Nicole Bergeron

Bergeron surprise des reproches de ses collègues

Les 26 M$ que souhaite emprunter la Ville de Sherbrooke pour le projet Well inc. ne pourront pas être investis dans un autre projet si le prêt est accordé. Il s’agit par ailleurs de la somme maximale que la municipalité dépenserait, sans être obligée de l’investir en entier, prévient la présidente du conseil municipal et du comité exécutif, la conseillère Nicole Bergeron.

Mme Bergeron se dit surprise des récriminations de deux de ses collègues, les conseillers Pierre Avard et Pierre Tremblay, qui ont dénoncé la rapidité avec laquelle un registre a été constitué pour les opposants à l’emprunt. Les deux hommes dénoncent que cette procédure légale se tienne tôt en début d’année.

« Quand on va de l’avant avec un règlement d’emprunt, on ne dépense pas d’argent tant que le projet n’est pas accepté. Le maire a tellement répété que les dépenses étaient conditionnelles à ce qu’on aille de l’avant avec le projet du consortium, projet qui sera présenté en février. Si ce n’est pas le cas, on ne dépense pas 26 M$ », mentionne Mme Bergeron.

Dans le règlement d’emprunt, il est stipulé que 20 M$ serviraient à la construction d’un stationnement à étages de 700 à 900 places, 4 M$ seraient consacrés à l’aménagement d’une place publique et 1 M$ iraient à l’aménagement d’une traverse ferroviaire entre la rue du Dépôt et la rue des Grandes-Fourches. Parallèlement, le consortium composé du Fonds immobilier de la FTQ, du Groupe Custeau et de SherWeb investirait entre 30 et 50 M$ pour la construction de deux bâtiments sur la rue Wellington Sud.

« Il y a un échéancier serré, mais aucune étape ne sera sautée. Naturellement, il faut que le consortium présente son projet pour qu’on décide si on va de l’avant ou pas. Si la réponse devait être positive, nous pourrions procéder rapidement aux démolitions nécessaires pour respecter l’échéancier du consortium. Si le règlement d’emprunt était rejeté, mais que le projet était approuvé au conseil, le retard serait irrécupérable », explique Nicole Bergeron.

Le même processus

Dans l’échéancier, l’un des partenaires, SherWeb, prévoit emménager dans ses locaux neufs de la rue Wellington Sud en 2019. « Ça fait partie des enjeux. Si le projet ne fonctionne pas, il appartiendra à l’entreprise privée de prendre ses décisions pour la suite de choses. »

Mme Bergeron le répète : tous les règlements d’emprunt suivent le même processus. « Quand on va au bout du processus, le projet final est présenté et les élus acceptent ou pas d’aller de l’avant. Tant que les membres du conseil n’ont pas tous les détails en main, il n’y a pas de décision, mais il faut se préparer. Je ne comprends pas le tollé. On a toujours expliqué qu’on n’utilisait le montant que si le projet était entériné. Il faut faire confiance au processus. Il se peut qu’il y ait moins de cases de stationnement et les 26 M$ font partie d’une enveloppe maximale. C’est comme si certains voulaient couler le projet sans l’avoir vu. »

Dans le règlement d’emprunt, il est mentionné que la Ville peut utiliser 1,3 M$ pour rembourser ses dépenses engagées au préalable, ce qui ne signifie pas pour autant qu’elle a déjà dépensé cette somme.

Enfin, dans un communiqué, l’Association des locataires de Sherbrooke invite les citoyens à signer le registre à l’hôtel de ville, du 8 au 12 janvier, pour signifier que la population veut être consultée sur tout projet d’envergure. La collecte de 8702 signatures ou plus entraînerait la tenue d’un référendum.