Évelyne Beaudin

Accès aux huis clos : peu d’alliés pour Beaudin

Les élus sont divisés à l’idée d’admettre le directeur du cabinet de la conseillère Évelyne Beaudin aux ateliers de travail qui se déroulent à huis clos. Rejetant les accusations de partisanerie soulevées par Mme Beaudin, plusieurs indépendants préfèrent que les conseillers soient entre eux quand vient le temps d’aborder certains dossiers.

La semaine dernière, Évelyne Beaudin déplorait que la directrice du cabinet du maire soit présente lors des huis clos, alors que son directeur à elle, Claude Dostie, n’y est pas admis. Ce faisant, dit-elle, les indépendants prennent parti et font preuve de partisanerie. La conseillère plaide une plus grande efficacité pour réclamer la présence de son employé à ses côtés aux huis clos.

Vincent Boutin, chef du Renouveau sherbrookois, se range derrière sa collègue. « Je trouve cette demande tout à fait légitime et fondée. La loi dit que pour qu’un parti soit reconnu, il doit récolter plus de 20 % du vote et compter un élu. Nous n’avons pas à baser notre opinion sur le fait qu’il y a assez de conseillers d’un parti ou pas. Dans l’esprit de cette règlementation, si un représentant d’un parti peut procéder à des embauches, son directeur doit avoir accès aux documents. »

Karine Godbout abonde dans le même sens. « Je me suis prononcée plutôt pour l’inclusion. De toute façon, il aura accès aux documents. C’est sûr qu’on peut y trouver une forme d’iniquité, mais peut-être que nous avons des représentations à faire à un autre niveau pour que ce soit plus équitable. »

Pierre Avard se positionne entre les deux. « Avec le temps, les positions vont s’adoucir. L’information finit toujours par se rendre au directeur de cabinet. Tout ce qu’on fait, c’est ajouter un délai. Peut-être que ce serait une bonne chose de penser à le laisser assister. »

Les autres élus consultés se disent contre la présence des membres du cabinet de Mme Beaudin aux réunions à huis clos. « Si on dit oui, après, nous aurons la même demande du Renouveau. Mme Beaudin a l’occasion de s’exprimer lors des conseils municipaux. Elle est seule de son parti. S’ils étaient cinq ou six, ce serait peut-être différent. Il n’y avait pas de directeur de cabinet au conseil avant. On ne réinvente pas la roue », indique Marc Denault.

Travail différent

Annie Godbout partage ce point de vue. « Par rapport à l’ensemble des collègues, il y aurait un manque d’équité. Les indépendants aussi sont seuls pour traiter toute l’information. Le directeur aurait accès à de l’information privilégiée. Elle a autant de personnel que le maire, mais le travail est différent. Et je ne crois pas qu’elle soit clairement la chef de l’opposition. Mme Beaudin pourrait être plus nuancée. Les positions qu’elle défend sont parfois portées par d’autres élus. »

Annie Godbout rejette en ce sens l’image d’un « parti d’indépendants ».

Julien Lachance considère lui aussi que la situation du maire est différente. « Il est élu par l’ensemble des citoyens. Pour diriger, il a besoin de ses adjoints. J’ai un inconfort avec les partis municipaux. J’ai toujours souhaité que nous travaillions en collaboration plutôt que dans une optique de confrontation. Je souhaite qu’on préserve le plus possible le climat de confiance et qu’on ne touche pas à la dynamique, à la complicité qui appartient au plénier. »

Pierre Tremblay ne voit pas Évelyne Beaudin comme l’opposition non plus. « La loi lui permet d’avoir un cabinet, mais nous ne sommes pas obligés d’être d’accord. Je ne vois pas comment une seule personne peut représenter l’opposition. Dans une ville où on cherche des sous, on joue à former des cabinets. Je retiens de la dernière campagne que les gens ne veulent pas de partis. Ce n’est pas du tout partisan d’avoir notre opinion. »

« M. Dostie n’a pas été élu. Dans les huis clos, j’aimerais que nous restions entre élus », dit Paul Gingues.

Parce que le débat sur le sujet s’est justement tenu à huis clos, Danielle Berthold refuse de commenter pour garder des espaces de discussions confidentielles. Elle rejette par contre l’étiquette partisane.

« Ça n’a aucun sens de nous accuser de partisanerie. Il faudrait qu’elle commence par comprendre comment ça marche dans le monde municipal. Elle pourra commenter quand elle aura fait ses preuves. Elle veut qu’on la respecte, mais elle ne nous respecte même pas. J’appellerais ça de la petite politicaillerie ce qu’elle fait », réagit Mme Berthold.