Amir Khadir était accompagné entre autres de sa femme Nima Machouf et du co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois pour annoncer son départ de l'Assemblée nationale, vendredi.

Amir Khadir, de député à militant

«Je quitte l’Assemblée nationale, mais pas la politique.» Amir Khadir, devenu une figure emblématique de Québec solidaire au cours de ses 10 ans comme député, dit maintenant vouloir prendre un rôle plus effacé.

Entouré de sa famille et de militants, M. Khadir a expliqué vendredi en conférence de presse à Montréal qu’il ne sollicitera pas un nouveau mandat aux élections du 1er octobre.

Le parti qu’il a contribué à fonder en 2006 n’a pas de chef et prône une alternance des porte-paroles devant les micros. «Dans cette nouvelle culture plus démocratique, on ne peut admettre ni carriériste, ni personnalisation à outrance de la politique et encore moins de culte de la personnalité.»

C’est pourquoi après trois mandats, M. Khadir a senti qu’il était temps de partir. «Je n’ai pas quitté avant, parce que oui, je craignais pour l’avenir de Québec solidaire, mais aujourd’hui, la relève est là.» 

M. Khadir soutient que ni les sondages, ni les difficultés du mouvement indépendantiste expliquent son départ. Il reste un passionné, comme le démontre le plaidoyer qu’il a livré contre les travers du capitalisme, contre le fait que «la politique est devenue inféodée au pouvoir de l’argent». 

Un nouveau candidat de Québec solidaire devrait être annoncé sous peu dans la circonscription de Mercier. Le député sortant restera actif au sein du parti, dans des fonctions qui restent à déterminer. 

Le politicien de 56 ans n’a pas l’intention d’empocher sa prime de départ de l’Assemblée nationale. Il la redistribuera plutôt à divers organismes communautaires et sociaux. «On m’attend à l’hôpital, je n’a pas besoin de coussin de sécurité», explique-t-il. M. Khadir retournera travailler de façon plus assidue comme médecin spécialiste en microbiologie et maladies infectieuses à Terrebonne. 

Son plus grand héritage? «Pharma-Québec», répond M. Khadir sans hésiter. «Sans faire de bruit, tous les gouvernements qui se sont succédés sont allés vers notre demande, afin qu’on ait un meilleur prix pour nos médicaments.»

Ce qu’il regrette? «D’avoir peut-être blessé des gens.» Alors qu’il condamnait haut et fort la corruption chez les libéraux, les péquistes et les caquistes, il a froissé certains de ses collègues députés, «des hommes et des femmes qui font un travail honnête». 

Franc parler et coups d'éclat

M. Khadir a été élu pour la première fois à l’Assemblée nationale en 2008, devenant ainsi le premier député à porter les couleurs de Québec solidaire.

Né en Iran, le député s’est démarqué tout au long de la dernière décennie par son franc parler et plusieurs coups d’éclat. Il a notamment été arrêté et mennotté par la police de Québec lors d’une manifestation jugée illégale en 2012. Il avait spontanément décidé de s’y rendre après avoir entendu le bruit des casseroles à sa sortie de l’Assemblée nationale. 

En 2009, lors d’une autre manifestation devant le consulat américain, Amir Khadir a lancé une chaussure sur une image du président américain George W. Bush. Un geste qu’il a dit ne pas regretter. 

Il est le deuxième élu de Québec solidaire à se retirer, après Françoise David qui a quitté ses fonctions en janvier 2017. 

Le parti compte deux autres élus à l’Assemblée nationale, soit Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois.