Évelyne Beaudin a officiellement déposé le rapport d’activités de son cabinet la semaine dernière au conseil municipal.
Évelyne Beaudin a officiellement déposé le rapport d’activités de son cabinet la semaine dernière au conseil municipal.

Beaudin blâme l’exécutif pour certains coûts de son cabinet

La conseillère Évelyne Beaudin a accédé à la demande de sa collègue Annie Godbout à propos des activités de son cabinet politique, si bien qu’elle a déposé la semaine dernière un rapport des activités du cabinet depuis le début du mandat. Le document énumère les dossiers ayant fait l’objet de recherches ou de représentations et dénonce des dépenses qui sont attribuées à un manque de collaboration du comité exécutif.

Dans le document, signé du directeur de cabinet Claude Dostie Jr, le ton utilisé démontre les tensions entre l’opposition et le comité exécutif. M. Dostie reproche notamment à l’exécutif des exigences salariales trop élevées pour des membres du cabinet, ce qui force la conseillère Évelyne Beaudin à engager « des frais inutiles ». Il est entre autres question de l’embauche d’une comptable, rendue nécessaire pour le traitement de la paye qui n’est pas centralisé à la Ville. 

« Parce que vous refusez de laisser le service de paye de la Ville gérer nos payes, vous imposez des frais inutiles aux contribuables sherbrookois », lit-on dans le document. 

« J’espère qu’en ces temps de crise où les finances publiques sont mises à mal, vous verrez enfin l’utilité de changer le système incongru et coûteux que le comité exécutif que vous présidez a mis en place », écrit-il encore dans le document à l’intention de la présidente du comité exécutif, Nicole Bergeron.

Le document énumère ensuite les dossiers portés par Évelyne Beaudin au conseil, entre autres la webdiffusion des séances du conseil municipal, la parité hommes/femmes dans les noms soumis par le comité de toponymie, le dépôt des procès-verbaux de Valoris au conseil municipal et la préservation du parc Willie-Bourassa-Auger. 

Pour justifier le travail du cabinet, on y énumère des consultations publiques et des activités d’information initiées par Mme Beaudin, notamment à propos de la revitalisation du centre-ville, du projet de train Montréal-Sherbrooke et de la sécurité dans le quartier Mi-Vallon. Il est fait mention de nombreuses vidéos d’information diffusées par la conseillère, de billets de blogue publiés en ligne et de liens avec les autres cabinets de l’opposition au Québec.

M. Dostie indique que la porte du cabinet est grande ouverte pour les élus qui souhaitent collaborer avec Sherbrooke Citoyen.

Le document fait aussi mention d’une conférence organisée sur l’économie après la crise de la COVID-19 dans le cadre des activités de chargés de cours de M. Dostie et de Mme Beaudin à l’Université de Sherbrooke. « Nous l’avons mentionné parce que ça fait partie des activités extracabinet et parce qu’on avait invité la trésorière de la Ville à y assister. Évidemment, notre salaire pour cette activité était payé par l’Université de Sherbrooke. On le voit comme une valeur ajoutée à créer des liens formels avec l’Université », dit Claude Dostie Jr. 

Au conseil municipal la semaine dernière, Évelyne Beaudin a indiqué que ce rapport est « une bonne preuve que malgré les obstacles qui sont mis sur notre route, et Dieu sait qu’ils sont nombreux, comme les exigences salariales déraisonnables que le comité exécutif nous impose, l’obligation d’enregistrer notre propre entreprise pour payer notre monde [...], l’équipe est fière du travail fait jusqu’à maintenant ». 

Selon Mme Beaudin, le cabinet sert à « informer les gens ». « Tous les jours, il faut choisir le dossier sur lequel on va travailler en priorité parce que la cour déborde. »

La conseillère dit que son sujet chéri est celui de la diversification des revenus des municipalités et qu’elle siège dans un groupe qui s’est formé à l’Union des municipalités du Québec en 2019 à ce sujet. 

La présidente du conseil, Nicole Bergeron, a souhaité réagir aux commentaires concernant les salaires au cabinet de l’opposition. « Il faut dire que vous ne souhaitiez pas payer vos employés conformément aux barèmes de la Ville parce que ça aurait eu pour effet de diminuer le nombre d’employés dans votre équipe pour un même budget. 

« L’autre chose, c’est que Nicole Bergeron ne décide rien toute seule, contrairement à ce que vous pourriez avancer. Ce que vous omettez de mentionner, c’est que c’est important pour une Ville, et on l’a considéré, de conserver l’équité salariale pour les postes de même responsabilité. Ça nous permet d’éviter de porter flanc à des contestations. C’est ce qui explique que nous avons maintenu le statu quo pour le salaire des employés », ajoute-t-elle.

À la Ville de Sherbrooke, on précise que les barèmes ne sont pas des suggestions de salaire ou des maximums, mais bien fixés en fonction d’une échelle salariale qui tient compte de l’expérience des employés.

Annie Gobdout, qui avait demandé le dépôt du rapport d’activités, a précisé qu’elle commentera quand elle aura terminé l’analyse du dossier des partis politiques municipaux au Québec. 

La Tribune avait déjà fait état des dépenses salariales du cabinet, qui s’élevaient à 149 200 $ en 2019. Les dépenses totales du cabinet atteignaient 171 458 $.