La conseillère Évelyne Beaudin accueille un ancien du Renouveau sherbrookois, Sébastien Aubé, à titre d’attaché politique. Au centre, le directeur du cabinet de Mme Beaudin, Claude Dostie.

Aubé passe à Sherbrooke Citoyen

Candidat sous la bannière du Renouveau sherbrookois aux élections de novembre, Sébastien Aubé travaillera désormais pour l’autre parti municipal, Sherbrooke Citoyen. Celui qui s’était présenté dans le district de Saint-Élie agira comme attaché politique au cabinet de la conseillère Évelyne Beaudin. Il s’occupera principalement des tâches de communication.

« La politique est une passion. C’est au cœur de ma vie. Ça me manquait et je croyais pouvoir y revenir en me présentant comme candidat dans Saint-Élie. Je n’ai pas remporté mon élection et ça m’a beaucoup peiné. Je travaillerai en arrière plutôt que sous les projecteurs, mais c’est très bien comme ça. Ce n’est pas un prix de consolation. Je n’ai pas eu à faire de contorsions morales pour accepter cet emploi. Je suis très heureux de pouvoir faire partie de la solution pour la suite des choses », explique M. Aubé.

Lire aussi Luc Larochelle : Le monde est petit

S’il a déjà réalisé des contrats pour des conseillers indépendants avant de joindre le Renouveau sherbrookois et son bon ami Vincent Boutin, Sébastien Aubé explique agir par conviction plus que par couleur politique. « Dans chacun de mes choix, je n’ai jamais été éloigné de mes valeurs profondes. J’ai toujours été là pour être au service des gens. La décision a été difficile à prendre parce que Vincent est un ami. Je continue à lui parler et j’espère que notre parti pourra faire des choses ponctuelles avec lui. Ce serait souhaitable. Ce serait bon pour la population. »

Évelyne Beaudin explique pourquoi la candidature de Sébastien Aubé a été retenue. « Sébastien et moi nous connaissons depuis un certain temps. Il n’y a personne à Sherbrooke qui a son expérience. Il a travaillé à une élection provinciale, à une élection fédérale et il a été candidat au municipal. C’est l’expérience dont nous avions besoin. Nous aimons aussi confronter nos idées pour représenter tous ceux qui n’ont pas voté pour Steve Lussier ou ceux qui ont voté pour lui et qui le regrettent. »

« Un moyen, pas une fin »

Mme Beaudin et M. Aubé se sont rencontrés alors que l’une militait pour Option nationale et l’autre pour le Parti québécois, en 2012. « Pour moi, les partis sont un moyen, et non une fin. Là où je n’ai pas de respect, c’est quand les gens ne sont pas fidèles à leurs idées. Sinon, le parti m’importe peu et Sébastien et moi nous sommes tout de suite bien entendus. »

La conseillère municipale rappelle que le programme de son parti n’est pas très éloigné de celui du Renouveau sherbrookois. « Quand j’étais au Mouvement Sherbrooke Démocratie, combien de fois on a amené son programme au maire simplement pour lui demander de le respecter? »

Ne s’agit-il donc pas d’une occasion pour regrouper les forces des deux partis? « On ne peut pas prendre les décisions à la place du Renouveau. On veut jouer le rôle d’opposition et on s’installe pour les quatre prochaines années pour faire valoir nos idées qui ne sont pas défendues par le maire actuel. Après, le Renouveau se positionnera comme il veut. »

Le salaire de Sébastien Aubé sera puisé à même le budget de 160 000 $ du cabinet. Ce budget inclut aussi le salaire du directeur, Claude Dostie.

Le chef du Renouveau sherbrookois, Vincent Boutin, n’y voit pas une défection pour des raisons idéologiques. « M. Aubé sera payé avec le budget du cabinet d’Évelyne Beaudin. C’est une décision que j’ai prise de ne pas utiliser ce budget parce que j’y vois une connotation d’opposition alors que je ne me vois pas comme l’opposition. Je connais Sébastien depuis longtemps et je l’apprécie beaucoup, mais il ne m’était pas possible d’engager quelqu’un à temps plein. Si on regarde notre parti et Sherbrooke Citoyen, il y a beaucoup de similarités. On reste dans la famille de centre gauche. »

M. Boutin n’y voit pas un affaiblissement de son parti non plus. « Avec les résultats de l’élection, il est normal qu’il y ait des changements. Pas plus tard que la semaine dernière, nous tenions un comité-conseil avec une dizaine de personnes. Nous ne travaillons pas dans une perspective de fin pour notre parti. Il n’y avait pas d’anciens candidats à cette réunion, mais il y en a qui veulent encore s’impliquer. »