Le directeur général de l’aéroport de Sherbrooke, Jean-François Ouellet, le député de Mégantic, François Jacques, et le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, ont souligné l’aide financière du gouvernement du Québec pour l’amélioration des infrastructures aéroportuaires.

Aéroport de Sherbrooke : 300 000$ en attendant un transporteur

La Ville de Sherbrooke met la main sur une subvention de 297 725 $ pour l’amélioration des infrastructures de l’aéroport de Sherbrooke en prévision du développement de vols commerciaux. Alors que la Ville s’apprête à lancer un appel de propositions auprès des compagnies aériennes pour dénicher un transporteur, La Tribune a appris qu’au moins trois compagnies sérieuses ont laissé entendre qu’elles pourraient déposer une offre.

C’est le député de Mégantic François Jacques, au nom du ministre des Transports François Bonnardel, qui a annoncé l’aide financière visant à améliorer le drainage aux abords de la piste, à améliorer l’éclairage du tablier, à ajuster des puisards de piste, à construire un nouveau système de traitement des eaux usées et à acquérir un camion-citerne et un remorqueur d’avion télécommandé. L’ensemble de ces projets est évalué à 747 000 $.

« Ce sera un levier important dans notre processus pour obtenir un vol commercial. Ces travaux s’inscrivent dans un processus d’amélioration continue », indique le directeur général de l’aéroport, Jean-François Ouellet.

« Ça démontre hors de tout doute que le gouvernement provincial est intéressé à donner un coup de main aux aéroports, au développement des dessertes aériennes régionales. Il faut se rappeler que cette initiative est issue du sommet sur le transport aérien. Le gouvernement tient parole », ajoute-t-il.

Si la Ville s’est engagée à verser 250 000 $ par année pendant cinq ans pour combler une partie du manque à gagner d’une future liaison aérienne, le gouvernement du Québec n’a toujours pas confirmé sa contribution par l’entremise du programme d’aide aux dessertes aériennes régionales. Le député François Jacques s’est contenté d’un commentaire laconique.

« Les demandes sont au ministère. On supporte le comité de développement de l’aéroport pour les demandes pour le transport de personnes. Les gens du MTQ travaillent très fort avec les gens de l’aéroport de Sherbrooke. »

Jean-François Ouellet, lui, rapporte que la Ville s’inscrit parfaitement dans les critères d’admissibilité du programme. « L’appel de propositions n’est pas lancé. On travaille encore avec le département des affaires juridiques de la Ville de Sherbrooke pour monter un projet intéressant et lancer un appel d’intérêt d’ici quelques semaines. On souhaite avoir une réponse au début de l’année 2020. Nous pourrions avoir des vols en 2020, mais le monde de l’aviation est très complexe. Il y a souvent des délais relativement longs. »

M. Ouellet rapporte que de façon informelle, des compagnies ont les effectifs suffisants pour travailler avec Sherbrooke. « On espère juste qu’ils démontreront leur intérêt lors de notre processus. »

La Tribune a appris qu’au moins trois compagnies aériennes pourraient être sur les rangs. 

Le maire Steve Lussier, heureux de la subvention attribuée par le ministère des Transports, a profité de l’occasion pour rappeler qu’il souhaite une « désignation payée par le gouvernement du Canada », pour l’aéroport de Sherbrooke. La désignation permet aux voyageurs ayant passé la sécurité dans un aéroport d’arriver directement en zone sécurisée lors d’une escale.

Interrogé sur la question, le directeur général de l’aéroport rapporte que Sherbrooke aura une désignation, mais qu’elle pourrait devoir la payer. Pourquoi payer alors que d’autres villes reçoivent les services de sécurité gratuitement? « Je ne sais pas », répond simplement M. Ouellet.

Les travaux annoncés lundi pourraient se faire rapidement, sauf le drainage en bordure de piste, qui sera réalisé au printemps.

« L’aéroport de Sherbrooke revêt une grande importance pour la région. Ces installations sont principalement utilisées pour des applications d’affaires et la formation de pilotes. On y dénombre 12 700 mouvements d’aéronefs en 2018. La Ville de Sherbrooke peut compter sur notre gouvernement pour soutenir le dynamisme économique régional. Un aéroport efficace constitue un outil stratégique important pour attirer et conserver des entreprises dans la région et favoriser la mobilité de la population », a ajouté François Jacques. 

La subvention du gouvernement du Québec provient du Programme d’aide québécois pour les infrastructures aéroportuaires régionales, doté d’une enveloppe de 100 M$. 

+ 200 000 $ DE PLUS QUE PRÉVU POUR L'EAU POTABLE

Parallèlement à l’annonce d’une aide gouvernementale lundi, la Ville de Sherbrooke avait déjà entériné, la semaine précédente, des investissements pour la mise aux normes du système d’alimentation en eau potable à l’aéroport de Sherbrooke. Ces travaux coûteront 200 000 $ de plus que prévu. 

Dans les faits, il s’agira de travaux pour installer des équipements de pompage d’un puits d’eau souterraine et de filtration de l’eau brute. Une conduite d’amenée sera ajoutée vers l’aérogare.

« Ce qui est particulier, c’est que nous sommes allés chercher un partenaire financier dans la Ville de Cookshire-Eaton, qui s’est montrée intéressée à profiter du système d’alimentation. Une entente a été signée. Leur participation financière est de 57 153,26 $ », explique Claude Charron, président de la Corporation de développement de l’aéroport de Sherbrooke.

Sylvie Lapointe, mairesse de Cookshire-Eaton, explique qu’il s’agit d’un partenariat gagnant-gagnant. « Nous avons un bâtiment qui appartient à la Ville de Cookshire-Eaton le long du chemin de l’Aéroport. C’est un centre de formation pour les pompiers, les policiers et l’armée. Pour l’instant, nous avons de l’eau non potable dans la bâtisse. Ça fera une énorme différence d’avoir de l’eau potable. Il aurait fallu payer un prix exorbitant pour faire ces travaux sans le partenariat avec la Ville de Sherbrooke. »

Deux entreprises avaient proposé leurs services. Grondin Excavation inc., de Coaticook, obtient le contrat pour 552 742 $. La Ville estimait le budget nécessaire à 350 000 $, une différence qu’a noté le maire de Sherbrooke Steve Lussier. « Qu’est-ce qui a causé l’écart? », a-t-il demandé. 

« C’est le jeu du marché qui a occasionné l’écart. Quand on a demandé à nos services, nous avons eu la confirmation que si nous retournions en appel d’offres, nous n’aurions pas de meilleurs résultats. Comme il y a un projet de vol commercial qui arrivera bientôt on l’espère, il y a un enjeu de temps également », a répondu la directrice générale adjointe, Marie-France Delage. 

Dans les documents municipaux, on précise que « l’effervescence du marché et la grande sollicitation des entrepreneurs pourraient avoir provoqué la hausse des prix des soumissions ».