Évelyne Beaudin, l’unique conseillère élue du parti Sherbrooke Citoyen, obtient 160 000 $ pour se constituer un cabinet.

Beaudin obtient une somme de 160 000 $ pour son cabinet

La conseillère de Sherbrooke Citoyen, Évelyne Beaudin, obtient 160 000 $ pour se constituer un cabinet. Sa demande était inscrite au budget dévoilé lundi à l’hôtel de ville. En tant que représentante d’un parti d’opposition, elle aurait pu réclamer tout près de 340 000 $.

« La façon d’utiliser l’argent est très encadrée. C’est pour une embauche. J’inclus le salaire, les charges sociales, les frais de déplacement : tous les frais liés à une embauche à temps plein. J’ai prévu également des stagiaires de l’école de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke. On a déjà formulé une demande pour janvier. Nous aurons des stagiaires au moins deux sessions par année, à l’automne et à l’hiver », explique Mme Beaudin.

Le contrat pour son seul employé à temps plein devrait être effectif au début du mois de janvier. « Je veux être certaine que le contrat est conforme avec les règles de la Ville. Il faut faire des vérifications. »

Mme Beaudin n’a pas voulu révéler l’identité de son employé.

Aucun des élus n’a réitéré son opposition au budget réclamé par Évelyne Beaudin, si ce n’est un commentaire d’Annie Godbout. En réponse à Hélène Pigot, la chef de Sherbrooke Citoyen, qui s’inquiétait des faibles investissements en culture, Mme Godbout avait précisé qu’elle aurait préféré investir 160 000 $ dans les centres culturels plutôt que dans le cabinet.

Mme Beaudin avait rétorqué qu’on pourrait aussi amputer Destination Sherbrooke, organisme présidé par Annie Godbout, de 160 000 $ pour les transférer vers les centres culturels. « C’était pour montrer qu’on peut continuer comme ça longtemps. Il y a 300 M$ qu’on pourrait remettre en question. De tout ramener tout le temps à ça, à moment donné, il va falloir qu’on arrête parce qu’on ne finira jamais. Si on peut juste accepter que notre système démocratique est fait de poids et de contrepoids, on pourra passer à autre chose. »

La conseillère de Sherbrooke Citoyen croit que ses collègues comprennent maintenant un peu plus ses motivations. « Je sens que c’est accepté. Des collègues sont venus me voir pour me dire que c’était correct, qu’ils me remerciaient d’avoir pris moins que ce que j’aurais pu demander. Je pense que cette histoire est derrière nous. »

Évelyne Beaudin dit qu’il est possible qu’elle n’utilise pas l’enveloppe au complet. « Ça dépendra des besoins en cours d’année, mais c’est certain que ça ne dépassera pas 160 000 $. »

Le maire Steve Lussier, lui, consacrera 587 450 $ à son propre cabinet.

Un appui

Hélène Pigot se range derrière sa conseillère. « Il fallait que la chef du parti signe pour désigner la conseillère de manière à ce qu’elle puisse constituer un cabinet. J’étais tout à fait au courant et tout à fait en faveur de cette disposition. Nous voulons de la démocratie municipale. Je fais confiance à Évelyne Beaudin pour faire de la recherche sur des dossiers importants. Le premier dossier sera celui de Well inc. Ce cabinet pourra approfondir certaines informations qu’un conseiller ne peut pas avoir seul. »

Mme Pigot est claire : le cabinet et le parti sont deux entités distinctes. L’employé du cabinet ne pourra pas siéger à l’exécutif du parti. « Nous aurons un exécutif différent qui aura ses propres prérogatives. Il est clair pour moi que cet argent est celui du conseil, des élus. »

Pas question, donc, d’utiliser le budget du cabinet pour faire la promotion du parti, pour préparer dès maintenant l’élection de 2021. « C’est le cabinet qui décidera des sujets de recherche. »

Hélène Pigot  ajoute que la décision de Steve Lussier de réaliser un gel taxes l’honore, puisqu’il l’avait promis en campagne électorale. « Mais je suis étonnée qu’il garde près de 600 000 $ pour son cabinet et qu’on n’y voie pas de problème. » Elle déplore donc qu’il y ait deux poids, deux mesures.

« Si cette loi a été votée, c’est pour s’assurer que la démocratie municipale soit bien servie. Ce n’est pas de l’argent dépensé pour rien. »