Le dossier du Domaine de la vallée d’Orford a entraîné un nouvel affrontement entre Nicole Bergeron (notre photo) et Évelyne Beaudin.
Le dossier du Domaine de la vallée d’Orford a entraîné un nouvel affrontement entre Nicole Bergeron (notre photo) et Évelyne Beaudin.

Bergeron accuse Beaudin de contrevenir au code d’éthique

La construction de 50 résidences dans le Domaine de la vallée d’Orford, à l’extérieur du périmètre urbain, près du chemin Rhéaume, a entraîné une nouvelle confrontation entre les conseillères Nicole Bergeron et Évelyne Beaudin, tard lundi soir au conseil municipal. Mme Bergeron a accusé sa collègue de contrevenir au code d’éthique et de déontologie des élus.

Le projet situé en zone de haute valeur écologique revenait au conseil municipal pour l’adoption d’un second projet de règlement après une consultation citoyenne écrite. Si la Ville a reçu 20 réponses de citoyens et une opposition d’une association de citoyens, aucun des répondants ayant donné leur adresse ne résidait dans les zones adjacentes au projet. Il est donc considéré qu’aucune personne habile à voter ne s’oppose au changement réglementaire nécessaire à l’aboutissement du projet.

Marc Denault, Annie Godbout, Pierre Avard, Karine Godbout et Évelyne Beaudin ont inscrit leur dissidence malgré tout.

« Je suis un peu surprise de la façon dont on rapporte les choses. Je ne sens pas exactement la neutralité qu’exige ce genre rapport de consultation. Dans le cas précis du chemin Rhéaume, je ne crois pas que les élus ont décidé en toute connaissance de cause. On n’a pas connu le prix d’acquisition du terrain parce que le conseil a décidé à majorité de ne pas s’informer sur le potentiel prix d’achat », a commenté Mme Beaudin.

La conseillère ajoute que le dossier touche toute la population de Sherbrooke et que le droit de parole ne devrait pas se limiter aux citoyens des zones adjacentes au projet.

« Il serait important qu’on remette à jour notre politique de consultation citoyenne. »

Nicole Bergeron a ensuite reproché à Mme Beaudin le contenu d’une vidéo mise en ligne pour inciter les citoyens à contester la validité du règlement municipal auprès de la Commission municipale du Québec. Elle juge que les fonctionnaires ayant travaillé au dossier et les élus y sont interpellés. 

« Ce ne sont pas les fonctionnaires qui décident. Ils recommandent. Les élus décident », a précisé Mme Bergeron pour répondre à ce qu’elle considère comme des insinuations de sa collègue.

« Vous faites référence que les élus n’ont pas compris ce sur quoi ils étaient appelés à voter. Vous insinuez que tous les membres du conseil municipal n’ont pas compris sauf vous. Je voudrais vous rappeler que vous êtes loin de respecter votre code d’éthique et de déontologie parce que vous faites référence à des débats à huis clos qui doivent rester confidentiels. Vous remettez en question l’expression de la majorité des membres du conseil aptes à voter. » 

Nicole Bergeron considère qu’Évelyne Beaudin insulte les fonctionnaires et ne respecte pas la démocratie « qui a été exprimée par chacun des conseillers qui ont eu à se prononcer ».

« C’est extrêmement déplorable la façon dont vous traitez les membres du conseil dans ce dossier. Je me sens dans l’obligation de le mentionner publiquement alors que vous le faites publiquement vous aussi sans nous le demander. Je trouve important que les membres du conseil prennent acte que c’est en démocratie qu’ils se sont exprimés. »

Chantal L’Espérance a ajouté qu’il était faux d’avancer que les élus n’avaient pas pris leur décision en connaissance de cause. « De dire qu’on ne sait pas de quoi on parle, ce n’est pas tout à fait vrai. On est passé de 18 à 50 propriétaires dans le projet, mais on oublie de dire qu’on protège 72 % du territoire et que le milieu humide est protégé à 98 %. C’est une amélioration. On n’aurait jamais pu penser arriver avec un règlement comme ça au départ. »

Évelyne Beaudin

Évelyne Beaudin a invité Nicole Bergeron à la prudence dans ses propos. 

« Vous déformez ce que j’ai dit pour essayer de me faire mal paraître », a-t-elle déclaré en invitant les citoyens à visionner eux-mêmes la vidéo controversée. 

« Vous portez des accusations sans fondement et très graves. Je vous invite à plus de prudence quand vous vous adressez à moi. Je suis une élue qui mérite du respect. Quand on me fait des reproches, il faut que ce soit basé sur des faits. Ce sont des accusations qui ne doivent pas être lancées sur le coup de l’émotion ou pour des divergences d’opinions politiques. »

Mme Beaudin convient que certains de ses collègues et elle n’ont pas la même conception du rôle d’un élu. « Je joue mon rôle parfaitement dans ce que me dit la loi. Je fais toutes mes vérifications. »

Enfin, Danielle Berthold, elle, n’a pas apprécié qu’on insinue que les élus s’étaient laissés endormir au moment de prendre leur décision. « Vous jouez très bien votre rôle de l’opposition. On ne fait effectivement pas de la politique de la même façon. Une chose que vous ne faites pas correctement, c’est le respect. Vous avez signé comme nous un code d’éthique et de déontologie et vous avez un peu de difficulté à le respecter. Je ne veux pas vous faire la morale, parce que je sais que ça ne donnera rien. Tout se fait, mais dans le respect. »