Évelyne Beaudin invite les citoyens à s’adresse à la Commission municipale pour tester le règlement qui permettrait la construction de 50 maison à l’extérieur du périmètre urbain dans le secteur du chemin Rhéaume.
Évelyne Beaudin invite les citoyens à s’adresse à la Commission municipale pour tester le règlement qui permettrait la construction de 50 maison à l’extérieur du périmètre urbain dans le secteur du chemin Rhéaume.

Beaudin veut bloquer le projet du chemin Rhéaume

La conseillère Évelyne Beaudin lance une nouvelle démarche pour tenter de bloquer la construction de 50 maisons dans le secteur du chemin Rhéaume. Dans une vidéo publiée sur Facebook, elle invite les citoyens à se tourner vers la Commission municipale du Québec pour vérifier si les changements réglementaires effectués par la Ville sont conformes au schéma d’aménagement.

Rappelons que le projet du Domaine de la vallée d’Orford prévoit la construction de 50 maisons dans un secteur à forte valeur écologique, à l’extérieur du périmètre urbain. Les promoteurs ont consenti à protéger la presque totalité des milieux humides présents sur le terrain alors que la Ville approuve la construction pour respecter une promesse faite en 1998 par le conseil municipal de Saint-Élie. 

En février, la Ville annonçait qu’un changement de zonage était nécessaire pour construire la rue qui permettra d’accéder aux terrains à construire, un processus qui pouvait être soumis à l’approbation référendaire. En juin, le changement de zonage n’était plus jugé nécessaire et la consultation populaire ne concerne maintenant que le nombre maximal de maisons à construire dans le projet, soit 50. 

Mme Beaudin recherche donc dix citoyens prêts à s’engager pour monter un dossier qui serait acheminé à la Commission municipale du Québec pour évaluer la conformité du règlement adopté par la Ville. La démarche doit être réalisée dans les 30 jours suivant l’adoption du règlement, une étape qui devrait être franchie au conseil municipal du 6 juillet. 

Dans sa vidéo, Évelyne Beaudin affirme que la Ville avait annulé sa consultation publique à une semaine d’avis « devant la mobilisation grandissante » et avance qu’en retirant le changement de zonage, on retire du même coup le droit des citoyens d’approuver ou de rejeter le projet.

« À Sherbrooke Citoyen, au minimum, nous jugions qu’il fallait au moins tenter une approche pour acheter les terrains du promoteur, mais les élus ont rejeté cette idée dans un vote à huis clos. Est-ce qu’il y a encore de l’espoir? Tant que les arbres sont encore debout, il y a de l’espoir. »

Mme Beaudin espère qu’une telle démarche mettra un frein au projet, au moins le temps d’effectuer certaines vérifications. Dans le schéma d’aménagement adopté en 2014, le projet du chemin Rhéaume dispose effectivement d’un droit acquis pour le développement de 18 lots. « J’aimerais avoir l’avis d’experts pour savoir si nous sommes conformes. Est-ce que la promesse effectuée en 1998 donne carte blanche aux promoteurs? Pourquoi sommes-nous passés de 18 à 50 lots? Quels aspects doivent être respectés? Il s’agit d’un des derniers territoires à fort potentiel écologique. Après la construction, il n’y aura plus de retour en arrière possible. En urbanisme, est-ce que nos décisions doivent être permanentes? »

La chef de Sherbrooke Citoyen croit qu’il sera facile de recruter dix citoyens engagés pour valider la conformité du règlement et qu’il faudra peut-être même faire une sélection parmi les volontaires. « Nous avons déjà des personnes très crédibles pour la protection de l’environnement qui se sont manifestées. Cet intérêt est probablement accru par un sentiment de menace envers l’environnement depuis le début du mandat. C’est juste dommage que ça repose sur les épaules de la population. »

Les démarches auprès de la Commission municipale devraient-elles être initiées par une élue? « Mon rôle est d’informer la population par rapport à leurs droits et leurs recours et je les guide dans leurs préoccupations qui sont importantes pour eux et pour notre parti. »

Évelyne Beaudin n’a pas encore décidé si elle signera personnellement le document qui sera acheminé à la Commission municipale.