Évelyne Beaudin ne veut pas attendre le dépôt du Plan nature pour resserrer les règlements entourant la construction dans les milieux humides.
Évelyne Beaudin ne veut pas attendre le dépôt du Plan nature pour resserrer les règlements entourant la construction dans les milieux humides.

Beaudin veut freiner la construction dans les milieux humides

La conseillère du district du Carrefour, Évelyne Beaudin, souhaite que la Ville interdise la construction dans les milieux humides et qu’elle se dote d’un règlement pour protéger ces écosystèmes en attendant le dépôt du Plan nature en 2022. Celui-ci vise notamment un meilleur contrôle de milieux humides et des milieux hydriques.

Dans un communiqué publié en soirée jeudi, Mme Beaudin suggère d’interdire le remblai et le déblai dans les milieux humides, ce qui aurait pour effet de geler les possibilités de construction sur ces terrains. « Ce genre de règlement est déjà en place dans certaines municipalités. Ici, à Sherbrooke, on s’en remet aux règles du ministère de l’Environnement, mais la Ville de Sherbrooke, en tant que gouvernement de proximité, pourrait faire le choix d’avoir des exigences plus élevées pour empêcher la destruction des milieux humides sur son territoire », affirme-t-elle. 

La conseillère suggère aussi d’apporter une modification au schéma d’aménagement pour l’adoption d’un règlement intérimaire, de manière à éviter une ruée vers les permis de construction dans les milieux humides en attendant l’adoption du Plan nature en 2022. 

Ses deux propositions seront déposées mercredi prochain, lors d’une consultation publique qui se tiendra à 19 h 30. Pourquoi procéder en consultation publique plutôt qu’au conseil municipal? « L’idée, c’est que ce soit étudié. J’aurais pu déposer les suggestions au conseil, mais ce sera le sujet d’une consultation la semaine prochaine. Je veux simplement que ce soit considéré. »

Mme Beaudin admet ne pas connaître tous les rouages des règlements intérimaires. « Il faudrait voir comment ça s’est passé dans les autres villes, mais je pense que les projets amorcés ne seraient pas touchés. Ce serait pour les nouvelles constructions. Je veux éviter que ce qui s’est passé au chemin Rhéaume se reproduise. »

La conseillère fait référence au projet du Domaine de la vallée d’Orford, où 50 maisons sont prévues dans une zone au fort potentiel écologique, à l’extérieur du périmètre urbain. Dans ce projet, 98 % des zones humides seront protégées. Le dossier a reçu l’approbation du conseil en raison d’un droit acquis, puisque le conseil municipal de Saint-Élie-d’Orford l’avait déjà approuvé en 1998. Certains élus ont mentionné que ce genre de projet ne serait plus acceptable aujourd’hui. 

« Je pense que mes collègues faisaient aussi référence au fait que le promoteur veut construire des maisons à l’extérieur du périmètre urbain. Mais des milieux humides, il peut aussi y en avoir à l’intérieur de ce périmètre. Est-ce que tous les milieux humides à l’intérieur du périmètre urbain devraient être sacrifiés? »

Évelyne Beaudin estime que puisque la Ville travaille déjà pour la protection des milieux humides, mais que le plan en développement est prévu pour 2022, s’il n’y a pas de retards, un règlement intérimaire viendrait clarifier la direction que souhaite emprunter la Ville.

« On pourrait même aller plus loin et interdire la construction de rues dans certains secteurs sensibles. L’avantage avec ce genre d’outil, c’est qu’on pourrait s’assurer d’une zone tampon autour des milieux humides. Par exemple, dans le secteur de la rue Marini et au plateau McCrea, on construit très près des milieux humides. Il faudra peut-être accepter un jour qu’on ne peut pas construire dans un milieu humide. »

La chef intérimaire de Sherbrooke Citoyen voudrait que les services municipaux arrivent avec une proposition. « Ça demandera un certain courage de la Ville parce que les promoteurs ne seront pas chauds à l’idée de renforcer nos règlements. Pour le moment, la Ville encourage le développement plutôt que la protection des milieux naturels. La nature nous rend des services gratuitement. On l’oublie quand on calcule la rentabilité de certains terrains. »

La consultation de la Ville à propos du Plan nature pourra être visionnée au sherbrooke.ca/plannature, le 17 juin. Les citoyens pourront poser leurs questions et formuler leurs commentaires à l’aide d’un formulaire publié à la même adresse.