Le différend qui a opposé le maire de Sherbrooke Steve Lussier et son directeur de cabinet Daniel Bergeron coûtera uniquement deux semaines de salaire au trésor municipal, a assuré la présidente du comité exécutif Nicole Bergeron.

Affaire Lussier-Bergeron: pas de conséquence pour les contribuables

Le différend opposant le maire de Sherbrooke Steve Lussier et son directeur de cabinet Daniel Bergeron coûtera uniquement deux semaines de salaire au trésor municipal.

C’est ce que la présidente du comité exécutif Nicole Bergeron a assuré à La Tribune, mardi, au lendemain d’un comité plénier à huis clos où les élus ont discuté durant de longues minutes de l’épisode controversé de la dernière semaine.

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« Tous les membres du conseil municipal qui le souhaitaient ont pu s’exprimer devant le maire et tout s’est déroulé dans le plus grand respect, relate Nicole Bergeron. Je suis heureuse que les gens aient pu parler et tout le monde est prêt à tourner la page. »

La présidente du comité exécutif n’a pas voulu dire s’il avait été question de l’entente intervenue entre M. Lussier et Daniel Bergeron lundi soir. « C’est une entente d’ordre privée puisque ça concerne du personnel politique. C’est comme d’autres dossiers de ressources humaines, ça va demeurer confidentiel entre ces deux personnes-là. »

Elle a toutefois précisé que la seule conséquence financière pour les contribuables de Sherbrooke consistera en ces deux semaines de salaire versées au directeur de cabinet qui a été remercié par le maire.

« M. Bergeron a terminé le 5 décembre et il va être payé jusqu’au 22 décembre. Deux semaines de préavis, c’est le minimum prévu par la loi », fait valoir Nicole Bergeron.

Rappelons que ce différend part d’une manœuvre politique pour déstabiliser la conseillère Évelyne Beaudin à propos du budget de 333 000 $ auquel elle a droit en tant que représentante élue d’un parti politique. Le citoyen Pascal Cyr a dénoncé avoir reçu un texto de Daniel Bergeron qui l’invitait à « pistonner » Mme Beaudin à la séance du conseil du 4 décembre.



« Je ne rentrerai pas dans la perception et la spéculation. »
Nicole Bergeron

En réaction, le maire Lussier a remercié son directeur de cabinet en invoquant une divergence de valeurs, tandis que M. Bergeron a répliqué en affirmant qu’il répondait à une commande du maire. L’épisode a pris fin dimanche avec des excuses publiques du maire, qui a aussi précisé que M. Bergeron n’était pas un menteur. Les deux hommes ont toutefois refusé de répondre aux questions des journalistes sur cette affaire depuis.

La manœuvre ne risque-t-elle pas de nuire au climat de confiance au sein du conseil municipal?

« Je ne rentrerai pas dans la perception et la spéculation, répond Mme Bergeron. Il faut cesser de parler à la place des gens. »

Quant à savoir si c’est M. Lussier ou M. Bergeron qui a menti, Nicole Bergeron refuse également d’aborder la question.

« Ça demeure du domaine privé entre deux personnes. Pour nous (les conseillers), le dossier est clos, répète-t-elle. Les deux personnes sont satisfaites et il faut tourner la page. Il faut s’atteler aux nombreux dossiers pour lesquels nous avons été élus. Cette histoire a assez duré, il faut passer à un autre appel. »

Le conseil municipal doit adopter lundi le premier budget de son mandat de quatre ans. Impossible de savoir si des sommes ont été budgétées pour le cabinet de la conseillère Évelyne Beaudin, comme elle y a droit.

« C’est un élément parmi tous les autres qui ont été traités et qui seront dévoilés lundi. »

Le maire Steve Lussier doit quant à lui se mettre à pied d’œuvre pour remplacer son directeur de cabinet.

« S’il veut notre avis, on sera heureuses de le lui donner, dit Mme Bergeron en parlant au nom de ses deux expérimentées collègues du comité exécutif, mais c’est sa prérogative et son privilège de nommer qui il veut. »

M. Lussier n’a pas répondu à la demande d’entrevue de La Tribune.