Évelyne Beaudin propose de partager son budget de cabinet avec les autres conseillers municipaux de Sherbrooke.

Beaudin entend partager son budget

Évelyne Beaudin propose de partager son budget de cabinet avec les autres conseillers municipaux de Sherbrooke.

Rappelons que la seule conseillère élue du parti Sherbrooke citoyen a été semoncée par plusieurs de ses collègues indépendants à la première séance du nouveau conseil municipal, lundi soir, après qu’elle eut annoncé son intention de se prévaloir d’une disposition de la Loi sur les cités et villes qui lui permet de toucher jusqu’à 333 000 $ par année pour se constituer un cabinet.

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Mme Beaudin a précisé, mardi, qu’elle compte se limiter à l’embauche d’une seule personne à temps plein et de stagiaires et recherchistes à forfait pour effectuer ses tâches de représentante de Sherbrooke Citoyen. Elle propose aussi que plus de la moitié de son budget soit redistribué à ses collègues conseillers et conseillères afin qu’ils puissent eux aussi documenter ou formuler des propositions sur des enjeux concernant l’ensemble de la ville de Sherbrooke.

L’élue du parti Sherbrooke citoyen ne sait pas encore combien d’argent sera nécessaire pour l’embauche de son employé à temps plein. « Je dois remettre la liste de tâches de cet employé au comité exécutif qui la comparera aux tâches effectuées par les fonctionnaires municipaux et en tenant compte des conventions collectives, le salaire sera établi », résume Mme Beaudin, précisant que si elle le veut, elle offrira un salaire moindre que celui prévu par les conventions.

La proposition de Mme Beaudin est que la somme non utilisée par son parti serve à bonifier, au besoin, le budget de recherche et soutien des 13 autres conseillers municipaux qui ont droit, à cet effet, à une enveloppe annuelle de 12 318 $. Alors si, hypothétiquement, Mme Beaudin avait besoin de 100 000 $ pour son cabinet, les 233 000 $ restants seraient mis à la disposition des autres conseillers.

Marc Denault

« La loi ne prévoit pas cela, mais je vais au-delà de la loi. C’est une proposition pour éliminer l’iniquité entre les conseillers qui a été dénoncée lundi. Je crois que cet argent devrait servir à tous ceux et celles qui veulent creuser des dossiers qui concernent la Ville en entier et contribuer à ce que le conseil municipal prenne les décisions les plus éclairées possible. Pour bien servir la population, il faut s’assurer d’aller chercher d’autres points de vue », note Mme Beaudin.

Le conseiller indépendant Marc Denault ne croit pas que cette proposition soit pertinente.

« Au cours de mes 16 années à titre de conseiller municipal, je n’ai jamais atteint le maximum de mon budget à cet effet. Mes dépenses au cours des dernières années ont monté à environ 8000 ou 9000 $ et on parle d’années où il y avait des dossiers chauds comme celui de la loi 122 », relate le conseiller, qui estime avoir les ressources nécessaires pour prendre des décisions éclairées.



Sa décision sera un geste politique.
Marc Denault

En 2016, Pierre Tardif, Jean-François Rouleau et Linda Boulanger avaient été les élus les plus dépensiers avec respectivement 12 280 $, 11 339 $ et 9560 $.

« Même si l’encadrement légal lui permet de réclamer ce budget, elle doit choisir quelle tangente elle prendra. Sa décision sera un geste politique qui sera critique autant pour l’avenir de son parti que pour son avenir personnel en politique », soutient M. Denault.

Par ailleurs, quant à la décision de Vincent Boutin, du Renouveau sherbrookois, qui n’a rien réclamé pour son parti, Mme Beaudin considère que le contexte est différent. « La décision lui appartient, mais on est dans deux situations complètement différentes. Sherbrooke citoyen est un parti en croissance avec des gens motivés. On a fait un gain lors des dernières élections alors que le Renouveau sherbrookois a vécu des pertes importantes. Ils vivent des difficultés et doivent quasiment repartir à zéro », résume la conseillère du district du Carrefour.

Vincent Boutin