« Pour ajouter un aéroport, il faut que ce soit basé sur certains critères », fait valoir le ministre des Transports Marc Garneau, qui a fait le point jeudi sur la situation de l’aéroport de Sherbrooke.

Aéroport de Sherbrooke : pas de désignation en vue

Le ministre Marc Garneau a fait le point jeudi en entrevue avec La Tribune sur la situation de l’aéroport de Sherbrooke. Il a réitéré que pour le moment la Ville doit passer par le système de recouvrement des coûts et assurer elle-même les frais de service de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) puisqu’une revue des désignations n’est pas prévue par le gouvernement.

Le ministre fédéral des Transports explique que les désignations des aéroports se basent sur un processus rigoureux.

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« Si le gouvernement décidait de faire une revue des 89 aéroports désignés, ça serait basé sur le critère de la sécurité des passagers, explique. Est-ce qu’il y a un haut niveau de risque pour les passagers? Il y a des analyses qui sont faites par les services de sécurité. Quelles sont les destinations des vols? Quels types d’avions fréquente l’aéroport? Et d’autres facteurs reliés à la sécurité. Je ne sais pas où Sherbrooke se classerait dans une analyse comme celle-là. »

Sherbrooke réclame depuis plusieurs années une désignation officielle par l’ACSTA qui assurerait à l’aéroport des services de sécurité aux frais du fédéral aux mêmes conditions que partout ailleurs au pays. Tous ces aéroports chargent une taxe à tous les passagers et cette taxe est versée au gouvernement fédéral. En contrepartie le gouvernement paie pour les frais de l’ACSTA.

Le ministre Garneau admet qu’une révision des désignations pourrait se faire périodiquement, mais que ça ne figure pas dans les plans du gouvernement pour l’instant. Il n’exclut toutefois pas la possibilité de le faire à l’avenir.

Recouvrement des coûts

La Corporation de l’aéroport de Sherbrooke devra donc passer par le mécanisme de recouvrement des coûts ou espérer une revue des désignations pour assurer les frais reliés à la sécurité.

Le mécanisme de recouvrement des coûts, qui existe seulement depuis 2015, permettrait à l’aéroport de Sherbrooke de charger une taxe aux passagers, mais de garder les revenus de cette taxe. L’aéroport doit toutefois dans ce cas assurer lui-même les frais de service de l’ACSTA.

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« J’ai entendu ces choses-là, mais il faut comprendre que l’ACSTA reçoit un budget d’environ 500 millions de $ par année du gouvernement fédéral pour faire ses tâches, explique le ministre Garneau. C’est quelque chose qui coûte cher aux contribuables alors pour ajouter un aéroport, il faut que ce soit basé sur certains critères. »