Mme Berthold agit comme conseillère publicitaire chez Cogeco. En raison de son travail, elle prête parfois sa voix pour l’enregistrement de publicités.

Berthold en conflit d’intérêt pour une publicité radio?

Danielle Berthold s’est-elle placée dans une situation de conflit d’intérêts? C’est la question qu’a soulevée l’ex-candidat de Sherbrooke Citoyen, Ludovick Nadeau, en relevant que la conseillère municipale a prêté sa voix à une publicité de pesticides après avoir défendu les entrepreneurs en entretien de gazon dans le dossier de la lutte aux vers blancs.

Au conseil du 8 mai, les élus ont adopté un règlement qui interdira les traitements préventifs de pesticides contre les vers blancs, à moins d’être en mesure de prouver une infestation. Le règlement entrera en vigueur en octobre. Les conseillères Nicole Bergeron et Évelyne Beaudin auraient préféré qu’il soit applicable dès maintenant.

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« J’étais un peu surpris d’entendre le lendemain une pub d’épandage avec une voix qui donne l’impression d’être celle de Mme Berthold. Mme Berthold a-t-elle des contrats publicitaires avec des compagnies d’épandage? Serait-il pertinent qu’elle mentionne ses relations d’affaires », a interrogé M. Nadeau pendant la période de questions au conseil municipal.

Mme Berthold agit comme conseillère publicitaire chez Cogeco. En raison de son travail, elle prête parfois sa voix pour l’enregistrement de publicités. « J’ai deux clients qui agissent dans le domaine des pesticides sur 250 clients. J’ai le droit de gagner ma vie. Et oui j’utilise les services d’un de ces commerçants. Ce n’est pas plus pour lui que pour un autre que j’ai pris cette position. »

Évelyne Beaudin indique ressentir un malaise « surtout que c’est beaucoup Mme Berthold qui a fait pencher la balance dans ce dossier. Il serait plus prudent de consulter le conseiller en éthique dans un dossier comme celui-là ».

« Une commande »

« Est-ce que j’aurais eu à déclarer mon intérêt? Non. Il y a peut-être apparence de conflit d’intérêts. Dans un prochain dossier, probablement que je ferai attention et que je vérifierai ces choses-là. Il faut se rappeler que lors de la prise de décision dans ce dossier, Mme Beaudin a voté pour que le règlement passe elle aussi. C’est facile de faire la leçon aux gens après et de se faire du capital politique. Si elle veut que j’arrête de gagner ma vie, qu’elle me donne l’argent de son cabinet, 160 000 $, et j’arrêterai de travailler », rétorque Danielle Berthold.

La conseillère croit qu’il s’agit d’une commande provenant du parti politique. « Si ce n’est pas une commande, je ne sais pas ce que c’est. »

Évelyne Beaudin ne souhaite pas que sa collègue quitte son travail, mais qu’elle déclare son intérêt « quand son jugement peut être altéré par son intérêt personnel ».

Mme Beaudin dit qu’elle n’avait pas passé de commande à M. Nadeau. « Les gens de Sherbrooke Citoyen s’intéressent à leur ville. On discute et quelqu’un lève la main pour dire qu’il viendra poser la question. Il n’y a pas de concertation particulière. Je parle à mes collègues tous les jours. Qui suis-je pour leur dire de rester chez eux? »

Elle ajoute qu’elle a voté pour le règlement seulement parce que son amendement pour une entrée en vigueur hâtive du règlement a été défait. « Je n’allais quand même pas dire que je voulais qu’on utilise des pesticides ad vitam aeternam. »

Le maire Steve Lussier a refusé de se prononcer sur la situation ou de dire s’il aurait consulté un conseiller en éthique à la place de Mme Berthold. « Je la laisse aller là-dedans. Je la laisse juger par elle-même. Elle est indépendante. »