Évelyne Beaudin a dressé le bilan de sa première année à l’hôtel de ville, jeudi, dans son local de conseillère au parc André-Viger.

Bilan d'Évelyne Beaudin : dissidente dans 1 % des dossiers

Après un an à l’hôtel de ville, la chef de l’opposition désignée, Évelyne Beaudin, refuse les étiquettes négatives que certains tentent de lui accoler. Elle repousse les accusations selon lesquelles elle serait « l’élue la plus coûteuse de l’histoire » et dresse une liste de quinze promesses brisées du maire Steve Lussier.

Dans son local du parc André-Viger, Évelyne Beaudin explique que « le mantra du maire est de dire que l’opposition est quelque chose de négatif et que lui est positif ». Elle y oppose du même souffle le nombre de dossiers contre lesquels elle a voté à l’hôtel de ville, 14, et le nombre de résolutions adoptées, 1156. « J’ai inscrit ma dissidence ou voté contre des résolutions dans 1 % des dossiers. »

Elle en avait notamment contre le report du règlement pour interdire certains pesticides et demandait plus de toponymes féminins dans les désignations.

Évelyne Beaudin cite aussi des propositions émanant de son parti, entre autres celle de lever le huis clos sur les séances préparatoires du budget, la création d’une commission permanente sur les finances et la création d’une boucle de chaleur au centre-ville.

À quoi son cabinet, qui jouit d’un budget de 160 000 $, a-t-il contribué? « Nous avons étudié en détail le projet de règlement omnibus sur le zonage et nous sommes arrivés avec une trentaine de questions ou propositions. Nous avons aussi fait des propositions pour améliorer le code d’éthique qui devrait être adopté d’ici la fin de l’année en comparant avec ce qui se fait dans d’autres villes. »

Plusieurs séances d’information ont aussi été organisées par la conseillère, notamment sur le projet résidentiel du Plateau, où près de 200 personnes se sont pointées.

Évelyne Beaudin rapporte que son cabinet est le plus petit de toutes les oppositions du Québec. « J’ai deux employés. Le plus petit après moi en compte quatre. Les gens qui me dénigrent ne partagent pas nos valeurs au point de départ. Ces 160 000 $ servent à payer des employés. C’est certainement un très bon rapport coût-bénéfice. Nous avons livré la marchandise et il en reste beaucoup à venir. Ceux qui ne dérangent pas sont ceux qui ne font pas grand-chose. »

Mme Beaudin est-elle la conseillère la plus coûteuse de l’histoire? « Est-ce que c’est plus cher payer un élu qui réchauffe son siège pendant quatre ans et ne fait rien ou un élu qui livre la marchandise? »

La conseillère ne nomme pas d’élus qui « réchaufferaient leur siège ». « Je me considère comme performante. Je laisse les autres évaluer leur performance. Je n’ai pas été élue pour être amie avec les gens autour de la table. Je ne suis pas là pour provoquer non plus. Je suis là pour défendre des choses. Si je n’avais pas tous les jours des messages d’encouragement, je me poserais peut-être des questions sur ma façon de faire. »

Mais les bonnes relations ne permettent-elles pas de faire avancer des dossiers? « Si les gens refusent de regarder mes propositions parce qu’elles viennent de moi, c’est eux qui ont un problème et c’est exactement ce que certains reprochaient à l’ancien maire. Je ne pilerai pas sur mes convictions et je mettrai toute ma combativité au service de la population. »

« Visions différentes »

La chef de l’opposition dit qu’elle n’a rien contre le maire Steve Lussier personnellement. « Sur le plan politique, nous avons des visions différentes. Jamais je ne mentirais comme il l’a fait et les gens lui ont pardonné trop rapidement. Il a fait le tour des médias pour parler d’harmonie au conseil, mais il a demandé à son directeur de cabinet de remplir la salle pour me planter... »

Elle avance qu’il n’a jamais réalisé de moratoire sur le projet Well inc., comme il le prétend. « Il se l’est fait imposer par le promoteur et on ne sait toujours pas s’il était pour ou contre le projet. »

Pour les années à venir, Mme Beaudin souhaite se battre pour l’environnement et espère la création d’une commission des finances. « J’aimerais que les citoyens soient plus exigeants envers leurs politiciens. En attendant, j’essaie de montrer ce que ça veut dire, une élue de Sherbrooke Citoyen. »

Enfin, Évelyne Beaudin salue l’instauration de la webdiffusion des conseils municipaux, une idée qui émanait du Mouvement Sherbrooke Démocratie... qu’elle a fondé.