Saint-Jean a ému le Québec en entier, alors que son père, l’ex-chef du Bloc québécois Gilles Duceppe, l’a félicité en direct à la télévision.

Sur le plateau de Radio-Canada, M. Duceppe lui avait dit que, dorénavant, il allait être connu comme le père d’Alexis. Les deux hommes s’étaient échangés des «je t’aime» bien sentis.

«C’est vrai que la magie du casque d’écoute a opéré, relate M. Brunelle-Duceppe, plus d’une semaine plus tard. J’étais au téléphone avec mon père et j’ai tout oublié à partir de là. Et ça s’est passé comme une conversation normale, c’est juste qu’il y avait une caméra qui nous filmait!»

L’heure est maintenant à l’apprentissage pour le nouveau député, comme la majorité de ses collègues qui mettront les pieds à la Chambre des communes pour la première fois.

«Je veux devenir opérationnel le plus rapidement possible. Je veux me mettre au boulot, je veux faire mes preuves», affirme M. Brunelle-Duceppe.

Il croit aussi que les gens se rendront rapidement compte qu’il n’a pas le même style que son père. «Mais on a un point en commun: on est deux travaillants. Là-dessus, on se rejoint énormément», rigole le nouvel élu.

À son avis, les temps ont changé et la façon de faire de la politique a changé aussi.

M. Brunelle-Duceppe suivra cependant les conseils de son père. Il compte apprendre le métier de député à son propre rythme et n’a pas l’intention de brûler d’étapes.

Une opposition disciplinée?

M. Brunelle-Duceppe et son collègue de l’Abitibi-Témiscamingue, Sébastien Lemire, admettent avoir été «choqués» de voir les députés taper sur leur bureau ou crier pendant la période de questions à Ottawa.

Leur chef, Yves-François Blanchet, a déjà dit qu’il allait faire de la «politique autrement». Il a promis que les bloquistes allaient rester polis et respectueux.

C’est d’ailleurs ce point qui ressortait de la bouche des élus croisés à Ottawa, mardi matin.

«C’est par la politique qu’on peut faire des changements réels. Et le premier changement qu’on peut peut-être faire pour contrer l’image de cynisme, c’est de redonner confiance et de donner l’exemple», affirme M. Lemire.

Le vétéran Stéphane Bergeron, élu dans Montarville, avait pour sa part un conseil à prodiguer à ses nouveaux collègues: de «garder la tête froide».

«La tentation de vouloir en découdre peut être très importante, mais je pense que les citoyennes et les citoyens du Canada et du Québec ne nous ont pas élus pour retourner en élection immédiatement», a affirmé M. Bergeron.

Pas question, non plus, de revivre de la bisbille au sein du Bloc québécois.

Questionné au sujet de la plus récente sortie de Martine Ouellet, qui accuse le Bloc d’avoir mis de côté l’enjeu de l’indépendance, M. Lemire a été avare de commentaires.

Même s’il dit respecter l’opinion personnelle de Mme Ouellet, il trouve «ironique» que le parti se fasse accuser d’être trop souverainiste par certains de ses adversaires, puis pas assez par d’autres.

Le 21 octobre dernier, le Bloc québécois a vu sa députation faire un bond de 10 à 32 députés. Dans l’ensemble du pays, on compte 98 nouveaux députés qui auront des sessions d’orientation encore cette semaine.