Le nom d’André Fortin circule depuis des mois comme candidat potentiel à la chefferie du Parti libéral du Québec. Le député de Pontiac a révélé qu’il renonce à se lancer dans la course.

André Fortin renonce à la chefferie du Parti libéral du Québec

EXCLUSIF / Le député de Pontiac, André Fortin, renonce à se lancer dans la course à la chefferie du Parti libéral du Québec (PLQ). « Ça ne correspond simplement pas avec le style de père que je veux être », a-t-il confié au Droit.

Dans une entrevue exclusive accordée lundi après-midi, M. Fortin est revenu sur la réflexion qu’il a entamée à la suite de la démission de Philippe Couillard du poste de chef du PLQ. Son nom circule depuis des mois comme candidat potentiel à la chefferie et plusieurs analystes ont prédit que la lutte se ferait entre lui et sa collègue députée de Saint-Henri-Sainte-Anne, Dominique Anglade.

André Fortin indique avoir consulté plusieurs membres du parti au cours des derniers mois, mais aussi des politiciens qui ont déjà été chef de parti ou premier ministre.

« Ce que j’en ai conclu, c’est que les obligations et les responsabilités de chef de parti, ça ne correspond simplement pas avec le style de père que je veux être, […] avec ma propre vision de ce qu’est un bon père. »

Lorsqu’il a été élu pour la première fois à l’Assemblée nationale, au printemps 2014, André Fortin et sa conjointe Marlene étaient déjà parents de Maëlle, aujourd’hui âgée de six ans. La famille s’est agrandie avec l’arrivée de la petite Élodie, il y a deux ans.

La conciliation travail-famille a atteint un niveau supérieur en octobre 2017, quand il a été nommé ministre des Transports au sein du dernier gouvernement libéral.

« Je vous avoue que ma femme s’est peut-être pliée en quatre pour qu’on réussisse à y arriver, mais c’était quand même gérable, dit l’élu de 37 ans. […] Je pense que le passage de député à ministre s’est quand même fait relativement bien pour [ma famille], mais le passage à chef de parti, ça me semble être tout autre chose. »

Ayant déjà été l’attaché de presse du défunt Jean Lapierre lorsqu’il était ministre fédéral des Transports, André Fortin a raconté que ce « vieux routier de la politique » lui avait un jour offert un conseil qu’il n’a jamais oublié.

« Quand je me suis lancé la première fois en politique, il m’a dit ‘la politique, tu fais ça quand tu es jeune et que tu as tout à gagner, ou quand tu es vieux et que tu n’as rien à perdre’. Alors peut-être que si l’opportunité s’était présentée quelques années plus tôt ou quelques années plus tard, ça aurait pu mieux coïncider avec ma situation personnelle. »

Tout en se disant « confortable » avec sa décision, le député de Pontiac se dit flatté d’avoir vu son nom apparaître dans les spéculations sur la course à la chefferie du PLQ, « une marque de confiance » qu’il prend « comme un compliment ».

Il se concentrera maintenant sur son travail de député « qui mérite une attention constante », assurant qu’il n’a « pas d’autres plans à court, moyen ou long terme ».


« Peut-être que si l’opportunité s’était présentée quelques années plus tôt ou quelques années plus tard, ça aurait pu mieux coïncider avec ma situation personnelle. »
André Fortin

Avenir du PLQ

Le député de Pontiac se dit conscient du travail que le PLQ a devant lui s’il souhaite de nouveau aspirer au pouvoir. Même si les électeurs ont chassé les libéraux du pouvoir en offrant une majorité à la Coalition avenir Québec le 1er octobre dernier, André Fortin affirme avoir « la conviction profonde que le Parti libéral a plus d’avenir que de passé ».

Se disant « certain » que sa formation politique « va se trouver un ou une chef à la hauteur de ses attentes », M. Fortin souligne toutefois que ce sera « aux militants de décider comment le parti doit se repositionner ».

La décision d’André Fortin relancera les spéculations sur la course à la chefferie du PLQ. Plusieurs gros noms du parti comme Pierre Moreau, Sébastien Proulx et Gaétan Barrette ont déjà fait savoir qu’ils ne tenteront pas leur chance, tandis que Dominique Anglade et sa collègue députée de Saint-Laurent, Marwah Rizky, n’ont pas fermé la porte à se lancer dans l’aventure.