En attendant que le flou entourant le projet Well inc. se dissipe, au moment où la population peut signer un registre pour s’opposer à l’emprunt de 26 M$ pour la revitalisation du centre-ville, la conseillère Évelyne Beaudin organise une consultation citoyenne sur le sujet.

Beaudin organise une consultation sur Well inc.

En attendant que le flou entourant le projet Well inc. se dissipe, au moment où la population peut signer un registre pour s’opposer à l’emprunt de 26 M$ pour la revitalisation du centre-ville, la conseillère Évelyne Beaudin organise une consultation citoyenne sur le sujet. L’objectif : donner un maximum d’information à la population.

Le rendez-vous est fixé le 18 janvier à 17 h 30 à la galerie d’art Irisium. « L’idée a commencé à germer dans ma tête le 11 décembre quand nous avons eu un atelier de travail à huis clos. Les élus ont reçu plein d’information sur Well inc., plein d’information que je n’avais pas comme citoyenne. Il est plus facile de rejeter ou d’approuver un projet quand on a de l’information. Mon but n’est pas de vendre ou de détruire le projet, mais de faire un portrait de la situation », explique Mme Beaudin.

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Les citoyens auront-ils accès à de l’information qui n’est pas encore disponible? « Je suis en démarches pour obtenir tous les documents publics qui concernent Well inc. Je ne pourrai diffuser que l’information qui est publique. Je pense que les citoyens ne se sont pas encore approprié le projet. Le but, c’est surtout de comprendre où on s’en va. Je veux aussi connaître l’opinion des gens, leurs suggestions. On va faire des sous-groupes de discussion pour être sûrs de ne rien oublier. »

De la documentation a déjà été publiée sur le site evelynebeaudin.com, sous l’onglet Well inc. La conseillère s’engage à y verser tous les mémoires qui lui parviendraient de citoyens qui ne peuvent pas être présents le soir de la consultation, même si elle ne partage pas leur point de vue.

Pourquoi une conseillère prend-elle la liberté d’organiser une consultation? « Quand je vois qu’il y a un besoin, j’y réponds tout de suite. Il y a clairement un besoin d’information sur un projet que les gens ne comprennent pas. J’ai voulu agir rapidement parce que nous sommes dans une situation d’urgence. L’entente avec le consortium prend fin en février. »

Évelyne Beaudin

Il n’y a donc pas eu concertation avec la Ville. Le maire Steve Lussier n’était pas disponible lundi pour commenter.

La consultation d’Évelyne Beaudin n’aura pas la valeur d’une consultation municipale officielle. « La priorité, c’est de comprendre le projet et de voir si on peut l’améliorer au maximum. Ce que je comprends, c’est que le consortium planche sur des améliorations. La vraie question en est une de contenu. »

Parce qu’elle a voté pour le règlement d’emprunt, Évelyne Beaudin n’ira pas signer le registre. « J’ai accepté qu’on adopte le règlement pour envoyer le signal au consortium que nous sommes intéressés à voir ce qu’il propose. Sinon, selon ce qui nous a été expliqué, on perdait le consortium. Dans le registre, je vois la portée d’une pétition, soit une façon d’exprimer un désaccord. Après, la vraie question, c’est qu’est-ce qu’on fait à la place s’il n’y a pas de projet. »

Mme Beaudin publiera une vidéo d’information sur sa page web pour expliquer Well inc. Sur Facebook, certains ont critiqué ce moyen de communication, le jugeant coûteux.

« Il faut accepter que la démocratie a un coût. Je ne rediscuterai pas de mon budget de cabinet chaque fois que je poserai un geste. Je l’ai demandé et je vais l’utiliser. La vidéo, je la paye avec mon budget de recherche et de soutien. Je pense que ce sera plus efficace qu’un long texte. Il y a plein de moyens de la faire à faible coût. Hélène Dauphinais faisait des rencontres citoyennes, moi je communique avec des vidéos. »

Enfin, Évelyne Beaudin confirme avoir embauché Claude Dostie à titre de directeur de cabinet. Son contrat, pour la durée du mandat, est révocable en tout temps. Une étudiante de l’école de politique appliquée, Solange Masson, a aussi été engagée comme stagiaire.

La conseillère Annie Godbout est entrée dans la danse, lundi, pour jeter un nouvel éclairage sur le projet Well inc.

« Il aurait été irresponsable de rejeter Well inc. »

La conseillère Annie Godbout est entrée dans la danse, lundi, pour jeter un nouvel éclairage sur le projet Well inc. Si elle juge légitimes les questions de ses collègues Pierre Avard et Pierre Tremblay, qui s’interrogent sur le processus ayant mené à la signature d’un registre, elle affirme qu’il aurait été irresponsable de rejeter le règlement d’emprunt de 26 M$ en décembre.

« Tout le monde est surpris que la signature du registre arrive aussi vite en janvier parce que nous n’avions effectivement pas vu de calendrier. Il n’est toutefois pas trop tard pour informer la population. La balle est dans le camp du maire. »

Dans une publication Facebook, Annie Godbout confirme avoir eu accès à de l’information stratégique qu’elle n’avait pas vue avant. « Arrêter le projet après une soirée de discussion aurait été irresponsable. Il y a encore place à l’amélioration pour tendre vers un meilleur projet. Il y a de l’espace pour réfléchir. On nous a remis une vingtaine de documents. Il est important maintenant que nous fassions notre travail pour bien comprendre toute cette information. La seule vraie façon de gagner du temps pour y arriver était d’aller de l’avant. Le règlement d’emprunt était le passage obligé pour continuer la réflexion. »

Mme Godbout dit avoir posé des actions pour que les détails du projet soient rendus publics. « Je mets de la pression pour que l’information sorte. Il est question d’objectifs clairs, d’indicateurs de performance, de savoir quels espaces seront occupés par les organismes de développement économique. »

Même si le règlement d’emprunt était rejeté par la population, le message à retenir demeurerait flou selon la conseillère municipale. « Avec ce que je vois sur les médias sociaux, il est difficile de savoir précisément contre quoi les gens veulent voter. Est-ce que c’est contre l’endettement, la revitalisation du centre-ville, le stationnement de 900 places? Il y a tellement d’opinions variées. Même s’il y avait assez de signatures au registre, il serait difficile de détecter le signal exact. »

Annie Godbout est consciente que les élus demandent un acte de foi de la part des citoyens, ce qu’elle a souvent reproché à l’administration précédente. « Ce n’est pas parce qu’on nous a donné l’information qu’on a dit oui à tout ce qui nous a été présenté. Maintenant, c’est au maire de clarifier la situation. Il faut clairement une stratégie de communication. »

Mme Godbout ajoute que rien n’est coulé dans le béton et qu’il faut voir bien plus que deux bâtiments dans le projet de revitalisation du centre-ville. « Il faut garder une perspective globale du secteur. C’est une première impulsion d’un projet qui peut s’étaler sur plusieurs années. Si c’est rejeté, il faudra voir s’il y a un meilleur scénario pour revitaliser le centre-ville. »

Le maire Steve Lussier avait annoncé en décembre qu’il mettrait sur pied un comité qui se consacrerait à la revitalisation du centre-ville. L’annonce de la composition de ce comité se fait toujours attendre.

Il faut 8702 signatures au registre pour provoquer la tenue d’un référendum sur le règlement d’emprunt. La collecte des signatures se poursuit jusqu’à vendredi à l’hôtel de ville.