Évelyne Beaudin
Évelyne Beaudin

Beaudin veut limiter les huis clos

La conseillère Évelyne Beaudin revient à la charge contre « la culture du secret » à l’hôtel de ville de Sherbrooke et compte déposer une résolution pour encadrer les huis clos. Cette résolution devrait être rendue publique la semaine prochaine pour un dépôt au conseil municipal à la mi-mars.

Dans une vidéo publiée en ligne, la chef de l’opposition désignée invite les citoyens à écrire directement pour lui faire part de leurs commentaires sur le sujet. Elle y convient que Steve Lussier a fait un pas pour la transparence en instaurant la diffusion en direct des séances du conseil municipal sur internet, mais relève par la suite des actions du conseil qui, selon elle, contreviennent à la transparence. « Malheureusement, après deux ans, force est de constater que l’administration Lussier est en parfaite continuité avec l’administration Sévigny quant au manque de transparence. »

Elle cite la diminution du temps de parole des citoyens, le refus d’entendre des citoyens qui se sont présentés au conseil municipal et le nombre d’ateliers de travail publics qui a diminué au cours des deux dernières années. « Les présentations se font soit seulement à huis clos ou à huis clos et ensuite en public, ce qui constitue un gros problème d’efficacité. Les séances du conseil municipal sont donc des pièces de théâtre qui ont été répétées avant, alors que les élus se réunissent à huis clos en après-midi. Et il s’en passe des choses à huis clos. »

La conseillère diffuse alors une collection de commentaires de ses collègues faisant référence à des discussions tenues à huis clos. « Un huis clos, c’est un endroit où les élus décident avant de décider en public. Rassembler les élus coûte environ 600 $ l’heure. Il faudrait faire attention de ne pas les rassembler deux fois pour rien. » Mme Beaudin ajoute que les élus qui siègent une heure à écouter une présentation qu’ils ont déjà entendue n’utilisent pas ce temps pour répondre aux demandes de leurs concitoyens.

« Le huis clos est une invention archaïque qui a pris une dimension trop importante à Sherbrooke. En Ontario, une loi a été adoptée en 2001 pour que les séances du conseil municipal se tiennent en public, à l’exception de certaines situations. »

La loi en question exclut notamment les questions qui concernent des acquisitions en cours, des conseils protégés par le secret professionnel, des renseignements communiqués à titre confidentiel et le secret industriel.

Évelyne Beaudin rapporte qu’un règlement encadrant les huis clos pourrait permettre de limiter le nombre de sujets abordés à huis clos, de divulguer ces sujets publiquement, de déterminer qui peut y participer et surtout « d’empêcher le maire d’exclure des gens du huis clos ».

« C’est déjà arrivé au début du mandat que le maire n’était pas content de certaines de mes sorties dans les médias. Il avait essayé de me sortir des huis clos. Ça pourrait arriver à d’autres élus. »

La conseillère souhaite que les citoyens puissent prendre connaissance de sa résolution et proposer des changements. « L’essentiel, c’est d’avoir une réflexion. Je ne prétends pas avoir toutes les réponses, mais il y a certainement des manières de faire mieux. Jusqu’à maintenant, on a juste refusé de faire le débat. Chaque petit geste vers une plus grande transparence serait le bienvenu. »