Le maire Steve Lussier prévient qu’il ne s’agit pas forcément d’argent qui sera puisé dans les poches des contribuables puisque la Ville compte également sur des revenus supplémentaires, notamment des subventions.

4,9 M$ en imprévus à la Ville en date du 30 juin

En date du 30 juin, la Ville de Sherbrooke avait engagé des dépenses de 4,9 M$ supérieures aux prévisions dans son budget de fonctionnement, dont 195 900 $ qui sont déjà compensés par un revenu. Ces dépenses, dopées par la hausse des tarifs de Valoris, sont plus de deux fois plus élevées que celles de l’an dernier à pareille date. Le maire Steve Lussier prévient toutefois qu’une bonne partie sinon la totalité de ce montant viendra d’autres revenus ou de subventions. Les Sherbrookois n’ont pas à s’inquiéter, selon lui.

Dans un document obtenu en vertu de la Loi d’accès à l’information, on constate que des dépenses de 3,5 M$ sont imputées au budget de fonctionnement 2019 révisé et adopté par Valoris. L’an dernier, le centre de valorisation des matières résiduelles représentait des dépenses non budgétées de 700 000 $.

Sont aussi consignées dans le document des dépenses de 400 000 $ pour les travaux de remplacement du système de réfrigération et la réfection des locaux connexes à la patinoire de l’aréna Eugène-Lalonde. S’ajoutent 117 300 $ pour l’attribution du mandat de gestion et de développement du Marché de la gare. 

On note par ailleurs 50 000 $ pour l’amélioration et l’acquisition d’équipements à la place Nikitotek, 110 750 $ pour le lancement d’un concours d’art numérique et 95 750 $ pour la nouvelle tarification de location de glaces au Complexe Thibault. 

Le document, qui ne constitue pas des prévisions budgétaires, mais bien les dépenses réelles en date du 30 juin, ne tient pas compte des dépenses qui sont automatiques. Autrement dit, les dépassements de coûts pour le déneigement ne sont pas consignés dans les « demandes additionnelles sur le budget » parce qu’ils ne font pas l’objet d’une décision au conseil. 

Le maire Steve Lussier rapporte qu’un rapport sera présenté au conseil municipal le 19 août et qu’il démontrera que la Ville atteint un équilibre budgétaire. Ledit document, inscrit à l’ordre du jour du conseil municipal le 2 juillet, avait été retiré en cours de séance. Daté du 31 mai, il doit présenter les projections de dépenses et de revenus pour la fin de l’année. En comparaison, le document obtenu par La Tribune fait état de la situation réelle au 30 juin.

Steve Lussier nuance néanmoins en précisant qu’une subvention est attendue pour le remplacement du système de réfrigération de l’aréna Eugène-Lalonde. Les 400 000 $ seront donc compensés par le gouvernement du Québec.

« Des erreurs »

M. Lussier relève « des erreurs » dans le document daté du 30 juin. Il semble qu’un montant réservé pour la création d’un poste temporaire aux finances (128 000 $) ne sera pas nécessaire cette année, mais plutôt l’an prochain. Des revenus de 67 269 $ n’apparaissent pas au sommaire non plus. Mais selon les informations obtenues par La Tribune, les montants calculés reflètent les dépenses approuvées par les élus lors des conseils municipaux. Le maire et les conseillers sont tenus informés des prévisions budgétaires avant d’engager des dépenses supplémentaires. 

« Cette année, nous avons fait très attention à l’exécutif quand on nous présentait des demandes additionnelles. Nous en avons même refusé. Il faut voir si ça peut nous servir immédiatement ou s’il y a des revenus. Bien entendu, il y a parfois des urgences. »

Les demandes additionnelles, pour éviter d’être assumées par les citoyens, doivent être compensées par des revenus imprévus ou des subventions. Les bénéfices d’Hydro-Sherbrooke, par exemple, ont été plus importants que prévu de 5,9 M$ en 2018. En 2019, les surplus d’Hydro-Sherbrooke pourraient encore donner un coup de main. Un autre revenu important viendra vraisemblablement des droits de mutation pour la vente du Carrefour de l’Estrie. Si ceux-ci sont calculés sur le prix de vente, largement sous l’évaluation municipale, et que la valeur du centre commercial est dévaluée comme le souhaitent les propriétaires, le gain net pourrait être de 5 M$ pour la Ville.

Aux fins de comparaisons, en 2018, les dépenses additionnelles atteignaient 1,83 M$, dont 228 000 $ étaient compensés par un revenu. Pour toute l’année 2017, les dépenses additionnelles atteignaient 1,1 M$. En 2015 et 2016, le conseil avait pourtant approuvé des dépenses imprévues qui n’atteignaient que 192 708 $ en 2015 et 188 343 $ en 2016.

À noter que le surplus accumulé de la Ville, qui peut servir à équilibrer le budget municipal, s’élève à 13,2 M$.